Psy actualités : Le psy au cinéma

Le psy dans la fiction

Mafia blues en 1999 :

"Moi, mon objectif c'est quoi ? De vous transformer en un gangster heureux."

Si le psychiatre new-yorkais Sobel ne croit plus guère à l'efficacité de son savoir sur des patients atteints de névroses d'une banalité consternante, il va changer d'avis quand Paul Vitti, connu comme l'un des gangsters les plus puissants de New York, franchit autoritairement la porte de son cabinet. Le redoutable malfrat souffre d'étranges symptômes : bouffées d'angoisse, blocage, accès de culpabilité, crises de larmes incontrôlées. Il ordonne à un Sobel terrifié de le guérir rapidement car l'élection du nouveau parrain de la côte Est approche.

Psy actualités : Argent et psychanalyse

L'économie sur le divan

Émission radio France Culture

"L’argent est un tiers matérialisé entre l’analyste et son patient,  une façon de négocier la relation de dépendance »

 

Dans son émission radiophonique "Entendez-vous l'éco ? ", Maylis Besserie évoque les relations entre argent et psychanalyse. Pour ce faire, elle reçoit le philosophe, psychologue et psychanalyste Alain Gibeault ainsi que la psychologue et psychanalyste Marie-Claude François Laugier.

 

Quelle est la place de l'argent dans la cure psychanalytique ? Quelle est sa fonction symbolique ? Et que peut nous apprendre la psychanalyse sur les mécanismes psychiques liés à l'argent ? Le sujet sera traité aussi bien au niveau individuel que collectif.

Lecture pour aller plus loin :

"La fonction symbolique de l'argent", Ilana Reiss-Schimmel

"L’histoire de la monnaie, la place qu’elle occupe aujourd’hui dans les sociétés occidentales sont appréciées dans cet article sous l’angle du travail de symbolisation tel que l’envisage la psychanalyse."

in Revue Dialogue, Édition Ères

Psy actualités : Sortie cinéma

Sortie film "12 jours"

Réalisé par Raymond Depardon

Raymond Depardon sortie film "12 jours"
Photographie de R.Depardon, Hôpital psychiatrique de Collegno en Italie,1979.

"Je suis fou mais j'ai la folie d'un être humain"

Depuis la parution d'une loi en 2013, les établissements psychiatriques français disposent de 12 jours au maximum pour présenter les patients internés sans leur consentement à un juge des libertés et de la détention. Après avoir rencontré le patient, le juge se prononcera sur le prolongement de leur internement ou sur leur remise en liberté.

Ce sont ces entretiens que le photographe et cinéaste Raymond Depardon a filmés dans son documentaire. Pour son troisième film sur le milieu psychiatrique, il a posé ses caméras à l'hôpital « Le Vinatier » de Lyon.

Musique  du film composée par Alexandre Desplat.

 

Psy actualités : La crise d'adolescence

Au sortir de l'enfance

Selon le poète Arthur Rimbaud une des voies de sorties de l'adolescence consiste à s'emparer de son "impulsion créatrice"

 

"Ah ! l’égoïsme infini de l’adolescence, l’optimisme studieux : que le monde était plein de fleurs cet été ! Les airs et les formes mourant… — Un chœur, pour calmer l’impuissance et l’absence ! Un chœur de verres, de mélodies nocturnes… En effet les nerfs vont vite chasser."
Arthur Rimbaud, 20 ans, Jeunesse, in Recueil Illuminations, 1873

 

Approche philosophique de l'adolescence

Paul Audi,  "Au sortir de l'enfance", Édition Verdier, 2017

Paul Audi, philosophe et enseignant à l'Université René Descartes à Paris est  l'auteur de divers ouvrages autour de l'éthique et de l'esthétique.

Dans son nouvel essai, il propose une approche philosophique de l'adolescence, sujet le plus souvent abordé par le biais psychologique. Selon lui, l'adolescence n'est pas seulement le début de la puberté ou le passage de l'enfance à l'âge adulte. Il la conçoit plutôt comme une "période de crise, de crise profonde (...) prenant ici le sens d'interruption ou de rupture, de scission ou de séparation."

 

L'adolescence comme moment de vérité :

Selon Paul Audi, l'adolescence est un moment de vérité qui se manifeste par du doute, des interrogations, de la recherche de soi. L'adolescent prend conscience de sa finitude humaine à savoir " de ne pas pouvoir être à l'origine de son être, de ne pas pouvoir décider, ni intellectuellement ni physiquement de sa venue dans la vie". Cette confrontation à "son impuissance quant à sa naissance" dont l'origine ne lui appartient pas le place face à une dette de vie qu'il est possible de traiter de différentes manières selon comment on la considère. L'adolescence peut donc être vue comme un problème à résoudre.

L'adolescence comme moment de vérité quant à soi
Street Art Paris

Le temps d'une décision à prendre quant à soi

Selon le philosophe, de ne pas avoir choisi sa venue au monde l'individu contracte une dette de vie qu'interroge l'adolescent.  Les conduites à risques, la honte, le désespoir seraient des manifestations de cette prise de conscience quant à son impuissance. L'adolescent tout puissant cherche les limites pour le ramener à une dimension supportable de sa propre puissance. C'est un moment de crise car chaque accès de surpuissance est sanctionné par une conscience d'impuissance. Les deux mêlées induisent un état d'interrogation vertigineuse qui amène à douter de soi.

Que faire de la dette ? Et que faire dès  lors de sa vie ?

Selon le philosophe, le sujet se retrouverait a face à trois possibilités de traitement de cette dette de vie :

Une première configuration qu'il nomme "présomption" à savoir une opinion fondée seulement sur des indices, des apparences, des commencements de preuves. L'adolescent cherche à annuler la dette en ayant l'illusion d'une seconde naissance où il ne doit rien à ses géniteurs.

La deuxième voie serait celle de la "consomption" ou de l'effondrement et du dépérissement face à cette prise de conscience de la dette. La figure de Hamlet en est le prototype. Hamlet qui récrimine et rejette  le monde entier car il n'arrive pas à grandir et ne voit pas comment se tirer de cette situation. Au comble du désespoir, il prononce le célèbre "Être ou ne pas être telle est la question."

Et puis "l'assomption", au sens philosophique d'acceptation, comme troisième configuration . Le sujet assume lucidement  la dette et sa finitude. Cet acte le libère et lui ouvre la voie de la procréation et de la création. Et de citer le poète Arthur Rimbaud pour lequel une des voies de sortie de l'adolescence est de s'emparer de son "impulsion créatrice".

 

Que garde t-on de l'adolescence ?

Après s'être posé la question de ce que l'on garde de l'enfance, l'auteur questionne donc le mode de sortie de l'adolescence. Selon Paul Audi, l'individu sort de l'adolescence mais peut, à certains moment de sa vie d'adulte, réactiver et raviver des moments passés à l'adolescence. Le désespoir, l'importance du regard et la honte, la surpuissance qui nous rend ivre de nous  même seraient des réactivations de cette époque.

Street Art Paris Buttes aux Cailles
Street Art Paris Buttes aux Cailles

Psy actualités : Qu'est-ce que la dépression ?

 

"Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits "

 

                 Charles Baudelaire,

          Spleen in Les Fleurs du mal.

La dépression en France

Problème de diagnostic et de prescription

Mieux traiter la dépression selon la Haute Autorité de Santé

Ce 8 novembre, la Haute Autorité de Santé (HAS est un organisme public indépendant chargé d'évaluer l'utilité médicale des actes pris en charge par l'Assurance maladie) a publié une recommandation destinée aux médecins généralistes :

 

"Près d’un Français sur 10 aurait connu un épisode dépressif au cours des douze derniers mois. Pourtant environ 40% des personnes souffrant de dépression ne recourent pas aux soins dans notre pays, ce qui a des effets délétères sur leur vie quotidienne et aggrave le risque de suicide.

A l’inverse, certaines déprimes passagères ou certains troubles psychiques graves sont parfois pris pour des dépressions et traités de façon inadéquate. Enfin, même lorsque la dépression est correctement diagnostiquée, on observe souvent un mauvais usage des antidépresseurs : trop souvent prescrits pour des dépressions légères, pas assez dans des dépressions sévères, ou délivrés sans psychothérapie ni suivi."

 

Qu'est-ce que la dépression ?

Identifier la dépression

La douleur morale qui retire le goût de vivre

Qu'est-ce que la dépression. Différencier déprime et dépression. Comment traiter la dépression. L'importante de l'association antidépresseurs et psychothérapie
"A la porte de l'éternité", Vincent van Gogh, 1890

Évaluer précisément :

Des niveaux variés de souffrance dépressive à repérer :

 Un état de tristesse ou de « déprime » ne constitue pas nécessairement une dépression :

 

Le diagnostic de dépression ne doit pas être banalisé. Il existe, de la simple tristesse à la mélancolie, des niveaux variés de souffrance dépressive.

Un certain nombre de signes doivent être observés avant d'évoquer cette maladie et d'éliminer d'autres maladies qui ont des signes en commun. Ainsi, comme le précise l'HAS, la dépression ne se manifeste pas que par de la tristesse :   :

 

" Pour établir le bon diagnostic, il faut s’assurer que la personne cumule différents symptômes (humeur dépressive, perte d’intérêt ou d’énergie mais aussi concentration réduite, diminution de l’estime de soi, sentiment de culpabilité, idées et comportement suicidaires ou encore troubles du sommeil ou de l’appétit) qui se manifestent de manière quotidienne, depuis au moins 2 semaines et avec une certaine intensité. La dépression provoque un changement de fonctionnement dans la vie professionnelle, sociale ou familiale, et génère une véritable détresse."

 

Dans la dépression, on observe un ralentissement de l'humeur, des activités intellectuelle, du fonctionnement psychomoteur .

Cinq dérèglements hypofonctionnels :

La baisse dépressive ressentie par le sujet affecte donc cinq zones fonctionnelles : l'humeur (tristesse marquée, souffrance morale), la capacité à ressentir les émotions (perte de la capacité à prendre du plaisir), l'activité psychomotrice ( ralentissement moteur et de la parole, visage peu expressif) et les fonctions vitales (perte d'appétit, amaigrissement, troubles du sommeil).

Le ralentissement touche également les activités intellectuelles (mémoire, capacités d'attention et de concentration diminuées, impossibilité à faire des choix).

Trois dérèglements hyperfonctionnels :

Une hyperactivité caractérielle s'exprime par une tension agressive, une tendance aux colères et emportements ("Je suis irritable, je ne supporte personne").

Une hyperémotivité se traduit par une difficulté à maîtriser ses émotions et une forte anxiété ("Je pleurs pour rien, je change d'humeur").

Enfin, une hyperesthésie sensorielle rend le sujet intolérant aux bruits ("Les conversations me dérangent").

 

Pour approfondir : "Vrais déprimés, fausses dépressions", Monique Brémond & Alain Gérard, Flammarion, 2005.

 

 

"Je ne savais pas comment l'atteindre ou le rejoindre... C'est tellement mystérieux le pays des larmes."

 

Antoine de Saint-Exupéry,

in Le Petit Prince.

 

 

Selon le psychanalyste Pierre Fédida qui fait l'"Éloge de la psychothérapie" dans le traitement des dépressions :

 

« L'expérience commune de l'état déprimé pourrait tenir en une seule sensation : celle, quasi physique, d' anéantissement. Cette sensation est à peine un affect qu'on éprouve, et elle paraît très éloignée de la perception d'une souffrance vécue par le sujet. Elle s'apparente plutôt à une immobilisation, à un empêchement de ressentir les moindres mouvements de la vie interne et extérieure, à l'abolition de toute rêverie et de tout désir. La pensée, l'action et le langage semblent pris en masse par une violence du vide. Du reste, la plainte du déprimé- quand elle parvient à s'exprimer- est pauvre et répétitive : c'est encore de la parole, mais comme éloignée de la parole. La vie est vide ; il n'y a de goût ni d'intérêt pour rien, et une incapacité à faire quoique ce soit. »

 

Pierre Fédida, "Des bienfaits de la dépression. Éloge de la psychothérapie",  Édition Odile Jacob, 2003.

Traiter la dépression

Écouter- Prescrire

Dans son communiqué aux médecins, l'HAS précise que les antidépresseurs ne doivent être prescrits que dans certains cas et qu'ils doivent être associés à une psychothérapie :

 

"Quel que soit le niveau de dépression, la prise en charge repose en premier lieu sur un soutien psychologique qui peut tout à fait être conduite par le médecin traitant, par un psychologue ou un psychiatre pour les cas complexes et/ou sévères notamment".

"Les antidépresseurs ne doivent pas y être systématiquement associés : ils ne sont pas indiqués en cas de dépression légère, peuvent être envisagés pour les dépressions modérées et doivent en revanche être proposés d’emblée pour les dépressions sévères."

Une pratique qui allie la psychothérapie à la pharmacologie

Comme nous venons de le voir, le diagnostic différentiel est la première étape. Il s'agit de déterminer précisément si le patient présente des symptômes dépressifs simples, réactionnels et transitoires ou une véritable pathologie dépressive caractérisée.

A partir de là, le médecin interroge la pertinence d'un traitement pharmacologique. Dans le même temps, il envisage la possibilité actuelle d'une approche psychothérapeutique. Il s'agira d'abord  d'amorcer une reprise de la communication en essayant d'établir un lien pour permettre au sujet de mettre des mots sur ce qui le fait souffrir et sortir progressivement de son isolement.

 

Il faut être au moins deux pour guérir de l'isolement et du vide intérieur :

"La psychothérapie se donne pour objectif de prendre soin de la souffrance psychique, son but n'est autre que de parvenir à guérir les humains de ce psychisme qui les fait souffrir."

Pierre Fédida

Psy actualités : Les thérapies cognitivo-comportementales

Acrophobie ou Peur extrême des hauteurs

Présentation des TCC:

Définition des TCC :

Les thérapies cognitives et comportementales (TCC) sont des thérapies brèves car limitées dans le temps avec des objectifs précis planifiés et une progression ciblée. Elles sont construites en suivant une approche et une attitude scientifique. Elles s'appuient sur des modèles théoriques cognitifs et comportementaux pour expliquer les troubles psychiques. Ces thérapies sont centrées sur "l'ici et maintenant". Une conception environnementale les sous-tend : le milieu influence les réponses émises mais le sujet peut apprendre à les modifier. Les TCC s’intéressent à la partie émergée des symptômes en tendant à modifier des conduites. Pour ce faire, elles abordent trois niveaux du fonctionnement psychique : comportemental (ce que je fais, ce que je ne peux m'empêcher de faire) cognitif (mes cognitions à savoir mes pensées et mes croyances) et émotionnel (ce que j'éprouve).

 

Dans les TCC, le thérapeute est actif et directif. Une alliance thérapeutique se met en place où le thérapeute et le patient interagissent. Elle comporte une forte dimension psychoéducative (explication du trouble et de sa cause, proposition de lecture, exercices..). Le patient est invité à collaborer activement pour accroître ses capacités d'autogestion (agenda, lectures, grilles d'évaluation et d'observation, mise en pratique...).

Modèle interractif expliquant les 3 niveaux d'intervention des TCC : comportemental, cognitif et émotionnel

Un peu d'histoire des TCC :

Les 3 vagues de thérapies cognitives et comportementales

Les TCC ont connu 3 vagues successives de développement qui se sont combinées pour former les TCC d'aujourd'hui.

La première vague TCC  : Modifier le comportement par l'apprentissage:

 

Un première vague comportementale a démarré dans les années 1950 avec les Behavioristes de Pavlov à Skinner. Les comportementalistes cherchent à décrire et comprendre les comportements humains en ne prenant en compte que ce qui est observable sans ouvrir la "boîte noire" (inconscient). Les comportements qui font souffrir ont été appris et peuvent donc se désapprendre, c'est le fondement du courant Behavioriste.

Pavlov, Skinner et Bandura
Pavlov, Skinner et Bandura

Ivan Pavlov et le conditionnement répondant :

Pavlov est un médecin et physiologiste à l'origine de la théorie du conditionnement classique. Il a décrit le processus par lequel un individu va associer une réponse déjà programmée (ex : saliver) qui est normalement déclenchée par un stimulus conditionné (ex : nourriture) à un stimulus neutre non conditionné qui ne déclenche normalement aucune réponse (ex : cloche qui sonne). Pavlov vit dans ce phénomène les bases de l'apprentissage.

Le condionnement répondant, 1ere vague TCC
Conditionnement répondant

Burrhus Frederic Skinner et le conditionnement opérant :

Skinner, psychologue et penseur, a été influencé par la théorie de Pavlov pour élaborer sa théorie de l'apprentissage. Selon lui, nos comportements sont influencés par les conséquences qu'ils provoquent ainsi que par l’environnement.  Il explique que la réponse du sujet  est volontaire car il cherche à être récompensé ou à éviter la punition. L’individu peut donc apprendre à augmenter ou à diminuer un comportement. La "boîte de Skinner" est un dispositif expérimental qu'il a inventé pour étudier le conditionnement.

Conditionnement opérant de Skinner

Enfin , Albert Bandura fera la jonction entre les comportementalistes et les cognitivistes en proposant une théorie sociale cognitive. Il met en avant les capacités des enfants à apprendre par imitation de nouveaux comportements.

C'est sur les bases de ces travaux menés par les Behavioristes que se sont construites des méthodes thérapeutiques pour traiter les troubles anxieux ( Joseph Wolpe et la désensibilisation aux situations anxiogènes par exposition graduelle en imagination).

 

La seconde vague TCC : Travailler sur les dysfonctionnements cognitifs

Une seconde vague dite "révolution cognitiviste" s'est amorcée dans les années 1970. Les chercheurs s'intéressent à la manière dont les pensées influencent le comportement et les émotions. Ils étudient le traitement de l'information par le cerveau.

Ainsi le psychologue Albert Ellis développe la thérapie rationnelle émotive qui se fonde sur l'acceptation inconditionnelle de soi. De manière directive, la patient est invité à adapter ses pensées et comportements. A  la même époque, Aaron Beck travaille sur les erreurs cognitives et les pensées automatiquement négatives chez les personnes souffrant de dépression.

Selon les cognitivistes, les pensées sont des interprétations de la réalité et non la réalité elle-même. Un trouble résulte d'une erreur dite distorsion dans le traitement de l'information. La restructuration cognitive propose de travailler ces schémas en les identifiant, les questionnant et les mettant à l'épreuve notamment par des expériences vécues.

La troisième vague TCC : Tenir compte de l'implication des émotions :

 

A partir des années 1990, la troisième vague dite "émotionnelle" se préoccupe davantage des émotions.   Le Mindfulness ou Pleine conscience appartient à cette mouvance qui préconise de diriger son attention sur le moment présent en acceptant ce qui vient sans jugement et sans attente pour permettre une distanciation avec ses pensées.

Steven Hayes introduit la thérapie d'acceptation et d'engagement (ACT) qui préconise de ne pas lutter contre ses émotions mais de leur faire une place en se dégageant de ses pensées.

 

"Méditer c’est porter attention aux choses telles qu’elles sont et non telles que nous voudrions qu’elles soient. »

 

Williams, Teasdale, Segal, Kabat-Zinn, 2007

Les principes des TCC :

En tenant compte des facteurs biologiques, les TCC cherchent à modifier les facteurs qui déclenchent et maintiennent le trouble (anxiété, dépression, problèmes relationnels, dépendances...).

La thérapie propose un confrontation comportementale progressive au malaise en favorisant l'acceptation des émotions qu'il suscite et en abordant les cognitions qui lui sont associées. Pour ce faire un plan d'action est construit avec le patient afin de  mettre en place ces expériences comportementales. Dans ce plan d'action, une exposition graduée, prolongée, répétée et variée est proposée. Ainsi, dans une situation qui engendre de l'anxiété, le but est de modifier les réponses de peur et d'évitement. A force d'exposition, une habituation émotionnelle doit se mettre en place puis une extinction des comportements d'évitement.

L'analyse fonctionnelle en TCC :

L'analyse fonctionnelle en TCC, psychologue Vendargues
L'analyse fonctionnelle, base de la thérapie TCC

Dans les premiers temps de la thérapie, le thérapeute accompagne le patient pour qu'il réalise une analyse comportementale dite fonctionnelle des facteurs qui déclenchent et maintiennent les difficultés qu'il souhaite traiter. Elle vise à personnaliser la thérapie. Cette analyse comporte une partie dite synchronique qui se réfère à la situation actuelle et une partie diachronique qui fait l'historique de l'acquisition des perturbations. Elle se conduit par le biais d'un entretien clinique, de grilles d'évaluation, de fiches d'auto-enregistrement (le patient enregistre lui-même ses comportements problèmes au moment où ils ont lieu) ainsi que des observations directes ou indirectes. A partir de cette analyse, différentes approches thérapeutiques seront proposées (travail sur les émotions, les cognitions, le comportement, l'entourage).

Dans le cadre de la thérapie TCC, le patient et le thérapeute procèdent à une analyse fonctionnelle. Elle est la base permettant de determiner les approches thérapeutiques.
L'analyse fonctionnelle modèle SECCA

TCC et Psychanalyse :

Quelles différences entre les deux approches ?

Au-delà des débats passionnés, les Thérapies cognitivo-comportementales et la Psychanalyse se différencient radicalement par leurs modèles théoriques et leurs conceptions respectives d'où découlent des approches  et des visées thérapeutiques distinctes.

 

Comme nous venons de le voir, pour les TCC, le symptôme est l'expression d'une association indésirable entre une situation, un comportement, les cognitions et les émotions que cela génère. Les TCC font référence aux lois de l'apprentissage et aux conditionnements pour expliquer la formation d'un symptôme. Les TCC sont issues de la psychologie scientifique expérimentale et se réfèrent au DSM V pour établir un diagnostic.

Ce sont des thérapies de l'ici et maintenant dont le but visé est l'apprentissage de nouvelles façons de faire afin de se départir de celles qui font souffrir. Les TCC sont des thérapies brèves et directives où le patient et le thérapeute collaborent activement ensemble.

 

Selon la psychanalyse, le symptôme a, pour le patient, un motif, un sens et une intention qu'il s'agira de déchiffrer. Ce sens est l'expression d'une singularité, d'une histoire particulière et d'une logique inconsciente refoulée. A partir du discours du patient, grâce notamment à la libre association, le travail d'introspection va du conscient vers l'inconscient afin d'en déchiffrer le sens, permettre de se l'approprier et de s'en libérer. Autrement dit, la psychanalyse tend à rendre leur sens aux symptômes, intégrer sa propre histoire, se familiariser avec son fonctionnement psychique  pour désamorcer les conflits internes et être  plus au clair avec son désir. La psychanalyse est donc un processus de changement qui vise à parvenir à une meilleure connaissance et acceptation de soi ainsi qu' à des remaniements psychiques. En sachant y faire, le patient prend la direction de sa vie.

 

La psychothérapie analytique se base sur ces fondements théoriques tout en proposant un cadre plus directif que dans la cure dite classique. A partir d'un échange verbal entre le patient et le thérapeute, un axe de travail est défini avec des objectifs ciblés et réactualisés au fur et à mesure du travail. La durée de thérapie est moins longue que dans la cure type. (se référer à notre rubrique psychothérapie).

Quelles différences entre les Thérapies cognitivo-comportementales (TCC) et la psychanalyse ?
Différences TCC et Psychanalyse

Psy actualités : Amour et Psychanalyse

Un peu, beaucoup, à la folie, passionnément

Qu'est-ce que l'amour ? Voici une question qui déchaîne bien des passions. De tous temps, écrivains, penseurs, poètes, artistes, psychanalystes se sont penchés sur le sujet. Leur conceptions se rejoignent, s'opposent ou se contredisent pour parler de cette émotion étrange et singulière.  Ici, seulement quelques pistes...

Et pour vous, c'est quoi l'amour ?

L'amour selon la psychanalyse :

 

En 1905, dans ses "Trois essais sur la théorie de la sexualité", Sigmund Freud distinguait l'amour de la passion amoureuse. Concernant l'amour, il faisait référence au discours d'Aristophane du Banquet de Platon où l'homme et la femme tendent, dans l'amour, à s'unir de nouveau :

 

 

Le mythe d'Aristophane :

 

« Jadis notre nature n’était pas ce qu’elle est actuellement. D’abord il y avait trois espèces d’hommes, et non deux comme aujourd’hui : le mâle, la femelle, et en plus de ces deux-là, une troisième composée des deux autres ; le nom seul en reste aujourd’hui, l’espèce a disparu. c’était l’espèce androgyne qui avait la forme et le nom des deux autres, dont elle était formée. De plus chaque homme était de forme ronde sur une seule tête, quatre oreilles, deux organes de la génération, et tout le reste à l’avenant. […]

 

Ils étaient aussi d’une force et d’une vigueur extraordinaire, et comme ils étaient d’un grand courage, ils attaquèrent les dieux et […] tentèrent d’escalader le ciel […] Alors Zeus délibéra avec les autres dieux sur le parti à prendre. Le cas était embarrassant ; ils ne pouvaient se décider à tuer les hommes et à détruire la race humaine à coups de tonnerre, comme ils avaient tué les géants ; car c’était mettre fin aux hommages et au culte que les hommes leur rendaient ; d’un autre côté, ils ne pouvaient plus tolérer leur impudence.

 

Enfin, Zeus ayant trouvé, non sans difficulté, une solution, […] il coupa les hommes en deux. Or, quand le corps eut été ainsi divisé, chacun, regrettant sa moitié, allait à elle ; et s’embrassant et s’enlaçant les uns les autres avec le désir de se fondre ensemble […]

 

C’est de ce moment que date l’amour inné des êtres humains les uns pour les autres : l’amour recompose l’ancienne nature, s’efforce de fondre deux êtres en un seul, et de guérir la nature humaine. […] Notre espèce ne saurait être heureuse qu’à une condition, c’est de réaliser son désir amoureux, de rencontrer chacun l’être qui est notre moitié, et de revenir ainsi à notre nature première. »

 

"L'amour, c'est donner ce qu'on n'a pas "

 

Ainsi, selon le mythe d'Aristophane, l'amour nait de la division. Chaque moitié va aller chercher l'autre avec le désir de reconstituer le tout, la nostalgie de la perfection perdue. Mais ce désir est voué à l'échec car l'union de deux êtres imparfaits n'aboutira jamais à la perfection. De plus,  la réunion de deux êtres individués ne supprimera jamais l'individuation. Et fort heureusement d'ailleurs car cette plénitude d'un être comblé et ne manquant de rien renverrait à un être qui ne serait pas un être de désir. En effet, le désir nait du manque puisqu'on ne ne peut désirer que quelque chose que l'on a pas ou que l'on a plus.

 

C'est ce qui fera dire à Jacques Lacan que  "L'amour, c'est offrir à quelqu'un qui n'en veut pas quelque chose que l'on n'a pas » (in Séminaire XII, 1965)

Aimer, c’est reconnaître son manque et le donner à l’autre, le placer dans l’autre. Pour Lacan, cette chose que le sujet n'a pas est la part à jamais perdue de lui-même, constituée du fait qu'il n'est qu'un être vivant sexué et mortel.

Lacan dira qu'« Aimer c'est essentiellement vouloir être aimé ». Comme l'explique le psychanalyste Jacques-Alain Miller , on aime celui qui répond à notre question » Qui suis-je ? » Aimer vraiment quelqu’un, c’est croire qu’en l’aimant, on accédera à une vérité sur soi. (in "La psychanalyse enseigne t-elle quelque chose sur l'amour ?", Psychologie magazine n°278).

 

L'amour de transfert :

 

« Nous contraignons le patient à renoncer à ses résistances par amour pour nous. Nos traitements sont des traitements par l'amour « , déclarait Freud en 1907.

 

Dans la cure analytique, le patient reporte ses investissements libidinaux, sentiments positifs, négatifs ou ambivalents et désirs inconscients au départ adressés aux figures parentales, sur la personne de l'analyste. Ce mécanisme est présent dans bon nombre de relations humaines mais il est ici exacerbé par la demande de guérison que le patient adresse au thérapeute. C'est ce déplacement, ce report de relations anciennes actualisées dans la cure, que l'on nomme transfert.

 

« Dans chaque traitement analytique, s’instaure, sans aucune intervention du médecin, une relation affective intense du patient à la personne de l’analyste, relation qui ne peut s’expliquer par aucune des circonstances réelles. Elle est de nature positive ou négative, va de l’état amoureux passionnel, pleinement sensuel, jusqu’à l’ex­pression extrême de la révolte, de l’exaspération et de la haine. Cette relation, qu’on appelle, pour faire bref, transfert, prend bientôt la place chez le patient du désir de guérir et devient, tant qu’elle est tendre et modérée, le support de l’influence médicale et le ressort véritable du travail analytique commun. »
 (Freud, in « Freud présenté par lui-même », 1925)

 

Ce processus est le moteur de tout travail analytique mais peut aussi drainer des résistances. Comme lorsque le patient se censure pour ne pas décevoir l'analyste (« Je me demande bien ce que vous pensez de ce que je vous dis »). Aussi, une partie du travail portera sur la verbalisation et l'interprétation du transfert comme le signifiait Freud : 

« Il convient de maintenir ce transfert, tout en le traitant comme quelque chose d’irréel, comme une situation qu’on traverse forcément au cours du traitement et que l’on doit ramener à ses origines inconscientes, de telle sorte qu’elle fasse ressurgir dans le conscient, tout ce qui, dans la vie amoureuse de la personne en souffrance était resté le plus secret et qui maintenant pourra aider cette dernière à le contrôler » (in "Observation sur l'amour de transfert", 1915)

 

La confiance en l'analyste est nécessaire pour que le transfert puisse se mettre en place, évoluer, s'interpréter puis se dissoudre :

 

 « C'est d'un manque d'amour que le patient vient chercher recours en analyse. Et c'est en reconstituant sa confiance et sa capacité amoureuse dans le lien transférentiel, avant de prendre ses distance par rapport à lui, qu'il conduit son expérience analytique. D'être le sujet d'un discours amoureux pendant les années de mon analyse- et au meilleur des cas après- je suis en contact avec les potentialités de renouvellement psychique, d'innovation intellectuelle, voire de modification physique. »

(Julia Kristeva, in" Au commencement était l'amour", 1985)

Dictionnaire amoureux de la Psychanalyse

Élisabeth Roudinesco, Plon, octobre 2017.

Écrit à la première personne, le dictionnaire abandonne l'approche conceptuelle pour le style de la leçon de choses et prendre la voie du voyage (entrée par noms de ville, de personnage de romans, d'artistes..).

En procédant ainsi, l'auteur souhaite illustrer la manière dont la psychanalyse s’est nourrie de littérature, de cinéma, de théâtre, de voyages et de mythologies pour devenir une culture universelle :

 

« En sa version originelle toujours active, elle annonce que l’homme, tout en étant déterminé par un destin, peut se libérer de ses chaînes pulsionnelles grâce à une exploration de lui-même, de ses rêves et de ses fantasmes. »

Psy actualités : Psychiatrie transculturelle

"J'ai appris mon métier grâce à ces patients venus de pays lointains"

Tobie Nathan

Tobbie Nathan, ethnopsychanalyse

Émission radio, le grand atelier, France Inter,

Ce dimanche 5 novembre, l'émission le grand atelier sur France Inter donnait carte blanche à l'ethnopsychiatre Tobie Nathan. L'occasion de mieux découvrir l'univers de ce psychologue qui  depuis sa rencontre avec Georges Devereux, fondateur de l'ethnopsychanalyse en France, s'attache à "apprendre des autres peuples les connaissances qu'ils ont des troubles psychiques et de leur traitement. A tenir compte de leur traditions et de leurs rites ancestraux pour les soigner".

Lien vers l'émission
Lien vers l'émission

Georges Devereux

Georges Devereux fondateur de l'ethnopsychanalyse

Georges Devereux (1908-1985), de son nom de naissance Győrgy Dobó,  était un psychanalyste et anthropologue franco-américain d'origine hongroise. Il fut l'un des pionniers de l'ethnopsychanalyse dans le sillage de Sigmund Freud dont il ne cessera de rappeler l'héritage ( « Totem et tabou », 1913). En effet, en son temps, Freud a eu recours au matériel de la culture pour éclairer les processus psychiques.

Fondateur de l'ethnopsychiatrie, Devereux a défendu une conception transculturelle qui postule l'universalité de la pathologie mentale mais considère qu'il est essentiel de repérer les manifestations spécifiques de cette maladie reliées à la culture dans laquelle le sujet a été élevé. Il a développé le « courant complémentariste», entre l'anthropologie et la psychanalyse.

 

« Si tous les psychanalystes dressaient une liste complète de toutes les pulsions et de tous les désirs et fantasmes mis à jour en milieu clinique, cette liste correspondrait point par point à une liste de toutes les croyances et de tous les procédés culturels connus, établie par les ethnologues. " (Devereux in Cultures et Inconscient).

 

Cette démarche humaniste et pluridisciplinaire vise à comprendre la dimension culturelle des troubles mentaux et la dimension pathologique de la culture. Les logiques culturelle sont explorées en tant que telles et servent de support aux associations.

Pas à pas, Devereux a donc construit une psychothérapie originale qui  vise la guérison mais pas forcément la réadaptation. En effet, Devereux estimait que certaines sociétés sont elles-mêmes pathogènes et entraînent les individus dans ce qu’il appelait des processus de « déculturation".

Dans ses derniers livres, consacrés à l'analyse des mythes grecs, Georges Devereux a montré comment la mythologie peut nous éclairer sur les problèmes psychiques et expliquer une partie des croyances humaines (« Femme et mythe », 1982)

Jimmy P. (Psychothérapie d'un Indien des Plaines)

Psychothérapie d'un Indien des Plaines un film à partir de l'oeuvre de Georges Devereux

 

En 2013, Arnaud Desplechin réalise le film « Psychothérapie d'un Indien des Plaines ».

Cette comédie dramatique est directement inspirée du livre de Georges Devereux, "Psychothérapie d'un Indien des Plaines : réalités et rêve, (1951), où il relate sa rencontre avec  Jimmy Picard un indien Amérindien de la tribu des Blackfoot (dans leur langue, ils se nomment "le peuple originel").

 

Tout jeune psychanalyste, Devereux  rencontre Jimmy P. au Winter Veteran Hospital de Topeka, établissement spécialisé dans le traitement des vétérans de la Deuxième Guerre mondiale. Blessé à la tête, Jimmy P. souffrait de vertiges et de céphalées. Il était devenu alcoolique et caractériel.

Dans son livre, Devereux relate minutieusement la thérapie, séance après séance il se familiarise avec l'environnement de pensée de son patient, et décrit une première utilisation des leviers culturels. Le travail porte notamment sur la manière dont l'individu est imprégné de sa culture d'origine mais aussi son appropriation singulière de cette culture en fonction de son histoire et de sa personnalité.

 

Le Centre Georges Devereux :

Le Centre Georges Devereux est un centre d’ethnopsychiatrie clinique créé en 1993, à l’initiative de Tobie Nathan. Il s’agit d’une association 1901 dont la vocation est triple : intervention clinique, recherche et formation.

Actuellement, le Centre propose : Une consultation d'ethnopsychiatrie, un service de médiation ethnoclinique, une équipe mobile d'ethnopsychiatrie et un service de formation.

Le Centre Georges Devereux lieu de consultation et de réflexion en ethnopsychiatrie
Lien vers le site du Centre Georges Devereux

Psy actualités : Le psychodrame

Psychanalyse & techniques

"Au commencement était l'action", S.Freud in Totem & Tabou

Le psychodrame psychanalytique

Le psychodrame psychanalytique individuel ou groupal est une approche thérapeutique qui permet, grâce au jeu et au faire semblant, de mettre en scène et de représenter des aspects de la vie psychique. Cette thérapie permet notamment au patient d'exprimer ses angoisses et ses craintes à travers des scènes imaginées ou réelles. Il peut être proposé aux enfants, adolescents et adultes.

Les origines du psychodrame  :

Le théâtre de la spontanéité de Moreno :

 

Dans les années 1920, Jacob Lévy Moreno- un psychiatre d'origine roumaine contemporain de Sigmund Freud, passionné d'art dramatique et explorant les phénomènes de groupe- crée à Vienne le « théâtre impromptu » ou « théâtre de la spontanéité ».

Il s'agit d'un théâtre de créativité et d'expression spontanée . Un drame vécu où l'acteur joue, avec ses propres mots, sa propre histoire. Sa technique active se focalise sur le désir de renforcer les capacités d'affirmation de soi.

 

Le psychodrame psychanalytique individuel :

 

Le psychodrame psychanalytique individuel a presque 70 ans, il a été introduit dans l'après-guerre, à l'hôpital des Enfants-Malades à Paris, par Serge Lebovici.

 

Lebovici, comme tout psychanalyste d'enfants était habitué à recourir à des « médiateurs », tel que le jeu, pour pallier à une expression verbale insuffisante chez les enfants. Il utilisait souvent les marionnettes et s'était rendu compte que par ce biais les enfants vivaient des « séquences dramatiques à travers lesquelles leurs pulsions, leurs angoisses, leurs mécanismes de défenses se réalisaient et s'exprimaient avec une authenticité remarquable. » Aussi a-t-il eu l'idée de faire jouer les enfants sans les marionnettes. Ce qu'il nomme d'abord « psychanalyse dramatique de groupe ». Il remarque que dans les traitements individuels, à savoir un enfant et un groupe de thérapeutes, la dynamique est différente. C'est pourquoi, en collaboration avec d'autres psychanalystes, dont René Diatkine, Evelyne et Jean Kestemberg, Lebovici applique prioritairement ce qu'il appelle « psychodrame analytique individuel», au traitement d'enfants gravement perturbés.

 

Dans le même temps, le psychodrame morénien est introduit en France par des psychologues et des psychanalystes formés par Moreno. Ils pratiquent le psychodrame de groupe avec des enfants ayant des difficultés scolaire. L'objectif est d'acquérir une meilleure confiance en soi.

Assez vite, apparaissent des divergences qui ne cesseront d'accroître entre les deux courants de psychodrame. Le psychodrame morénien vise la décharge des tensions et des conflits. Quant au psychodrame psychanalytique individuel, il tend plutôt à la prise de conscience des conflits internes non pas pour les évacuer mais pour en favoriser l’élaboration et ce en aménageant leur représentation sur la scène du jeu. 

 

Les indications pour le psychodrame psychanalytique sont diverses et variées. En effet, cette approche est indiquée pour toutes les personnes qui ont des difficultés à associer librement à savoir à dire ce qui leur traverse l'esprit sans faire de tri et sans à priori (une image, une idée, un rêve, un mot, un sentiment...)

 

Le psychodrame psychanalytique groupal :

Les précurseurs sont Didier Anzieu et Daniel Widlöcher. Le dispositif comprend un groupe de patients et des thérapeutes. Il est surtout pratiqué avec des enfants et des adolescents. Les enfants choisissent un thème et distribuent les rôles. La dynamique de groupe et les différentes identifications sont observées. A ces âges, le groupe des pairs peut avoir une fonction contenante de soutien narcissique et permettre le déplacement des investissements  affectifs jusqu'alors réservés aux parents.

Comment cela se passe t-il ?

 

Un premier entretien a d'abord lieu avec le patient afin de lui expliquer les règles de fonctionnement du psychodrame psychanalytique individuel, notamment le secret professionnel et la règle de la libre association commune à la cure psychanalytique où il s'agit de dire tout ce qui vient comme ça vient. Ici, la règle devient "tout jouer ou tout représenter".

Lors de cette première rencontre, la règle du « faire semblant" , clé de voûte du psychodrame, sera abordée. Au psychodrame, on ne touche pas mais on fait semblant, on ne fait pas mais on mime l'action.

A la suite de cet entretien, si le patient est prêt à s'engager dans la thérapie, une première séance a lieu. Pour ce faire, plusieurs personnes seront impliquées dans ce psychodrame dont le patient, un directeur de jeu qui organise le jeu mais qui ne joue pas et les co-thérapeutes qui feront office d’acteurs. C’est le patient qui proposera la scène à jouer et qui répartira les rôles. C'est le Directeur de jeu qui peut clore la scène ou l'interrompre pour faire une remarque.

Pour en savoir plus :

Pour ceux qui veulent en apprendre d'avantage, le site d'information Psynem propose un riche tour d'horizon du psychodrame et du psychodrame psychanalytique individuel.

Psy actualités : Neurosciences

MOOC

Des neurones à la psyché

MOOC "des neurones à la psyché" ou introduction aux réseaux de neurones biologiques et articiels.
Neurones artificiels

Les réseaux de neurones biologiques & artificiels

Ce MOOC, ou enseignement en ligne accessible au plus grand nombre et gratuit, est proposé par Martial Mermillod, enseignant chercheur au CNRS de Grenoble dans le laboratoire de Psychologie et NeuroCognition.

Le module de 4 semaines est constitué de vidéos, de schémas, de discussions et de QCM. Il abordera les bases de la psychologie cognitive et des neurosciences. Puis, se proposera d'expliquer le fonctionnement des neurones biologiques afin de comprendre la modélisation des réseaux de neurones artificiels. 

Pour en savoir plus, regarder le teaser et s'inscrire :

Cliquer pour suivre le lien.
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Psy actualités : L'enfant et le psy

Rencontre avec le "psy"

Petite sélection de livres pour enfants

Des propositions de livres pour enfants selon les âges afin d'aborder plus sereinement la rencontre singulière avec le "psy" (psychologue, pédopsychiatre, psychanalyste, psychothérapeute). Pour les adolescents, une BD-thèque est également disponible sur le site rubrique "psychanalyse".

"Chez le psy" :

 

Textes de Catherine Dollto et Colline Faure-Poirée. Illustration de Frédérick Mansot. A partir de 3 ans.

 

 

"Parfois, on a l’impression que tout va mal et même si on aime beaucoup ses parents, il y a des choses qu’on n’arrive pas à leur dire. Alors, mine de rien, aller voir un psychothérapeute, ça aide à aller mieux, à aimer la vie et les gens."

 

Éditions Gallimard/ Mine de rien, 2005

 

"Manu et le psy":

D'Éric Englebert, médecin et thérapeute. A partir de 6 ans.

 

 

 

 

 

Le petit Manu est triste et angoissé, ses résultats s'en ressentent. Il pense que le psy est pour les fous mais son meilleur ami le rassure et le conseille d'y aller.

 

Éditions Grasset jeunesse, 2006.

 

 

"Lili va chez le psy" :

De Serge Bloch et Dominique de Saint Mars. Dès 7 ans.

 

"Max et Lili sont bouleversés. Leur chien a disparu... Mais quand il revient, Lili ne va pas mieux... Elle reste inquiète, agressive et ne quitte plus sa mère... Une psy saura-t-elle dénouer le mystère Lili ?"

 

Editions Calligram, 2001

 

"Pierre-Emile et son double chez le psy" :

De Klaus-Peter Wolf, à partir de 9 ans.

"Pierre-Émile est absolument sûr qu'un monstre gargouille dans le radiateur ou se tient à l'affût sur le sofa, déguisé en coussin. Mais ses parents refusent de le croire. Pierre-Émile et son double entreprennent donc seuls le combat contre le monstre. Les événements se précipitent quand tante Olga a l'idée d'envoyer Pierre-Émile chez le psy. Son double, bien sûr, ne va pas le laisser tomber..."

 

Éditeur La Joie de Lire, 2004.

"Anastasia, demande à ton psy !"

De Lois Lowry, roman à partir de 13 ans.

 

 

"Anastasia est bien la seule à devoir supporter des parents qui refusent de faire des choses civilisées, comme jouer au bridge, par exemple. Elle est aussi la seule à devoir supporter un petit frère de trois ans surdoué et tourmenté. Pourquoi faut-il que ce soit elle qui ait à se débrouiller avec des gens aussi bizarres que ça ? Mais un jour, elle comprend que c'est elle-même qui est bizarre... Alors Anastasia prend ses propres intérêts en main : pendant la plus grande partie de son année de quatrième, elle suivra une thérapie avec le plus célèbre docteur du monde, Sigmund Freud en personne."

 

Éditions l’école des loisirs, 1990.

 

Psy actualités : Bédéthèque psy

BD-thèque psychanalyse

Une petite sélection de bandes dessinées

Quelques bandes dessinées autour des "psy" à feuilleter pour le plaisir. Pour ceux qui côtoient le divan mais pas seulement...

"Psychanalyse du bad guy" :

Après avoir allongé sur le divan du psy les super héros, les héros de manga, du western, de l'Antiquité et héros en tous genres, le scénariste Wandrille,  ici accompagné du dessinateur Matt Dunhill, fait le portait psychologique des  plus méchants des méchants et des plus monstrueux des monstres ( Dracula, Hannibal Lecter, le Jocker...).

Éditeur Wraoum.

"Les psy" :

"Les psy" est série humoristique franco-belge dessinée par Bédu et scénarisée par Raoul Cauvin. Crée en 1992, à l'origine pour le Journal de Spirou, la série compte aujourd'hui une vingtaine de numéros ("Quel est votre problème ? / Dites-moi tout ! /Je vous écoute./ Chacun son tour...") . Elle raconte le quotidien d'un psychiatre, le  docteur Médard confronté aux pathologies saugrenues de ses patients qui le poussent à bout : "Ce métier me rendra fou !" Si ses méthodes sont parfois décalées, il ne manque ni de bon sens ni d'inventivité pour venir en aide à ses patients.

Éditions Dupuis.

"Docteur Rorschach" :

De la dessinatrice Vaïnui de Castelbajac qui dit s'amuser " de la capacité qu’on a tous à sur-psychanalyser tout." Sur le divan, du docteur Rorschach, des patients originaux défilent pour confier leurs problèmes existentiels comme ce puzzle dépressif qui craint de ne jamais se reconstruire ou le Père Noel qui ne croit pas en lui. Imperturbable, le docteur les écoute.

Éditions Delcourt.

"Les aventures de Sigmund Freud" :

Les aventures de Sigmund Freud, Bande dessinées, Pschy'Ass, Pr Vitalis et Dr Crouchez

Du Pr. Vitalis et du Dr. Crouchez, cette ouvrage édité en 1973 raconte  la vie de Freud, sur un ton satirique et obscur, de sa naissance dans la petite ville de Moravie à ses débuts en tant que médecin.

Éditions PSYCH'ASS

"Émilie voit quelqu'un : Psy à psy, l'oiseau fait son nid"

"Emile voit quelqu'un, tome 1 : Après la psy, le beau temps"
"Emile voit quelqu'un, tome 1 : Après la psy, le beau temps"

Deux tomes, de la dessinatrice Anne Rouquette avec les textes de Théa Rojzmann, qui dépeint la vie d'une institutrice trentenaire qui après avoir décidé de se prendre en main en démarrant une thérapie qui lui a redonné le sourire, décide qu'il est maintenant temps d'y mettre un terme. Or, tout ne se passe pas comme elle l'avait imaginé...

Éditions Fluide Glacial-Audie.

"Freud, une biographie dessinée" :

Freud : une biographie dessinée. BD psy racontant la vie mouvementée de l'inventeur de la psychanalyse, magnifiquement illutrée.

La vie mouvementée du Docteur  Sigmund Freud,  dans le Vienne des années 1920, fidèlement racontée par la psychanalyste Corinne Maier et magnifiquement illustrée par Anne Simon.

Éditions Dargaud.

"Le divan de la BD" :

Après "Le docteur psy" qui avait pour patients les grands hommes de l'Histoire, Jean-Pierre Dirick livre une parodie de séances de psychanalyse réunissant des Héros de la bande dessinée (Gaston Lagaffe bricoleur maniaco-dépressif, le grand Stroumpf ou le traumatisme du nain de jardin; Joé Dalton ou le complexe de la bande des quatre...).

Éditions Jocker.

"Tintouin chez le psychanalyste" :

Le quatrième album du célèbre psychologue, psychiatre et psychanalyste français, Serge Tisseron. Les lecteurs y retrouvent les mêmes personnages que dans "Bulles de divan" puis "Journal d'un psychanalyste". Leur thérapie a avancé mais ils se laissent toujours surprendre par l'inatendu de leur discours sur le divan.

Chez Calmann-Levy.

"Le retour du Docteur Smog " :

Trois albums des aventures du Docteur Smog du Québécois André-Philippe Côté.

Après "Psychoses &Cie", le psy est de retour avec son sens de l'autodérision bien particulier.

Éditions La Presse.

Sigmund Freud : L'interprétation des rêves

A partir de l'ouvrage  de Freud "L'interprétation des rêves" paru en 1899, le dessinateur de manga et scénariste japonais Variety Artworks suit le cheminement de l'inventeur de la psychanalyse pour élaborer sa théorie du rêve.

Éditeur Soleil.

"Une aventure rocambolesque de Sigmund Freud. " :

Une aventure rocambolesque de Sigmund Freud, bdpsy

Le dessinateur et scénariste Manu Larcenet nous plante un Sigmund Freud qui part en plein Far West à la conquête de l'inconscient américain car "un continent presque neuf à psychanalyser" cela ne se refuse pas.

Éditeur Dargaud

Psy actualités : Congrès médecine & psychanalyse 2018

Médecine & psychanalyse

Pudeur/Impudeur

Congrès en janvier 2018

" Qu'en est-il du geste, de la parole et du regard dans le champ de la médecine, de la psychanalyse et des contacts avec le monde extérieur à l'ère de la révolution numérique? Qu'en est-il de la pudeur, de l'intime, à l'heure où l'impudeur nous guette dès que notre corps est sollicité ?"

Les tests d'intelligence : Echelle de Wechsler adulte, la WAIS IV

LA WAIS IV

Wechsler Intelligence Adulte Scale

Présentation du test psychométrique pour adulte :

La WAIS IV est une des échelles d'intelligence conçues par David Wechsler, psychologue.

Sa première version parut en 1955 puis elle fut régulièrement actualisée notamment pour épouser les avancées du Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders ou DSM).

Le DSM est un manuel  élaboré et révisé par l'association américaine de psychiatrie afin de classer et répertorier les troubles mentaux d'un point de vue exclusivement symptomatique et descriptif.

 

La WAIS IV peut être utilisée chez les sujets de plus de 16 ans. Avant, d'autres échelles existent. Elle est composée de plusieurs subtests qui commencent par un item (une question, un problème) simple, pour progresser vers du plus difficile.

Chaque subtest donne un nombre de points au participant. Lorsque le test est terminé, les points sont transformés en scores par le psychologue. Ces scores correspondent à la performance du participant par rapport à une population générale. Le score global donne ce que l'on nomme le Quotient Intellectuel ou QI.

 

Cependant, comme nous l'avons évoqué précédemment dans notre présentation du test pour enfant et adolescent (WISC V), la notion de QI est à manier avec précaution et ne peut être évaluer que par un professionnel. En effet, le QI n'est qu'un arrêt sur image à un instant donné d'une partie des aptitudes cognitives du sujet testé. Cette notion de QI reste controversée car elle se base sur une définition de l'intelligence comme intelligence générale (facteur G) et ne prend pas en compte les multiples facettes de l'intelligence et la richesse de ses variations socio-culturelles.

 

Un test psychométrique n'a donc qu'un intérêt limité  s'il n'est pas associé à une étude approfondie de la personnalité dans sa finesse et sa globalité. Son analyse quantitative et qualitative réalisées par le psychologue doit également ouvrir sur des pistes de travail constructives pour l'individu évalué.

Structure de la WAIS IV pour adultes :

Structure de la WAIS IV, test d'intelligence de Wechsler permettant notamment de calculer le Qotient Intellectuel (QI) dans le cadre d'un bilan psychologique.
Structure de la WAIS IV

Les tests d'intelligence : Echelle de Wechsler enfant/ado, WISC V

Le WISC V

Test d'intelligence pour enfants & adolescents

Comment définir ce qu'est l'intelligence ?

 Il y a de multiples définitions de l'intelligence selon la référence théorique à laquelle on se réfère, la culture à laquelle on appartient.

Étymologiquement, le mot vient du préfixe latin “inter”, entre, et du verbe “legere” signifiant discerner, démêler, comprendre.

En philosophie, l'intelligence est associée au raisonnement et à la réflexion, en opposition avec l'instinct.

 

De manière empirique, on pourrait dire que l'intelligence est la faculté d'un être vivant de connaître et de comprendre, de s'adapter à son environnement et de trouver des solutions aux problèmes qu'il rencontre. L'intelligence présente de multiples aspects non hiérarchisés, elle est multifonctionnelle : intelligence relationnelle, pratique, créatrice, corporelle, émotionnelle...

 

Depuis ses origines jusqu'à aujourd'hui, les différentes branches de la psychologie se sont attelées à définir l'intelligence.

Pour Jean Piaget, psychologue qui a conceptualisé les stades du développement cognitif chez l'enfant, l'intelligence évolue du concret vers l'abstrait. Selon lui, “l'intelligence ce n'est pas ce que l'on sait mais ce que l'on fait quand on ne sait pas”.

La plupart des théories actuelles réfutent cette idée de Piaget d'une évolution par bonds qui irait vers l'avant. Ces théories, dites évolutionnistes, envisagent plutôt une progression graduelle et quasi continue de l'intelligence, progression marquée d'arrêts, de retours en arrière et de faux pas.

Pour Spearman, psychologue anglais, il existe une seule intelligence générale qui serait la capacité à acquérir des connaissances, à raisonner et à résoudre des problèmes.Toutes ces facultés seraient reliées entre elles. Il existerait un facteur commun à ces activités mentales qu'il nomme facteur G. 

Selon David Wechsler qui a mis au point le WISC et la WAIS très utilisés aujourd'hui par les psychologues, « L’intelligence est la capacité d’un individu à initier des actions dirigées vers un but, à penser de manière réaliste et à interagir efficacement avec son environnement.»     

A l'inverse, Howard Gardner évoque des intelligences multiples ou habilités qui ne seraient pas forcément toutes présentes dans le concept d'intelligence générale.

Les différentes échelles d'intelligence de Wechsler :

David Wechsler, psychiatre américain, a inventé la WAIS pour évaluer l'intelligence.
David Wechsler 1896- 1981

Le Wechsler-Bellevue, conçu en 1939, est la première échelle d'intelligence standardisée construite dans le but d'être appliquée à une population adulte. Elle tient compte des modifications des performances intellectuelles dues au vieillissement.

Son succès a incité son auteur à en faire une révision qui deviendra, en 1950, la WAIS (Wechsler Adult Intelligence Scale). La WAIS est utilisable chez les sujets de plus de 16 ans. Dès 1949, pour les enfants de 6 à 16 ans, Wechsler a mis au point le WISC (Wechsler Intelligence Scale for Children). Enfin, en 1967, une version pour les plus jeunes, le WPPSI ( Wechsler Preschool and Primary Scale of Intelligence) a été crée.

La notion de Quotient Intellectuel ou QI :

 

Le quotient intellectuel, ou QI, est le résultat obtenu à un test psychométrique dans le cadre d'un examen psychologique. Il entend fournir une indication quantitative standardisée de l'intelligence humaine, l'individu étant situé par rapport à une moyenne de personnes dites représentatives. Le QI seul, sans les indices supplémentaires, évalue uniquement l'intelligence générale.

 

 

Cette notion de QI fait l'objet de nombreuses critiques et controverses notamment du fait qu'il n'y ait pas de consensus pour définir l'intelligence. En effet, comme nous l'avons évoqué sa définition varie selon l'approche théorique et il existe d'importantes variations socio-culturelles. Les tests de QI sont donc à prendre avec précaution  en ayant à l'esprit le fait qu'ils ne testent, à l'instant même de la passation, qu'une partie de l'intelligence.

 

En ce sent l'analyse fine des résultats, les observations cliniques lors des rencontres,  les épreuves de personnalité qui sont associées enrichissent la compréhension que se fait le psychologue de la personne qu'il évalue et lui permettent de proposer des pistes de travail à explorer. Le résultat obtenu au QI ne suffit donc pas, c'est tout le travail d'interprétation du psychologue qui donne du sens à ce test.

 

Présentation du WISC V :

Le WISC V est la cinquième et toute dernière édition du test qui a été plusieurs fois révisé depuis sa création. Les révisions tentent de suivre l'évolution des critères du manuel de diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM 5) de l'association américaine de psychiatrie.

Déroulement du bilan psychologique :

Le bilan psychologique débute toujours par un entretien clinique avec l'enfant et ses parents afin de recueillir l'anamnèse, de faire connaissance, de repérer la problématique, d'évaluer la pertinence d'un bilan et les outils à utiliser.

 

Le second rendez-vous est celui du bilan avec l'enfant. En ce qui concerne le WISC V, les cinq  subtests principaux (soulignés en rouge sur le schéma qui suit) sont proposés  pour calculer le Quotient Intellectuel Total qui se réfère à la définition de l'intelligence générale (facteur G). Ces 5 subtests donnent des indices sur les performances du sujet dans chacune des fonctions cognitives explorées (Compréhension verbale, Mémoire de travail, Raisonnement, aptitudes visuo-spatiales et Vitesse de traitement).

Or, il est souvent judicieux d'affiner les résultats en explorant d'autres subtests en fonction de la problématique, des questions qui se posent et des indications à poser.

 

Après avoir dépouillé les résultats et rédiger un bilan écrit comprenant une analyse quantitative et qualitative, le psychologue propose une séance de restitution à l'enfant et ses parents. Cet entretien a pour but d'expliquer les résultats et d'ouvrir sur des pistes de travail constructives. Le bilan écrit pourra servir aux différents intervenants qui accompagnent l'enfant.

Structure du WISC V:

Structure de l'echelle d'intelligence de Wechsler pour enfant et adolescent ou WISC V . Nouvele édition du WISC utilisé dans le cadre d'un bilan psychologique
Structure du WISC V

Psy actualités : Bilan psychologique, la Figure de Rey

Le bilan psychologique

Le test de la Figure complexe de Rey

Le test de la figure complexe de Rey présente deux modèle selon l'âge de la personne évaluée. Le modèle A est proposé à partir de 6ans. Le modèle B dés 4 ans.
Figure de Rey modèles A et B selon l'âge de la personne testée

Présentation du test

Ce test a été élaboré en 1941 par le psychologue suisse André Rey.

La figure A présentée ci-dessus peut être utilisé dans l'évaluation de l'enfant dés 6 ans, de l'adulte et de la personne âgée. Une autre figure,  moins complexe, peut être proposée de 4 à 8 ans (figure B).

Cette épreuve donne des indications, à un instant donné, sur le niveau intellectuel et surtout sur l'organisation perceptivo-motrice. Il est indiqué pour évaluer les effets d'un traumatisme cérébral, l'évolution d'une démence chez le sujet âgé mais aussi le développement cognitif de l'enfant.

André Rey dans le laboratoire de psychologie clinique d' l'Institut Jean-Jacques Rousseau.
Le laboratoire d'André Rey, psychologue

Déroulement de l'épreuve

La passation se déroule en trois temps que le psychologue doit énoncer. Les deux première étapes sont chronométrées. Cette utilisation du temps donne des indices lorsqu'il y a une problématique anxieuse, une impulsivité ou un désir de performance.

Tout d'abord, un temps de copie où le clinicien présente horizontalement la carte-modèle à l'examiné. La consigne est simple : "Je vous demande de copier ce dessin". Des crayons de couleurs sont proposés au fur et à mesure de l'avancée pour suivre les étapes de réalisation. Pas de gomme ni de règle.

Puis une pause de trois minutes est observée. Dans un second temps, il est demandé de "réaliser le même dessin sans le modèle", c'est la reproduction de mémoire. Des encouragements sont prodigués pour rassurer le sujet inquiet ou hésitant.

Enfin, vient le moment de l'enquête qui a une dimension projective. On invite l'examiné à reconnaître des schèmes familiers : "Qu'est-ce que cela pourrait être ?"

Il peut être demandé à la personne d'expliquer ou de commenter la manière dont il a procédé.

Cotation et analyse par le psychologue

L'analyse de la copie donne des indications sur la sphère grapho-motrice ainsi que sur le repérage visuel et spatial. La mémoire visuelle immédiate, l'attention, la concentration, la planification, les habilités de construction, le contrôle et l'inhibition sont étudiés. La vitesse d'exécution donne des indication sur la lenteur dans les apprentissages ou bien sur des difficultés à gérer l'impulsivité. Dans l'analyse de la reproduction de mémoire sont éprouvés la sphère mnésique et le contrôle attentionnel.

Bilan psychologique de l'enfant, le test de la figure de Rey donne des indications sur le développement cognitif.
Exemple de réalisations de la figure de Rey, enfant de 10 ans

Les tests de personnalité : Le Patte-Noire

Bilan psychologique enfant

Epreuve projective de personnalité

Test du Patte noire version cocho

Présentation du test du Patte-Noire

 

Le test de Patte-Noire appartient au domaine des épreuves de personnalité dites projectives, comme le test du Rorschach ou le TAT. Il a été élaboré par Louis Corman, psychiatre français inventeur de la morphopsychologie, en collaboration avec le dessinateur Paul Dauce. Sa première parution date de 1961

 

Le test est composé de 19 planches, en noir et blanc, représentant "les aventures de Patte-Noire", un petit animal nommé ainsi à cause de la tâche qu'il a sur la patte et qui le différencie des autres. Une version initiale représentent des cochons. Une autre version, dite parallèle, est disponible où les moutons remplacent les cochons.  Ce test s'adresse aux enfants de 5 à 10 ans.

Le but est de proposer un matériel permettant à l'enfant de s'identifier et de projeter sa problématique interne.

Test de personnalité projectif pour enfant, les aventures de Patte-Noire, version mouton, planche de la relation au père.

La passation du Patte-Noire :

La passation du test se déroule en trois étapes. Dans un premier temps, il est demandé à l'enfant de raconter une histoire. Le choix des planches et leur ordre sont établis par l'enfant. Dans un second temps vient l'épreuve des choix. Le psychologue lui demande de choisir les planches les plus aimées puis celles les moins aimées et de dire qui il aimerait être dans la planche. Enfin, on demande à l'enfant de dessiner "le rêve de Patte-Noire" tel qu'il l'imagine ou bien d'énoncer les trois vœux de la fée.

L'analyse du protocole :

L'ensemble des récits recueillis par le psychologue est nommé "protocole". Comme nous l'avons évoqué précédemment, les tests projectifs partent du principe qu'il n'y a pas de perception neutre mais que tout perception est sous-tendue par un travail d'interprétation propre à chaque individu. C'est ce que l'on entend par mécanisme de projection. L'analyse du récit s'attachera à mettre en avant ces problématiques internes infantiles centrées autour des images parentales et de la fratrie. Divers registres conflictuels seront abordés : l'oralité, la jalousie, l'abandon, la relation au père puis à la mère, la rivalité... Il s'agira également d'observer les mécanismes défensifs mis en place.

Enfin, l'analyse des processus identificatoires, de leur évitement voire de leur refus, contribue à cette analyse dynamique de la personnalité.

Le test du Patte-Noire élaboré par Corman est une épreuve de personnalité dite projective pour les enfants.
Quelques planches du Patte-Noire

Psy actualités : Une jeune fille de 90 ans

L'amour n'a pas d'âge

Une jeune fille de 90 ans

Une jeune fille de 90 ans un magnifique documentaire sur les surprises de la vie, l'amour, l'art, la vieillesse.

Un documentaire de Valéria Bruni Tedeschi & Yann Coridian

Un téléfilm documentaire de la chaîne ARTE

"C'est de la magie", résume Blanche à propos du travail du chorégraphe Thierry Thieû Niang. Chaque jour, pendant une semaine, il a animé un atelier de danse auprès des patients du service de gériatrie de l'hôpital Charles-Foix à Ivry, redonnant vie à leurs frêles silhouettes. Plein de pudeur et d'émotions, ce portrait de groupe montre sans détour, à travers la danse, des corps fatigués, des regards figés : des images parfois douloureuses, adoucies par la rencontre "miraculeuse" du chorégraphe et des personnes qu'il accompagne. Au fur et à mesure des rencontres, Blanche s'éveille et tombe sous le charme du chorégraphe à qui elle adresse une touchante déclaration d'amour :

"Après nous, il n'y a plus personne... Je ne sais pas ce qui m'a trouvé en toi"

Psy actualités : Fête de la science

Fête de la science 2017

Des évènements dans toute la France

Ce qui est prévu en Occitanie du 8 au 16 octobre :

Fete de la science 2017 en occitanie, les évènements sur Montpellier
Pour en savoir plus, cliquer sur l'affiche

Des documentaires en streaming

A l'occasion de cette fête de la science, la chaine ARTE propose 7 documentaires scientifiques disponibles en streaming sur le site internet de l'évènement, du 6 au 15 octobre 2017.

"Le fabuleux pouvoir de l'hypnose" :

Documentaire de Thierry Berrod et Pierre-François Gaudry

"L’hypnose est en train de devenir grâce aux médecins et anesthésistes une thérapie non conventionnelle très en vogue. Si elle est en voie de reconnaissance dans le milieu médical pour l’anesthésie et le traitement de la douleur, peut-elle être aussi efficace pour tous les maux de notre société : phobies, addictions, dépressions, burn-out ?"

"Les étonnantes vertus de la méditation"

Documentaire de Benoît Laborde

"On vante souvent la santé de ceux qui s’adonnent à la méditation. Mais qu’en est-il vraiment ? La méditation, une fois dépouillée des voiles de spiritualité qui l’accompagnent, s’avère un exercice cérébral très bénéfique: antidépresseur, antidouleur, stimulant immunitaire... Des effets dont la science commence à expliquer les fondements. Enquête sur les pouvoirs de la méditation sur le corps."

"Bébés sur mesure"

Documentaire de Raphaël Hitier

"Choix du sexe, des yeux, modification génétique des embryons ... : le bébé sur mesure devient réalité. Derrière la technologie, un business se met en place, et une remise en question profonde de notre vision de la procréation, et finalement de  l’humain. Enquête sur un bouleversement scientifique et sociétal qui s’amorce."

Hypnose médicale, méditation, cannabis sur ordonnance, bébés sur mesures... Les documentaires d'ARTE visibles à l'occasion de la fête de la science.
Lien vers les documentaires

Psy actualités : La crise d'adolescence

Au sortir de l'enfance

Selon le poète Arthur Rimbaud une des voies de sorties de l'adolescence consiste à s'emparer de son "impulsion créatrice"

 

"Ah ! l’égoïsme infini de l’adolescence, l’optimisme studieux : que le monde était plein de fleurs cet été ! Les airs et les formes mourant… — Un chœur, pour calmer l’impuissance et l’absence ! Un chœur de verres, de mélodies nocturnes… En effet les nerfs vont vite chasser."
Arthur Rimbaud, 20 ans, Jeunesse, in Recueil Illuminations, 1873

 

Approche philosophique de l'adolescence

Paul Audi,  "Au sortir de l'enfance", Édition Verdier, 2017

Paul Audi, philosophe et enseignant à l'Université René Descartes à Paris est  l'auteur de divers ouvrages autour de l'éthique et de l'esthétique.

Dans son nouvel essai, il propose une approche philosophique de l'adolescence, sujet le plus souvent abordé par le biais psychologique. Selon lui, l'adolescence n'est pas seulement le début de la puberté ou le passage de l'enfance à l'âge adulte. Il la conçoit plutôt comme une "période de crise, de crise profonde (...) prenant ici le sens d'interruption ou de rupture, de scission ou de séparation."

 

L'adolescence comme moment de vérité :

Selon Paul Audi, l'adolescence est un moment de vérité qui se manifeste par du doute, des interrogations, de la recherche de soi. L'adolescent prend conscience de sa finitude humaine à savoir " de ne pas pouvoir être à l'origine de son être, de ne pas pouvoir décider, ni intellectuellement ni physiquement de sa venue dans la vie". Cette confrontation à "son impuissance quant à sa naissance" dont l'origine ne lui appartient pas le place face à une dette de vie qu'il est possible de traiter de différentes manières selon comment on la considère. L'adolescence peut donc être vue comme un problème à résoudre.

L'adolescence comme moment de vérité quant à soi
Street Art Paris

Le temps d'une décision à prendre quant à soi

Selon le philosophe, de ne pas avoir choisi sa venue au monde l'individu contracte une dette de vie qu'interroge l'adolescent.  Les conduites à risques, la honte, le désespoir seraient des manifestations de cette prise de conscience quant à son impuissance. L'adolescent tout puissant cherche les limites pour le ramener à une dimension supportable de sa propre puissance. C'est un moment de crise car chaque accès de surpuissance est sanctionné par une conscience d'impuissance. Les deux mêlées induisent un état d'interrogation vertigineuse qui amène à douter de soi.

Que faire de la dette ? Et que faire dès  lors de sa vie ?

Selon le philosophe, le sujet se retrouverait a face à trois possibilités de traitement de cette dette de vie :

Une première configuration qu'il nomme "présomption" à savoir une opinion fondée seulement sur des indices, des apparences, des commencements de preuves. L'adolescent cherche à annuler la dette en ayant l'illusion d'une seconde naissance où il ne doit rien à ses géniteurs.

La deuxième voie serait celle de la "consomption" ou de l'effondrement et du dépérissement face à cette prise de conscience de la dette. La figure de Hamlet en est le prototype. Hamlet qui récrimine et rejette  le monde entier car il n'arrive pas à grandir et ne voit pas comment se tirer de cette situation. Au comble du désespoir, il prononce le célèbre "Être ou ne pas être telle est la question."

Et puis "l'assomption", au sens philosophique d'acceptation, comme troisième configuration . Le sujet assume lucidement  la dette et sa finitude. Cet acte le libère et lui ouvre la voie de la procréation et de la création. Et de citer le poète Arthur Rimbaud pour lequel une des voies de sortie de l'adolescence est de s'emparer de son "impulsion créatrice".

 

Que garde t-on de l'adolescence ?

Après s'être posé la question de ce que l'on garde de l'enfance, l'auteur questionne donc le mode de sortie de l'adolescence. Selon Paul Audi, l'individu sort de l'adolescence mais peut, à certains moment de sa vie d'adulte, réactiver et raviver des moments passés à l'adolescence. Le désespoir, l'importance du regard et la honte, la surpuissance qui nous rend ivre de nous  même seraient des réactivations de cette époque.

Street Art Paris Buttes aux Cailles
Street Art Paris Buttes aux Cailles

Psy actualités : Le psychodrame

Psychanalyse & techniques

"Au commencement était l'action", S.Freud in Totem & Tabou

Le psychodrame psychanalytique

Le psychodrame psychanalytique individuel ou groupal est une approche thérapeutique qui permet, grâce au jeu et au faire semblant, de mettre en scène et de représenter des aspects de la vie psychique. Cette thérapie permet notamment au patient d'exprimer ses angoisses et ses craintes à travers des scènes imaginées ou réelles. Il peut être proposé aux enfants, adolescents et adultes.

Les origines du psychodrame  :

Le théâtre de la spontanéité de Moreno :

 

Dans les années 1920, Jacob Lévy Moreno- un psychiatre d'origine roumaine contemporain de Sigmund Freud, passionné d'art dramatique et explorant les phénomènes de groupe- crée à Vienne le « théâtre impromptu » ou « théâtre de la spontanéité ».

Il s'agit d'un théâtre de créativité et d'expression spontanée . Un drame vécu où l'acteur joue, avec ses propres mots, sa propre histoire. Sa technique active se focalise sur le désir de renforcer les capacités d'affirmation de soi.

 

Le psychodrame psychanalytique individuel :

 

Le psychodrame psychanalytique individuel a presque 70 ans, il a été introduit dans l'après-guerre, à l'hôpital des Enfants-Malades à Paris, par Serge Lebovici.

 

Lebovici, comme tout psychanalyste d'enfants était habitué à recourir à des « médiateurs », tel que le jeu, pour pallier à une expression verbale insuffisante chez les enfants. Il utilisait souvent les marionnettes et s'était rendu compte que par ce biais les enfants vivaient des « séquences dramatiques à travers lesquelles leurs pulsions, leurs angoisses, leurs mécanismes de défenses se réalisaient et s'exprimaient avec une authenticité remarquable. » Aussi a-t-il eu l'idée de faire jouer les enfants sans les marionnettes. Ce qu'il nomme d'abord « psychanalyse dramatique de groupe ». Il remarque que dans les traitements individuels, à savoir un enfant et un groupe de thérapeutes, la dynamique est différente. C'est pourquoi, en collaboration avec d'autres psychanalystes, dont René Diatkine, Evelyne et Jean Kestemberg, Lebovici applique prioritairement ce qu'il appelle « psychodrame analytique individuel», au traitement d'enfants gravement perturbés.

 

Dans le même temps, le psychodrame morénien est introduit en France par des psychologues et des psychanalystes formés par Moreno. Ils pratiquent le psychodrame de groupe avec des enfants ayant des difficultés scolaire. L'objectif est d'acquérir une meilleure confiance en soi.

Assez vite, apparaissent des divergences qui ne cesseront d'accroître entre les deux courants de psychodrame. Le psychodrame morénien vise la décharge des tensions et des conflits. Quant au psychodrame psychanalytique individuel, il tend plutôt à la prise de conscience des conflits internes non pas pour les évacuer mais pour en favoriser l’élaboration et ce en aménageant leur représentation sur la scène du jeu. 

 

Les indications pour le psychodrame psychanalytique sont diverses et variées. En effet, cette approche est indiquée pour toutes les personnes qui ont des difficultés à associer librement à savoir à dire ce qui leur traverse l'esprit sans faire de tri et sans à priori (une image, une idée, un rêve, un mot, un sentiment...)

 

Le psychodrame psychanalytique groupal :

Les précurseurs sont Didier Anzieu et Daniel Widlöcher. Le dispositif comprend un groupe de patients et des thérapeutes. Il est surtout pratiqué avec des enfants et des adolescents. Les enfants choisissent un thème et distribuent les rôles. La dynamique de groupe et les différentes identifications sont observées. A ces âges, le groupe des pairs peut avoir une fonction contenante de soutien narcissique et permettre le déplacement des investissements  affectifs jusqu'alors réservés aux parents.

Comment cela se passe t-il ?

 

Un premier entretien a d'abord lieu avec le patient afin de lui expliquer les règles de fonctionnement du psychodrame psychanalytique individuel, notamment le secret professionnel et la règle de la libre association commune à la cure psychanalytique où il s'agit de dire tout ce qui vient comme ça vient. Ici, la règle devient "tout jouer ou tout représenter".

Lors de cette première rencontre, la règle du « faire semblant" , clé de voûte du psychodrame, sera abordée. Au psychodrame, on ne touche pas mais on fait semblant, on ne fait pas mais on mime l'action.

A la suite de cet entretien, si le patient est prêt à s'engager dans la thérapie, une première séance a lieu. Pour ce faire, plusieurs personnes seront impliquées dans ce psychodrame dont le patient, un directeur de jeu qui organise le jeu mais qui ne joue pas et les co-thérapeutes qui feront office d’acteurs. C’est le patient qui proposera la scène à jouer et qui répartira les rôles. C'est le Directeur de jeu qui peut clore la scène ou l'interrompre pour faire une remarque.

Pour en savoir plus :

Pour ceux qui veulent en apprendre d'avantage, le site d'information Psynem propose un riche tour d'horizon du psychodrame et du psychodrame psychanalytique individuel.

Psy actualités : L'enfant et le psy

Rencontre avec le "psy"

Petite sélection de livres pour enfants

Des propositions de livres pour enfants selon les âges afin d'aborder plus sereinement la rencontre singulière avec le "psy" (psychologue, pédopsychiatre, psychanalyste, psychothérapeute). Pour les adolescents, une BD-thèque est également disponible sur le site rubrique "psychanalyse".

"Chez le psy" :

 

Textes de Catherine Dollto et Colline Faure-Poirée. Illustration de Frédérick Mansot. A partir de 3 ans.

 

 

"Parfois, on a l’impression que tout va mal et même si on aime beaucoup ses parents, il y a des choses qu’on n’arrive pas à leur dire. Alors, mine de rien, aller voir un psychothérapeute, ça aide à aller mieux, à aimer la vie et les gens."

 

Éditions Gallimard/ Mine de rien, 2005

 

"Manu et le psy":

D'Éric Englebert, médecin et thérapeute. A partir de 6 ans.

 

 

 

 

 

Le petit Manu est triste et angoissé, ses résultats s'en ressentent. Il pense que le psy est pour les fous mais son meilleur ami le rassure et le conseille d'y aller.

 

Éditions Grasset jeunesse, 2006.

 

 

"Lili va chez le psy" :

De Serge Bloch et Dominique de Saint Mars. Dès 7 ans.

 

"Max et Lili sont bouleversés. Leur chien a disparu... Mais quand il revient, Lili ne va pas mieux... Elle reste inquiète, agressive et ne quitte plus sa mère... Une psy saura-t-elle dénouer le mystère Lili ?"

 

Editions Calligram, 2001

 

"Pierre-Emile et son double chez le psy" :

De Klaus-Peter Wolf, à partir de 9 ans.

"Pierre-Émile est absolument sûr qu'un monstre gargouille dans le radiateur ou se tient à l'affût sur le sofa, déguisé en coussin. Mais ses parents refusent de le croire. Pierre-Émile et son double entreprennent donc seuls le combat contre le monstre. Les événements se précipitent quand tante Olga a l'idée d'envoyer Pierre-Émile chez le psy. Son double, bien sûr, ne va pas le laisser tomber..."

 

Éditeur La Joie de Lire, 2004.

"Anastasia, demande à ton psy !"

De Lois Lowry, roman à partir de 13 ans.

 

 

"Anastasia est bien la seule à devoir supporter des parents qui refusent de faire des choses civilisées, comme jouer au bridge, par exemple. Elle est aussi la seule à devoir supporter un petit frère de trois ans surdoué et tourmenté. Pourquoi faut-il que ce soit elle qui ait à se débrouiller avec des gens aussi bizarres que ça ? Mais un jour, elle comprend que c'est elle-même qui est bizarre... Alors Anastasia prend ses propres intérêts en main : pendant la plus grande partie de son année de quatrième, elle suivra une thérapie avec le plus célèbre docteur du monde, Sigmund Freud en personne."

 

Éditions l’école des loisirs, 1990.

 

Psy actualités : Bédéthèque psy

BD-thèque psychanalyse

Une petite sélection de bandes dessinées

Quelques bandes dessinées autour des "psy" à feuilleter pour le plaisir. Pour ceux qui côtoient le divan mais pas seulement...

"Psychanalyse du bad guy" :

Après avoir allongé sur le divan du psy les super héros, les héros de manga, du western, de l'Antiquité et héros en tous genres, le scénariste Wandrille,  ici accompagné du dessinateur Matt Dunhill, fait le portait psychologique des  plus méchants des méchants et des plus monstrueux des monstres ( Dracula, Hannibal Lecter, le Jocker...).

Éditeur Wraoum.

"Les psy" :

"Les psy" est série humoristique franco-belge dessinée par Bédu et scénarisée par Raoul Cauvin. Crée en 1992, à l'origine pour le Journal de Spirou, la série compte aujourd'hui une vingtaine de numéros ("Quel est votre problème ? / Dites-moi tout ! /Je vous écoute./ Chacun son tour...") . Elle raconte le quotidien d'un psychiatre, le  docteur Médard confronté aux pathologies saugrenues de ses patients qui le poussent à bout : "Ce métier me rendra fou !" Si ses méthodes sont parfois décalées, il ne manque ni de bon sens ni d'inventivité pour venir en aide à ses patients.

Éditions Dupuis.

"Docteur Rorschach" :

De la dessinatrice Vaïnui de Castelbajac qui dit s'amuser " de la capacité qu’on a tous à sur-psychanalyser tout." Sur le divan, du docteur Rorschach, des patients originaux défilent pour confier leurs problèmes existentiels comme ce puzzle dépressif qui craint de ne jamais se reconstruire ou le Père Noel qui ne croit pas en lui. Imperturbable, le docteur les écoute.

Éditions Delcourt.

"Les aventures de Sigmund Freud" :

Les aventures de Sigmund Freud, Bande dessinées, Pschy'Ass, Pr Vitalis et Dr Crouchez

Du Pr. Vitalis et du Dr. Crouchez, cette ouvrage édité en 1973 raconte  la vie de Freud, sur un ton satirique et obscur, de sa naissance dans la petite ville de Moravie à ses débuts en tant que médecin.

Éditions PSYCH'ASS

"Émilie voit quelqu'un : Psy à psy, l'oiseau fait son nid"

"Emile voit quelqu'un, tome 1 : Après la psy, le beau temps"
"Emile voit quelqu'un, tome 1 : Après la psy, le beau temps"

Deux tomes, de la dessinatrice Anne Rouquette avec les textes de Théa Rojzmann, qui dépeint la vie d'une institutrice trentenaire qui après avoir décidé de se prendre en main en démarrant une thérapie qui lui a redonné le sourire, décide qu'il est maintenant temps d'y mettre un terme. Or, tout ne se passe pas comme elle l'avait imaginé...

Éditions Fluide Glacial-Audie.

"Freud, une biographie dessinée" :

Freud : une biographie dessinée. BD psy racontant la vie mouvementée de l'inventeur de la psychanalyse, magnifiquement illutrée.

La vie mouvementée du Docteur  Sigmund Freud,  dans le Vienne des années 1920, fidèlement racontée par la psychanalyste Corinne Maier et magnifiquement illustrée par Anne Simon.

Éditions Dargaud.

"Le divan de la BD" :

Après "Le docteur psy" qui avait pour patients les grands hommes de l'Histoire, Jean-Pierre Dirick livre une parodie de séances de psychanalyse réunissant des Héros de la bande dessinée (Gaston Lagaffe bricoleur maniaco-dépressif, le grand Stroumpf ou le traumatisme du nain de jardin; Joé Dalton ou le complexe de la bande des quatre...).

Éditions Jocker.

"Tintouin chez le psychanalyste" :

Le quatrième album du célèbre psychologue, psychiatre et psychanalyste français, Serge Tisseron. Les lecteurs y retrouvent les mêmes personnages que dans "Bulles de divan" puis "Journal d'un psychanalyste". Leur thérapie a avancé mais ils se laissent toujours surprendre par l'inatendu de leur discours sur le divan.

Chez Calmann-Levy.

"Le retour du Docteur Smog " :

Trois albums des aventures du Docteur Smog du Québécois André-Philippe Côté.

Après "Psychoses &Cie", le psy est de retour avec son sens de l'autodérision bien particulier.

Éditions La Presse.

Sigmund Freud : L'interprétation des rêves

A partir de l'ouvrage  de Freud "L'interprétation des rêves" paru en 1899, le dessinateur de manga et scénariste japonais Variety Artworks suit le cheminement de l'inventeur de la psychanalyse pour élaborer sa théorie du rêve.

Éditeur Soleil.

"Une aventure rocambolesque de Sigmund Freud. " :

Une aventure rocambolesque de Sigmund Freud, bdpsy

Le dessinateur et scénariste Manu Larcenet nous plante un Sigmund Freud qui part en plein Far West à la conquête de l'inconscient américain car "un continent presque neuf à psychanalyser" cela ne se refuse pas.

Éditeur Dargaud

Psy actualités : Congrès médecine & psychanalyse 2018

Médecine & psychanalyse

Pudeur/Impudeur

Congrès en janvier 2018

" Qu'en est-il du geste, de la parole et du regard dans le champ de la médecine, de la psychanalyse et des contacts avec le monde extérieur à l'ère de la révolution numérique? Qu'en est-il de la pudeur, de l'intime, à l'heure où l'impudeur nous guette dès que notre corps est sollicité ?"

Les tests d'intelligence : Echelle de Wechsler adulte, la WAIS IV

LA WAIS IV

Wechsler Intelligence Adulte Scale

Présentation du test psychométrique pour adulte :

La WAIS IV est une des échelles d'intelligence conçues par David Wechsler, psychologue.

Sa première version parut en 1955 puis elle fut régulièrement actualisée notamment pour épouser les avancées du Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders ou DSM).

Le DSM est un manuel  élaboré et révisé par l'association américaine de psychiatrie afin de classer et répertorier les troubles mentaux d'un point de vue exclusivement symptomatique et descriptif.

 

La WAIS IV peut être utilisée chez les sujets de plus de 16 ans. Avant, d'autres échelles existent. Elle est composée de plusieurs subtests qui commencent par un item (une question, un problème) simple, pour progresser vers du plus difficile.

Chaque subtest donne un nombre de points au participant. Lorsque le test est terminé, les points sont transformés en scores par le psychologue. Ces scores correspondent à la performance du participant par rapport à une population générale. Le score global donne ce que l'on nomme le Quotient Intellectuel ou QI.

 

Cependant, comme nous l'avons évoqué précédemment dans notre présentation du test pour enfant et adolescent (WISC V), la notion de QI est à manier avec précaution et ne peut être évaluer que par un professionnel. En effet, le QI n'est qu'un arrêt sur image à un instant donné d'une partie des aptitudes cognitives du sujet testé. Cette notion de QI reste controversée car elle se base sur une définition de l'intelligence comme intelligence générale (facteur G) et ne prend pas en compte les multiples facettes de l'intelligence et la richesse de ses variations socio-culturelles.

 

Un test psychométrique n'a donc qu'un intérêt limité  s'il n'est pas associé à une étude approfondie de la personnalité dans sa finesse et sa globalité. Son analyse quantitative et qualitative réalisées par le psychologue doit également ouvrir sur des pistes de travail constructives pour l'individu évalué.

Structure de la WAIS IV pour adultes :

Structure de la WAIS IV, test d'intelligence de Wechsler permettant notamment de calculer le Qotient Intellectuel (QI) dans le cadre d'un bilan psychologique.
Structure de la WAIS IV

Les tests d'intelligence : Echelle de Wechsler enfant/ado, WISC V

Le WISC V

Test d'intelligence pour enfants & adolescents

Comment définir ce qu'est l'intelligence ?

 Il y a de multiples définitions de l'intelligence selon la référence théorique à laquelle on se réfère, la culture à laquelle on appartient.

Étymologiquement, le mot vient du préfixe latin “inter”, entre, et du verbe “legere” signifiant discerner, démêler, comprendre.

En philosophie, l'intelligence est associée au raisonnement et à la réflexion, en opposition avec l'instinct.

 

De manière empirique, on pourrait dire que l'intelligence est la faculté d'un être vivant de connaître et de comprendre, de s'adapter à son environnement et de trouver des solutions aux problèmes qu'il rencontre. L'intelligence présente de multiples aspects non hiérarchisés, elle est multifonctionnelle : intelligence relationnelle, pratique, créatrice, corporelle, émotionnelle...

 

Depuis ses origines jusqu'à aujourd'hui, les différentes branches de la psychologie se sont attelées à définir l'intelligence.

Pour Jean Piaget, psychologue qui a conceptualisé les stades du développement cognitif chez l'enfant, l'intelligence évolue du concret vers l'abstrait. Selon lui, “l'intelligence ce n'est pas ce que l'on sait mais ce que l'on fait quand on ne sait pas”.

La plupart des théories actuelles réfutent cette idée de Piaget d'une évolution par bonds qui irait vers l'avant. Ces théories, dites évolutionnistes, envisagent plutôt une progression graduelle et quasi continue de l'intelligence, progression marquée d'arrêts, de retours en arrière et de faux pas.

Pour Spearman, psychologue anglais, il existe une seule intelligence générale qui serait la capacité à acquérir des connaissances, à raisonner et à résoudre des problèmes.Toutes ces facultés seraient reliées entre elles. Il existerait un facteur commun à ces activités mentales qu'il nomme facteur G. 

Selon David Wechsler qui a mis au point le WISC et la WAIS très utilisés aujourd'hui par les psychologues, « L’intelligence est la capacité d’un individu à initier des actions dirigées vers un but, à penser de manière réaliste et à interagir efficacement avec son environnement.»     

A l'inverse, Howard Gardner évoque des intelligences multiples ou habilités qui ne seraient pas forcément toutes présentes dans le concept d'intelligence générale.

Les différentes échelles d'intelligence de Wechsler :

David Wechsler, psychiatre américain, a inventé la WAIS pour évaluer l'intelligence.
David Wechsler 1896- 1981

Le Wechsler-Bellevue, conçu en 1939, est la première échelle d'intelligence standardisée construite dans le but d'être appliquée à une population adulte. Elle tient compte des modifications des performances intellectuelles dues au vieillissement.

Son succès a incité son auteur à en faire une révision qui deviendra, en 1950, la WAIS (Wechsler Adult Intelligence Scale). La WAIS est utilisable chez les sujets de plus de 16 ans. Dès 1949, pour les enfants de 6 à 16 ans, Wechsler a mis au point le WISC (Wechsler Intelligence Scale for Children). Enfin, en 1967, une version pour les plus jeunes, le WPPSI ( Wechsler Preschool and Primary Scale of Intelligence) a été crée.

La notion de Quotient Intellectuel ou QI :

 

Le quotient intellectuel, ou QI, est le résultat obtenu à un test psychométrique dans le cadre d'un examen psychologique. Il entend fournir une indication quantitative standardisée de l'intelligence humaine, l'individu étant situé par rapport à une moyenne de personnes dites représentatives. Le QI seul, sans les indices supplémentaires, évalue uniquement l'intelligence générale.

 

 

Cette notion de QI fait l'objet de nombreuses critiques et controverses notamment du fait qu'il n'y ait pas de consensus pour définir l'intelligence. En effet, comme nous l'avons évoqué sa définition varie selon l'approche théorique et il existe d'importantes variations socio-culturelles. Les tests de QI sont donc à prendre avec précaution  en ayant à l'esprit le fait qu'ils ne testent, à l'instant même de la passation, qu'une partie de l'intelligence.

 

En ce sent l'analyse fine des résultats, les observations cliniques lors des rencontres,  les épreuves de personnalité qui sont associées enrichissent la compréhension que se fait le psychologue de la personne qu'il évalue et lui permettent de proposer des pistes de travail à explorer. Le résultat obtenu au QI ne suffit donc pas, c'est tout le travail d'interprétation du psychologue qui donne du sens à ce test.

 

Présentation du WISC V :

Le WISC V est la cinquième et toute dernière édition du test qui a été plusieurs fois révisé depuis sa création. Les révisions tentent de suivre l'évolution des critères du manuel de diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM 5) de l'association américaine de psychiatrie.

Déroulement du bilan psychologique :

Le bilan psychologique débute toujours par un entretien clinique avec l'enfant et ses parents afin de recueillir l'anamnèse, de faire connaissance, de repérer la problématique, d'évaluer la pertinence d'un bilan et les outils à utiliser.

 

Le second rendez-vous est celui du bilan avec l'enfant. En ce qui concerne le WISC V, les cinq  subtests principaux (soulignés en rouge sur le schéma qui suit) sont proposés  pour calculer le Quotient Intellectuel Total qui se réfère à la définition de l'intelligence générale (facteur G). Ces 5 subtests donnent des indices sur les performances du sujet dans chacune des fonctions cognitives explorées (Compréhension verbale, Mémoire de travail, Raisonnement, aptitudes visuo-spatiales et Vitesse de traitement).

Or, il est souvent judicieux d'affiner les résultats en explorant d'autres subtests en fonction de la problématique, des questions qui se posent et des indications à poser.

 

Après avoir dépouillé les résultats et rédiger un bilan écrit comprenant une analyse quantitative et qualitative, le psychologue propose une séance de restitution à l'enfant et ses parents. Cet entretien a pour but d'expliquer les résultats et d'ouvrir sur des pistes de travail constructives. Le bilan écrit pourra servir aux différents intervenants qui accompagnent l'enfant.

Structure du WISC V:

Structure de l'echelle d'intelligence de Wechsler pour enfant et adolescent ou WISC V . Nouvele édition du WISC utilisé dans le cadre d'un bilan psychologique
Structure du WISC V

Psy actualités : Bilan psychologique, la Figure de Rey

Le bilan psychologique

Le test de la Figure complexe de Rey

Le test de la figure complexe de Rey présente deux modèle selon l'âge de la personne évaluée. Le modèle A est proposé à partir de 6ans. Le modèle B dés 4 ans.
Figure de Rey modèles A et B selon l'âge de la personne testée

Présentation du test

Ce test a été élaboré en 1941 par le psychologue suisse André Rey.

La figure A présentée ci-dessus peut être utilisé dans l'évaluation de l'enfant dés 6 ans, de l'adulte et de la personne âgée. Une autre figure,  moins complexe, peut être proposée de 4 à 8 ans (figure B).

Cette épreuve donne des indications, à un instant donné, sur le niveau intellectuel et surtout sur l'organisation perceptivo-motrice. Il est indiqué pour évaluer les effets d'un traumatisme cérébral, l'évolution d'une démence chez le sujet âgé mais aussi le développement cognitif de l'enfant.

André Rey dans le laboratoire de psychologie clinique d' l'Institut Jean-Jacques Rousseau.
Le laboratoire d'André Rey, psychologue

Déroulement de l'épreuve

La passation se déroule en trois temps que le psychologue doit énoncer. Les deux première étapes sont chronométrées. Cette utilisation du temps donne des indices lorsqu'il y a une problématique anxieuse, une impulsivité ou un désir de performance.

Tout d'abord, un temps de copie où le clinicien présente horizontalement la carte-modèle à l'examiné. La consigne est simple : "Je vous demande de copier ce dessin". Des crayons de couleurs sont proposés au fur et à mesure de l'avancée pour suivre les étapes de réalisation. Pas de gomme ni de règle.

Puis une pause de trois minutes est observée. Dans un second temps, il est demandé de "réaliser le même dessin sans le modèle", c'est la reproduction de mémoire. Des encouragements sont prodigués pour rassurer le sujet inquiet ou hésitant.

Enfin, vient le moment de l'enquête qui a une dimension projective. On invite l'examiné à reconnaître des schèmes familiers : "Qu'est-ce que cela pourrait être ?"

Il peut être demandé à la personne d'expliquer ou de commenter la manière dont il a procédé.

Cotation et analyse par le psychologue

L'analyse de la copie donne des indications sur la sphère grapho-motrice ainsi que sur le repérage visuel et spatial. La mémoire visuelle immédiate, l'attention, la concentration, la planification, les habilités de construction, le contrôle et l'inhibition sont étudiés. La vitesse d'exécution donne des indication sur la lenteur dans les apprentissages ou bien sur des difficultés à gérer l'impulsivité. Dans l'analyse de la reproduction de mémoire sont éprouvés la sphère mnésique et le contrôle attentionnel.

Bilan psychologique de l'enfant, le test de la figure de Rey donne des indications sur le développement cognitif.
Exemple de réalisations de la figure de Rey, enfant de 10 ans

Les tests de personnalité : Le Patte-Noire

Bilan psychologique enfant

Epreuve projective de personnalité

Test du Patte noire version cocho

Présentation du test du Patte-Noire

 

Le test de Patte-Noire appartient au domaine des épreuves de personnalité dites projectives, comme le test du Rorschach ou le TAT. Il a été élaboré par Louis Corman, psychiatre français inventeur de la morphopsychologie, en collaboration avec le dessinateur Paul Dauce. Sa première parution date de 1961

 

Le test est composé de 19 planches, en noir et blanc, représentant "les aventures de Patte-Noire", un petit animal nommé ainsi à cause de la tâche qu'il a sur la patte et qui le différencie des autres. Une version initiale représentent des cochons. Une autre version, dite parallèle, est disponible où les moutons remplacent les cochons.  Ce test s'adresse aux enfants de 5 à 10 ans.

Le but est de proposer un matériel permettant à l'enfant de s'identifier et de projeter sa problématique interne.

Test de personnalité projectif pour enfant, les aventures de Patte-Noire, version mouton, planche de la relation au père.

La passation du Patte-Noire :

La passation du test se déroule en trois étapes. Dans un premier temps, il est demandé à l'enfant de raconter une histoire. Le choix des planches et leur ordre sont établis par l'enfant. Dans un second temps vient l'épreuve des choix. Le psychologue lui demande de choisir les planches les plus aimées puis celles les moins aimées et de dire qui il aimerait être dans la planche. Enfin, on demande à l'enfant de dessiner "le rêve de Patte-Noire" tel qu'il l'imagine ou bien d'énoncer les trois vœux de la fée.

L'analyse du protocole :

L'ensemble des récits recueillis par le psychologue est nommé "protocole". Comme nous l'avons évoqué précédemment, les tests projectifs partent du principe qu'il n'y a pas de perception neutre mais que tout perception est sous-tendue par un travail d'interprétation propre à chaque individu. C'est ce que l'on entend par mécanisme de projection. L'analyse du récit s'attachera à mettre en avant ces problématiques internes infantiles centrées autour des images parentales et de la fratrie. Divers registres conflictuels seront abordés : l'oralité, la jalousie, l'abandon, la relation au père puis à la mère, la rivalité... Il s'agira également d'observer les mécanismes défensifs mis en place.

Enfin, l'analyse des processus identificatoires, de leur évitement voire de leur refus, contribue à cette analyse dynamique de la personnalité.

Le test du Patte-Noire élaboré par Corman est une épreuve de personnalité dite projective pour les enfants.
Quelques planches du Patte-Noire

Psy actualités : Du réel au virtuel

Philosophie des jeux vidéo

Cave de réalité virtuelle

Du réel au virtuel et s'il n'y avait qu'un pas...

Olivier Nannipieri, maître de conférences au laboratoire de recherche i3M-Toulon

"Peut-on tomber du sommet d'une colonne virtuelle ? La question peut paraître étrange. Or, immergé dans un environnement virtuel, un individu peut éprouver la sensation paradoxale d'être dans un lieu dans lequel il n'est pas réellement. Brouillant la frontière entre le réel et l'illusion, la réalité virtuelle permet d'expérimenter un type de présence au monde qui ne peut se réduire à une simple illusion mais qui, en même temps, ne peut être réelle. Ainsi, loin d'être seulement une prouesse technologique, la réalité virtuelle n'exige-t-elle pas de repenser notre rapport au monde, qu'il soit réel ou virtuel?"

in Du réel au virtuel. Les paradoxes de la présence

Du réel au virtuel. Les paradoxes de la présence. Olivier Nannipieri, L'harmattan 2017

Les jeux vidéos donnent parfois le sentiment de vouloir mettre la réalité entre parenthèses et de nous faire entrer dans un autre monde. Or, cette "réalité virtuelle", nous fait-elle réellement accéder à une autre réalité ou bien dérive-t-elle d'une croyance, volontaire ou non, de la part du joueur ? Si l'on croit Olivier Nannipieri, la réponse pourrait bien se trouver entre les deux. Nous retrouvons là le philosophe Gilles Deleuze lorsqu'il précise que le virtuel ne s'oppose pas au réel mais à l'actuel (ce qui existe dans le concret), alors que le réel s'oppose quant à lui au possible. Le possible est déjà défini, déterminé, c'est un réel latent auquel il ne manque que l'actualisation.

L'émission radio Les Chemins de la philosophie par Adèle Van Reeth  consacre quatre volets à la philosophie des jeux vidéo.

Les thérapies en réalité virtuelle

Les thérapies en réalité virtuelle, utilisation en TCC

Des sujets à méditer à l'heure où les thérapies en réalité virtuelle se proposent de soigner les phobies (peur de l'avion, des  araignées, vertige...) en ayant recours à des casques de réalité virtuelle qui exposent et immergent progressivement le patient dans des situations qui l'angoissent . Le but est qu'il ait l'illusion d'y être présent.

Cela représente une alternative à l'exposition imaginaire ou en situation (in vivo).

Cette approche, se référant aux modèles des thérapies cognitives et comportementales, doit permettre au sujet de comprendre les mécanismes de son anxiété pour pouvoir la maîtriser.Lorsque cela fonctionne, le patient est désensibilisé.

Pour les psychanalystes, reste la question de l'origine et de la signification de la peur  qui peut, dans le cadre d'un syndrome anxieux,  réapparaitre ou se déplacer si elle n'est  pas suffisamment travaillée. Les comportementalistes refusent cet argument et pensent que si le symptôme se déplace c'est que la thérapie comportementale n'a pas suffisamment multiplier les contextes d'apprentissage et qu'il faut maximaliser le champ d'application.

Psy actualités : Françoise Dolto sur les ondes


Françoise Dolto sur les ondes

Donner la parole aux enfants

"Tous les souvenirs de nos parents, de nos ancêtres sont inclus en nous"

Il y a 40 ans la célèbre pédiatre- psychanalyste, Françoise Dolto était sur les ondes radio.
Françoise Dolto

D'octobre 1976 à octobre 1978, Françoise Dolto, la célèbre pédiatre-psychanalyste française, répond aux questions que les auditeurs lui posent dans leur courrier. L'émission radio diffusée sur France inter, qui s'appelait "lorsque l'enfant paraît "(en référence au titre d'un poème de Victor Hugo), connait un vif succès. En toute simplicité et avec son franc parler, Dolto parle d'éducation, de l'importance de la parole qui circule, de la part de l'inconscient. L'arrivée d'un nouvel enfant  et la jalousie de l'aîné, l’absence temporaire d'un père, les modes de garde, le respect des rythmes de l'enfant... tout autant de questions auxquelles elle apporte son éclairage et qui demeure, quarante plus tard, toujours d'actualité même si elle a fait l'objet de nombreuses attaques et dérives.

"Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille
Applaudit à grands cris.
Son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux,
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,
Se dérident soudain à voir l'enfant paraître,
Innocent et joyeux."

(Extrait du poème de Victor Hugo)

Psy actualités : Consultation gratuite pour les adolescents


Ado en souffrance

Ado en souffrance et le "psy"

Un accès gratuit au psychologue

Expérimentation dans trois régions

L’expérimentation était prévue dans le projet loi de financement de la sécurité sociale pour 2017. Un décret publié au Journal officiel du 7 mai 2017 en précise les modalités.

 

Pendant une période expérimentale de quatre ans, les médecins généralistes, les pédiatres et les médecins scolaires pourront prescrire jusqu'à douze séances remboursées chez un psychologue libéral aux adolescents de 11 à 21 ans, en souffrance psychique.

 

Attention, dans un premier temps, cette expérimentation sera menée exclusivement dans trois régions : l’Ile-de-France, le Grand Est et les Pays-de-Loire.

 

Cela nécessitera le consentement éclairé du jeune ou des titulaires de l'autorité parentale. L'adolescent pourra demander à changer de psychologue en cours de suivi. Le psychologue devra, quant à lui, adhérer à la charte de cette expérimentation.

 

Psy actualités : cinéma


Le psy dans la fiction

Paris, film de Cédric Klapisch

Séance chez le psychanalyste

Psy actualités: Développement de l'adolescent


MOOC Adolescent

Psychologie du développement

Un cours en ligne gratuit et ouvert à tous

L'Université Grenoble-Alpes ouvre ce 8 mars les inscriptions pour  un MOOC sur le développement de l'adolescent (Massive Onpen On line Course). Il s'agit d'un d'un cours collectif en ligne gratuit chapeauté par Christine Cannard, docteure en psychologie de l'enfant et de l'adolescent.

Ouvert à tous, aux familles, aux professionnels autant qu’aux adolescents eux-mêmes, le Mooc sera composé de six modules, proposant chacun cinq vidéos de cinq à sept minutes, suivies de questions pour valider les acquis.

Il se déroulera entre le 5 juin et le 15 juillet 2017, mais les inscriptions seront ouvertes dès aujourd'hui sur la plateforme Fun.

 

"Comment comprendre les comportements des jeunes plongés dans cette période de transition pubertaire qui les confronte à de nouvelles questions identitaires ? Comment s’observent ces changements pubertaires : biologiques, cognitifs, moraux, psychiques et sociaux ? Et comment repérer les spécificités psychologiques de chaque adolescent ? » Autant de question auxquelles répondra ce Mooc, indiquent les services de l’UGA.

Psy actualités : Numérique et psychanalyse :


Michaël Stora

psychanalyste et "psy gamer"


De formation de cinéaste, Michaël Stora est ensuite devenu psychologue et psychanalyste. En 2000, il cofonde l’OMNSH (Observatoire des Mondes Numériques en Sciences Humaines) pour rassembler les chercheurs et publier leurs contributions universitaires. Il se définit comme "psy gamer" c'est-à-dire qu'il utilise les jeux vidéo comme médiation thérapeutique. Michaël Stora est l’auteur de Guérir par le virtuel (Presses de la Renaissance, 2005), Des avatars et des hommes (Anne Carriere Eds) ou encore Télé et jeux vidéos (Nathan, 2010).

 

Dans un article du journal le Monde du 21 juin 2016, il décrivait ainsi son accompagnement thérapeutique :

 

"En tant que psychanalyste, j’utilise ce que l’on appelle la cure par la parole. Il s’agit d’abord de montrer aux patients que je ne méprise pas les univers virtuels dans lesquels ils évoluent. Je les écoute pendant des heures et des heures me parler de World of Warcraft, de Dofus, et maintenant de League of Legends… Je les écoute, je les valorise, et petit à petit, j’essaie de leur montrer qu’il y a de la symbolique derrière la façon dont ils appréhendent le jeu : pourquoi choisir d’incarner un elfe ou un soigneur ? Pourquoi préférer la civilisation pacifiste dans Civilization, et refuser toute dimension guerrière ? Mais la cure par la parole a ses limites, ça ne marche pas toujours. C’est la raison pour laquelle je mène aussi des thérapies de groupe et que je tente d’organiser un atelier spécifique appelé « IRL Experience »."

MOOC digital média

Psychanalyse et jeu vidéo

L’Ecole Professionnelle Supérieure d’Arts Graphiques de la ville de Paris propose des cours ouverts à tous (MOOC). 5 vidéos traitant de l'internet de la réalité virtuelle augmentée, de la domotique, de la recherche concernant le soin par le jeu vidéo...

Psy actualités : Congrès numérique et psychanalyse


Congrès médecine et psychanalyse

Tous connectés : le numérique et le soin

Congrès médecine et psychanalyse

Numérique & psychanalyse : mariage ou divorce?

Danièle Brun, psychanalyste était l'invitée de la Discussion du soir animée  par René Frydman. Ensemble, ils interrogent la place qu'occupe aujourd'hui le numérique dans la relation patient-médecin. Le recours au numérique n'est-il pas un leurre pour répondre provisoirement à un besoin de réponse immédiate face à l'inquiétude que suscite le manque, le vide, la solitude ?

Pour écouter l'émission cliquez sur le logo-lien :

Psy actualités : Emission radio


Adolescence et jeux vidéo

"Le jeu vidéo, ce sempiternel accusé à l'origine du mal-être adolescent "

Chronique radio par Thomas Gaon :

adolescence et monde numérique

Ce 16 janvier, Thomas Gaon psychologue clinicien, administrateur de l'Observatoire des Mondes numériques en Sciences humaines, tenait la chronique des Matins des psys sur France Culture. A travers une vignette clinique, il raconte sa pratique auprès d'adolescents :

"Il y a quelques temps, un jeune garçon de 12 ans est venu me voir avec sa mère. Il m'a serré la main, murmuré un petit bonjour avant de s'asseoir poliment, puis il a fait comme la plupart des enfants, il s'est tu et a écouté les adultes parler de lui."

Psy actualités : Législation et droit à la déconnexion


Loi droit à la déconnexion

Depuis le 1er janvier 2017, l'article 55 de la loi travail ( Article L2242-8 du code du travail, Paragraphe 7), prévoit le « droit à la déconnexion et la mise en place par l'entreprise de dispositifs de régulation de l'utilisation des outils numériques ». L’objectif annoncé de cette législation est « d'assurer le respect des temps de repos et de congé ainsi que de la vie personnelle et familiale » des salariés des entreprises française de plus de 50 salariés. Pour l'application de ces dispositions, le législateur a prévu que l'employeur élabore une « charte » qui « définit ces modalités de l'exercice du droit à la déconnexion ». Un première mondiale qui ouvre, au delà de la question juridique, des champs de réflexion sur la place du travail pour chacun mais aussi en fonction l'influence sociale;  des manières singulières de disposer de son temps et de l'organiser, de la question du libre arbitre...

Pourquoi sommes-nous "accros au smartphone" ?

Psy actualités : la psychanalyse expliquée :


Les étapes d'une analyse

Émission radio

Une série documentaire de Virginie Bloch Lainé, réalisée par Clotilde Pivin et diffusée sur France Culture en septembre 2016. Quatre émissions radio : Pourquoi s'allonger sur le divan ? Comment choisir son psychanalyste ? L'analyste une grande traversée. Et enfin, terminer son analyse. 

En séance, étapes d’une psychanalyse

Choisir son analyste 2/4 :