Diagnostic précoce de l'autisme

Diagnostiquer l'autisme

Recommandations de l'HAS

De l'importance du dépistage précoce

Ce lundi 19 février, l'HAS (Haute Autorité de Santé) a publié de nouvelles recommandations pour dépister, le plus tôt précocement possible, les troubles du spectre autistique chez l'enfant . L'enjeu crucial de cette évaluation est la mise en place d'interventions adaptées et personnalisées limitant la souffrance de l'enfant, favorisant son développement et ses apprentissages. Des signaux d'alertes sont donc à identifier pour poser le diagnostic, le communiquer aux parents puis les orienter vers des offres de soins appropriées. Pour ce faire, il s'agit d'observer finement l'enfant mais aussi de s'appuyer sur ce que les parents et les professionnels de la petite enfance ont pu repérer de significatif. Le diagnostic doit être posé par une équipe de professionnels spécialisés connaissant bien les particularités des troubles.

Les recommandations de l'HAS concernent également les adultes pour lesquels l'HAS préconise l'inclusion en milieu ordinaire.

 

Parcours de l’enfant et de sa famille selon l'HAS  :


Dépression de l'adolescent

La dépression de l'adolescent

 

 

 

« Écoute, je suis un fêlé, un cinglé. Je fous la merde. Je me bats. Je déçois tout le monde. Ouh là, ne contrariez pas Finch. Ça y est, il recommence, il va piquer une crise. Finch et ses humeurs. Finch en colère. Imprévisible. Incontrôlable. Fou. Mais je ne suis pas une liste de symptômes."

 

  in Tous nos jours parfaits de Jennifer Nirven, 2015.

 

 

 

L'adolescence, une période singulière :

L'adolescence est une période de transition et de changements. Le monde interne de l'adolescent est en pleine évolution, ses capacités d'élaboration sont en construction et il peut avoir recours à l'agir ou à la somatisation comme moyen d'expression. L'équilibre est parfois fragile et la communication avec l'adulte n'est pas toujours évidente. L'adolescent ne donne pas sa confiance aisément, il a souvent besoin de jauger l'adulte pour y consentir, de temps pour établir une relation où il puisse se livrer un peu.  Les symptômes de la dépression sont multiples, variés, masqués et souvent à déchiffrer. Pour toutes ces raisons,la dépression peut passer inaperçue.

De la "déprime"ordinaire :

Une des facettes de l'adolescence est la présence de manifestations émotionnelles et affectives intenses, parfois bruyantes et avec de fortes variations. L'adolescent, comparé par Françoise Dolto à un homard en pleine mue, est à fleur de peau. Le corps peut être source d'inquiétudes, de mal être voire d'insatisfaction.

Morose, de mauvaise humeur, boudeur, irritable et triste, l'adolescent a souvent le sentiment de ne pas être compris. Il peut manquer de confiance en lui, douter de ses capacités à réussir, se sentir même incapable et développer un certain pessimisme quant à son devenir. L'ennui, l'impatience de devoir différer la réalisation de certains projets pour le moment inaccessibles teintent ses pensées et ses émotions.

Ambivalent, il oscille entre une demande de protection parentale et une exigence d'émancipation. Les conflits au sein de la famille et ses tentatives parfois houleuses pour se positionner différemment peuvent être source de culpabilité. Enfin, l'idée de mort peut traverser son esprit et le perturber.

Différencier "déprime" et dépression :

L'importance du repérage des troubles dépressifs

Comme nous venons de l'évoquer, le dépistage de la dépression chez un adolescent est une tâche délicate, l'entourage est parfois démuni et il ne faut pas hésiter à recourir à l'aide d'un professionnel compétent si l'on a des doutes (médecin généraliste, psychiatre, psychologue).

 

Différentes séries de facteurs peuvent mettre la puce à l'oreille comme l'intensité des manifestations dépressives, leur durée et leur mode d'apparition.

Cependant, ces repérages peuvent être brouillés, masqués par des comportements à décrypter. L'adolescent dépressif ne se montre pas forcément triste et replié sur lui-même. La dépression peut s'exprimer par une irritabilité, de l'agressivité, de la colère, de l'agitation, des somatisations... Cette complexité du diagnostic du fait de la symptomatologie  polymorphe et la confusion possible avec la déprime ordinaire peuvent avoir pour conséquences la non identification des troubles dépressifs et l'absence de traitement adéquat. Ces dépressions non décelées et non soignées fragilisent l'individu et font le lit de potentielles rechutes dépressives.

 

Comment différencier la "déprime" ordinaire du processus de l'adolescence d'un épisode dépressif ?

 

Ce sont toutes ces caractéristiques qui colorent l'humeur, les pensées et le comportement de l'adolescent que l'on nomme communément "déprime". Cet état ordinaire, transitoire et variable d'un individu à l'autre est constitutif du processus de l'adolescence. La difficulté réside alors dans l'appréciation de ce qui révèle de l'ordinaire et de ce qui peut ou a déjà basculé vers du pathologique nécessitant l'aide d'un professionnel. En effet, si l'adolescence est souvent considérée comme une période "propice à la dépression", il est important de faire la distinction entre une déprime passagère qui n'empêche pas le jeune de poursuivre ses activités avec envie et plaisir d'une véritable dépression de niveaux là encore variables.

Les "warning" à observer :

L'intensité variable des manifestations dépressives :

Le premier facteur permettant de faire la distinction entre l'ordinaire et la maladie est l'intensité des manifestations. Dans la dépression, il ne s'agit plus d'un simple ennui et d'une humeur morose. Le critère premier à considérer est la souffrance morale. Le sentiment de culpabilité peut être accru, la propension à se dévaloriser plus marquée et plus fréquente. Il n'est plus question d'un simple malaise concernant son apparence physique ou de mise en doute à propos de ses capacités intellectuelles. Le point de vue est plus vif, acéré, cinglant et massif. Les idées de mort s'associent à la souffrance morale, à la culpabilité et à la dévalorisation comme une issue pour en finir avec des éprouvés et des pensées insolubles.

La durée des manifestations dépressives :

Pour différencier une "déprime" ordinaire passagère d'un épisode dépressif à proprement dit, la durée des manifestations dépressives est un indice concret et pertinent. Une plainte répétitive voire continue qui dure depuis 15 jours où il est question de culpabilité, de tristesse, de dévalorisation doit être prise au sérieux. Des troubles soudains du sommeil et de l'alimentation sont également des indicateurs.

 

La survenue brutale et inattendue des troubles :

Un changement brutal du comportement de l'adolescent et l'apparition inattendue d'émotions massives (anxiété, agitation, agressivité, colère  ou bien retrait, inhibition, ralentissement moteur et de la pensée. )  sont des signaux d'alerte. La perte d'envie et l'absence de plaisir sont des paramètres importants.

Les effets de la dépression à l'adolescence :

La dépression non traitée peut avoir des effets sur la vie de l'adolescent dans les différents domaines qui la composent. Là encore, le mode d'expression est varié et singulier d'une personne à une autre.

Difficultés scolaires, diminution de l'estime de soi :

La dépression fatigue et agit sur les capacités cognitives. L'attention, la concentration, la mémorisation sont plus difficilement mobilisables. La dépression induit une perte de l'envie et du plaisir qui peuvent se traduire par un désinvestissement scolaire. L'ensemble atteint la confiance en soi, attise les sentiments d'incapacité et d'inutilité. La pensée est obscurcie,  la  perception de l'avenir, des autres, de soi subit ce filtre noir qui peut mener au désespoir. C'est comme si le sujet portait des lunettes noires en pensant être dans le vrai.

 

Dans la dépression, la perception de soi, des autres, du monde, de l'avenir est comme obscurcie par des lunettes noires.

Les conduites à risques :

Les appels à l'aide sont plus ou moins clairs et plus ou moins lisibles. Les proches ne sont pas toujours les mieux placés pour identifier clairement la problématique et les moyens de la traiter. De plus, les conduites à risques et les comportements violents ne sont pas toujours perçus comme l'expression d'un mal être.

Ainsi, les fugues ou leur évocation sont souvent des sonnettes d'alarme à considérer attentivement. La consommation d'alcool ou de drogue peut être une tentative de l'adolescent d'éviter ses émotions négatives alors qu'il ne fait que les aggraver. De la même manière, l'adolescent peut se réfugier dans une utilisation excessive et addictive du numérique (internet, jeux vidéo...) qui ne fait que creuser son isolement et sa dépression. Les accès de violence, les comportements dangereux ou imprudents sont des signaux de détresse psychologique qui nécessitent une aide. Enfin, lorsqu'un adolescent se scarifie ou s'inflige des brûlures cutanées, ces comportements signent des difficultés identitaires. Ils sont quasiment toujours associées à des troubles dépressifs et indiquent un risque suicidaire ("J'ai besoin de me faire mal pour aller mieux et c'est plus fort que moi").

 

L'adolescent suicidaire

Le suicide fait partie des risques potentiels de toute dépression. En France, il est la seconde cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 24 ans.  Le fait qu'un adolescent évoque le suicide ou qu'il ait des conduites dangereuses sont à considérer comme de véritables  appels à l'aide.

 

 

 

 

"- Qu'est-ce que tu fais là, mon pauvre chou ?

A ton âge on ne connaît pas encore les souffrances de la vie !

 

- Manifestement, Docteur, vous n'avez jamais été une fille de 13 ans."

 

 

  In The Virgin Suicides, Jeffrey Eugenides, 1999.

 

 

 

                 Dessin de Haenuli

 

Traiter la dépression

Lorsqu'un adolescent va mal, il ne faut donc pas hésiter et tarder à demander l'aide d'un professionnel. Le médecin traitant est un interlocuteur privilégié qui peut recevoir les interrogations, proposer des solutions adéquates et orienter vers les spécialistes du fonctionnement psychique que sont les psychiatres et les psychologues.

 

Dans un premier temps, il est essentiel d'évaluer précisément le niveau de  dépression, son contexte, d'observer la présence éventuelle d'autres troubles.

Il s'agit également d'enrayer le risque suicidaire. Selon le type de dépression et son intensité, un traitement pharmacologique peut être prescrit mais il n'est pas toujours nécessaire. L'établissement d'un lien de confiance avec l'adolescent et ses proches doit favoriser le dialogue et la mise en place d'un suivi  personnalisé.  L'empathie, la bienveillance et les compétences du professionnel sont des préalables à l'instauration de ce lien.

 

Une proposition thérapeutique complète et adaptée vise à traiter l'épisode dépressif actuel, à identifier et à travailler les divers composants environnementaux et psychiques qui l'ont provoqués, à accompagner des remaniements et ouvrir vers des perspectives d'avenir.

 

Traiter la dépression de l'adolescent

Lecture :

"La souffrance des adolescents"

de Denis Bochereau & Philippe Jeammet

 

 

 

"Il n'est pas toujours facile de distinguer une souffrance " normale" d'une pathologie nécessitant un traitement. C'est l'un des buts de ce livre : aider les parents à comprendre leurs adolescents et repérer certains signaux d'alerte pour lesquels il est préférable de consulter. Édité en collaboration avec la Fondation de France et l'Unafam (Union nationale des amis et familles de malades psychiques), ce livre se veut une réponse aux nombreuses questions des parents concernés, pour les accompagner au mieux dans leur difficile cheminement."


Moi, Ça et Surmoi

Moi, Ça et Surmoi

Comprendre le rôle des trois instances psychiques qui forgent notre personnalité : le Moi, le ça et le surmoi en psychanalyse. Qu'est-ce que la première et la seconde topique freudienne ?

Vous avez dit topiques ?

De la première topique freudienne à la seconde :

Sigmund Freud a élaboré deux conceptions de l'appareil psychique que l'on nomme topiques. Le terme "topique" vient du grec topos qui signifie "lieu". En effet, il s'agissait pour Freud d'expliquer le fonctionnement mental humain en situant concrètement et visuellement ses divers constituants psychiques, leurs interactions et leurs fonctions.

 

En 1900, dans "l'interprétation des rêves" (chapitre VII), Freud expose sa théorie de la première topique en divisant l'appareil psychique en trois systèmes : Conscient, Préconscient et Inconscient. Ces trois régions de l'appareil psychique ont leurs propres caractéristiques, leur fonctionnement et leurs modes d'interaction. Entre chaque lieu, Freud décrit des censures ou frontières qui inhibent et contrôlent le passage de l'un à l'autre.

A partir de 1920, Freud complète et enrichit cette première conception avec la seconde topique.  Ainsi, après avoir décrit les systèmes en jeu, Freud propose une  cartographie des grandes instances psychiques qui opèrent en chacun de nous et forment notre personnalité.

Définition de la deuxième topique Freudienne

Les trois grandes instances de l'appareil psychique :

 

A partir de la découverte de l'importance des diverses identifications dans la formation de la personnalité, Freud déploie une théorie où trois instances psychiques interviennent avec leurs spécificités. Cette approche tendrait à décrire la manière dont le sujet se construit et se conçoit lui-même.

Définition, explication simpe et schéma de la seconde topique freudienne. Psychanalyse et  les trois grandes instances de l'appareil psychique.  Schéma Moi/ ça/ surmoi. Explication simple et définition de la seconde topique de Freud.

Le Ça ou le grand réservoir des pulsions :

Le ça ( en anglais Id) est le lieu des pulsion, notamment de la libido (pulsions sexuelles). Il ignore les jugements de valeurs, la morale, le bien ou le mal. Son fonctionnement est régi par le principe de plaisir, il n'a que faire du principe de réalité et pousse à la jouissance.

 

Au début de la vie, le Ça est la première instance, avant l'apparition de la conscience de soi.  C'est donc une instance archaïque d'où découlent les autres instances. Pour expliquer simplement, Freud écrit :  « Le Moi représente ce qu'on appelle la raison et la sagesse, le Ça, au contraire,est dominé par les passions. »

 

On entend par principe de plaisir, le fait que les pulsions ne cherchent qu'à s'écouler par les voies les plus courtes. Ainsi, l'ensemble de l'organisation psychique tend, par le principe de plaisir, à éviter le déplaisir (augmentation de l'excitation pulsionnelle) et procurer du plaisir (réduction de la quantité d'excitation et apaisement) . Il s'agit donc là d'un fonctionnement économique d'auto-régulation des excitations quand bien même certaines tensions peuvent être agréables. Les pulsions feraient progressivement l’apprentissage de la réalité qui seul leur permet, à travers les détours et les ajournements nécessaires, d’atteindre la satisfaction cherchée. Du fait de cette logique de satisfaction immédiate du plaisir qui n'a que faire du temps ou de la réalité, le ça entre en conflit avec les autres instances psychiques que sont le moi et le surmoi.

 

Dans la psychanalyse, le ça est le grand réservoir des pulsions. Il ne connait ni le mal ni le bien et obéit à une logique qui lui est propre.
Le ça, réservoir des pulsions

"C’est la partie la plus obscure, la plus impénétrable de notre personnalité. [Lieu de] Chaos, marmite pleine d’émotions bouillonnantes. Il s’emplit d’énergie, à partir des pulsions, mais sans témoigner d’aucune organisation, d’aucune volonté générale; il tend seulement à satisfaire les besoins pulsionnels, en se conformant au principe de plaisir. Le ça ne connaît et ne supporte pas la contradiction. On y trouve aucun signe d’écoulement du temps."

 

Sigmund Freud

 


Le ça est la partie obscure de notre personnalité. Définition de l'appareil psychique freudien et explication des deux topique psychanalytiques.

Le Moi, la pauvre créature qui doit servir trois maîtres :

Le Moi (en anglais Ego) est une partie du ça qui a subi une différenciation particulière en étant au contact avec la réalité extérieure . C'est l'instance psychique à laquelle se rattache la conscience et c'est lui qui communique avec le monde extérieur. Son rôle est de préserver l'équilibre psychique du sujet en s'adaptant aux contraintes de la réalité extérieure. Une partie du Moi accède à la conscience alors qu' une autre partie est infiltrée par l'inconscient du fait des ressentis internes. Le moi est donc à la fois conscient et inconscient.

 

C'est le Moi qui contrôle et exerce un droit de censure notamment sur les rêves. Il participe à la mise en œuvre du mécanisme de refoulement qui permet de maintenir dans l'inconscient ce qui le dérange. En effet , le Moi s'efforce de substituer le principe de la réalité au principe du plaisir qui seul affirme son pouvoir dans le Ça. Le principe de réalité est associé au principe de plaisir qu'il vient réguler. De ce fait,  il tend à ajourner la satisfaction immédiate du plaisir en lui proposant des voies moins courtes en adéquation avec la réalité extérieure. D'un point vue économique, le principe de réalité transforme l'énergie pulsionnelle libre (processus primaires) en énergie liée (processus secondaire).

Ainsi, dans la théorie psychanalytique, la notion de principe de plaisir est donc toujours couplée à celle de principe de réalité. Toutefois, il apparaît qu'ils peuvent être en contradiction, notamment dans le rêve qui vise à l'accomplissement d'un désir inconscient  et qui répond à une toute autre logique.

 

"Le Moi n'est pas maître dans sa propre maison" et  Freud le définit comme une "pauvre créature" qui souffre car elle subit « la menace de trois dangers, de la part du monde extérieur, de la libido du ça et de la sévérité du surmoi ".  Ce tiraillement du Moi, compte tenu de son rôle de médiateur, fait de lui le lieu de l'angoisse quand il est débordé et de la culpabilité quand il échoue dans sa mission. Le symptôme est alors considéré comme l'expression d'un compromis entre des désirs, des défenses et des interdits contradictoires (exemple : conflit psychique entre des désirs  du ça et des exigences morales opposées).

 

Dans la théorie freudienne, le moi est les serviteur de trois grandes forces que sont le ça, le surmoi et la réalité extérieure.

 "Un adage nous déconseille de servir deux maîtres à la fois. Pour le pauvre moi la chose est bien pire, il a à servir trois maîtres sévères et s'efforce de mettre de l'harmonie dans leurs exigences. Celles-ci sont toujours contradictoires et il paraît souvent impossible de les concilier ; rien d'étonnant dès lors à ce que souvent le moi échoue dans sa mission. Les trois despotes sont le monde extérieur, le surmoi et le ça."

 

S. Freud, La décomposition de la personnalité psychique,

in Nouvelles conférences sur la psychanalyse, 1936


Seconde topique freudienne, le moi pauvre créature aux prises avec le ça et le surmoi.

 

« Les désirs qui n’ont jamais surgi hors du Ça, de même que les impressions qui y sont restées enfouies par suite du refoulement, sont virtuellement impérissables et se retrouvent, tels qu’ils étaient, au bout de longues années. Seul, le travail analytique, en les rendant conscients, peut parvenir à les situer dans le passé et à les priver de leur charge énergétique; c’est justement de ce résultat que dépend, en partie, l’effet thérapeutique du traitement analytique. »

 

S.Freud,

Nouvelles conférences de psychanalyse.

 


Le Surmoi ou le Juge Suprême :

Le Sur-Moi (en anglais Super-Ego) est une entité à part entière à l'intérieur du Moi. Il est l'héritier des interdits et des normes parentaux. Il est également le descendant du Surmoi de nos parents. C'est la Loi intérieure qui dicte ce qui est bien ou mal. Sévèrement voire même  cruellement, il  juge, censure et punit le Moi aux prises avec les exigences pulsionnelles du ça. En venant contrer le ça, le Surmoi joue également un rôle protecteur de l'équilibre psychique et de prise en compte d'autrui. C'est cette petite voix qui résonne et nous dit  qu'il ne faut pas ou que l'on doit. Le Surmoi ouvre la voie vers  un Idéal que le sujet s'efforce de rattraper. Cependant, un Surmoi trop fort peut se transformer en bourreau qui fait souffrir. Il devient alors générateur d'un fort sentiment de culpabilité et de dépréciation de soi. Le travail de la cure psychanalytique, par la mise en mots et la compréhension de soi-même, peut alors permettre d'en adoucir les contours.

 

Dans la seconde topique psychanalytique, le Surmoi est cette instance psychique qui juge, contrôle, punit et protège le moi.

 "Le surmoi sévère ne perd pas de vue le Moi et, indifférent aux difficultés opposées par le ça et le monde extérieur, lui impose les règles déterminées de son comportement. S'il vient à désobéir au surmoi, il en est puni par de pénibles sentiments d'infériorité et de culpabilité. Le moi ainsi pressé par le ça, opprimé par le surmoi, repoussé par la réalité, lutte pour accomplir sa tâche économique, rétablir l'harmonie entre les diverses forces et influences qui agissent en et sur lui : nous comprenons ainsi pourquoi nous sommes souvent forcés de nous écrier : "Ah, la vie n'est pas facile !" "

 

  S. Freud, in La décomposition de la personnalité psychique,

 


Schéma explicatif simplifié de la première et de la seconde topiques Freudienne, en psychanalyse.  Définition des 3 systèmes : Conscient/ Préconscient/ Inconscient  et des 3 instances psychiques : Moi/ça / Surmoi
Schéma simplifié de l'appareil psychique avec les deux topiques freudiennes

L'Idéal du moi, un agglomérat d'identifications :

 

Au départ, Freud ne fait pas de distinguo entre Surmoi et Idéal du moi. Puis, ses études sur le narcissisme, l’emmèneront à préciser cette notion. L'Idéal du moi est l'instance qui fait converger les identifications aux parents et le narcissisme (idéalisation du moi nommée Moi idéal).

 

En effet, l'idéal du moi d'une personne est un assemblage, un patchwork de modèles pris au départ dans l'environnement familial puis dans tous les environnements que le sujet peut côtoyer (amical, professionnel, culturel...). Il se construit donc, par identifications, à partir de relations d'objets, c'est-à-dire de personnes aimées et souvent idéalisées. C'est un modèle auquel le sujet cherche à se conformer. Cette instance sert en partie les exigences du Surmoi en dictant au Moi les conduites à suivre pour réaliser ses attentes.

Définition et explication de l'idéal du moi dans la théorie psychanalytique.  L'idéal du moi est l'association de ce que nous projetttons comme image idéale à atteindre et de l'assimilation des interdits parentaux. Idéal du moi et Surmoi.

 

" Les effets des premières identifications, qui ont lieu au tout premier âge, garderont un caractère général et durable. Cela nous amène à la naissance de l'idéal du moi, car derrière se cache la première et la plus importante identification de l'individu : l'identification au père de la préhistoire personnelle. C’est une identification directe, immédiate, plus précoce que tout investissement d’objet."

 

                   S.Freud, Le moi et le sur-moi

                                                     in Le moi et le ça, 1923.

 


Orientation après le lycée

#TrouveTaVoie

MOOC à destination des lycéens

Une aide pour choisir son orientation

Ce nouveau MOOC ( de l'anglais Massive Open Online Course) est un enseignement en ligne gratuit et ouvert à tous.  A travers 7 modules, il aide le lycéen de classe, de 1ère ou de terminale, à préparer son parcours post bac. ChoisirSaVoie aide à faire ses choix en se posant les bonnes questions et en apportant des réponses à certaines (financement des études, logement...). DécrocherSaPlace aborde les outils nécessaires aux inscriptions (utilisation de la plate forme de préinscription Parcoursup, lettre de motivation..).

Un MOOC également intéressant  pour tous ceux qui s'intéressent à l'orientation de près ou de loin (parents, enseignants, professionnels qui accompagnent les adolescents...)

Le psy au cinéma

La maison du Dr Edwardes

Un thriller psychanalytique :

 

La maison du Docteur Edwardes (en anglais, sous le titre « Spellbound » qui signifie envoûté) est un thriller qui s'inspire de la psychanalyse. Il fut réalisé, en 1945, par le maître du suspens Alfred Hitchcock à partir du roman de Francis Beeding. Quatre ans seulement après la mort de Sigmund Freud, le film est imprégné de sa théorie même si les critiques ont reproché à Hitchcock sa vision quelque peu simpliste.

 

 

Cinéma et psychanalyse

Synopsis :

Constance Petersen (Ingrid Bergman) est médecin psychiatre dans un hôpital psychiatrique dont le directeur est parti à la retraite. Son successeur, le Docteur Edwardes ( Gregory Peck) arrive pour prendre ses fonctions. Dés son arrivée, Constance tombe sous son charme. Cependant, très rapidement, elle s’aperçoit de bizarreries dans son comportement et le soupçonne d'avoir usurpé l'identité du Docteur Edwardes. Se pose alors la question de savoir qui il est réellement... L'intrigue sera résolue grâce aux réminiscences du prétendu Docteur Edwardes et à l'analyse de son rêve dont la séquence surréaliste a été dessinée par Salvador Dali.

Dyslexies

Dyslexies

Définition dyslexie

Quelques mots pour définir la dyslexie :

Selon l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), la dyslexie est un trouble spécifique de la lecture. Il s'agit également d'un trouble persistant de l’acquisition du langage écrit caractérisé par de grandes difficultés dans l’acquisition et dans l’automatisation des mécanismes nécessaires à la maîtrise de l’écrit (lecture, écriture, orthographe...).


Ces troubles se distinguent d’un simple retard d’acquisition, d’un problème auditif ou visuel,  d’un problème d’élocution ou du bilinguisme. Les troubles persistent dans le temps, c’est pour cela que l’on parle de trouble durable.  La dyslexie apparaît par ailleurs dans tous les milieux socioculturels. Toujours selon l'OMS, ce trouble toucherait 8 à 10% des enfants et plus fréquemment les garçons. Des méthodes de dépistage et de rééducation existent, notamment au niveau orthophonique. Il s'agit alors de favoriser la mise en place de stratégies de compensation et de consolider les aptitudes altérées.

Un film d'animation :

"JE SUIS DYSLEXIQUE" est un court métrage d'animation dirigé par un étudiant, produit et écrit par Mads Johan Øgaard et Jatie Wyman. Le film aborde avec beaucoup de sensibilité le quotidien d'un enfant dyslexique. Il dépeint les difficultés rencontrées et  la souffrance que l'on peut ressentir lorsqu'on a une manière différente d'apprendre dans un système scolaire pas toujours en adéquation.

 

Un peu de lecture divertissante

En cette fin d'année,

Sigmund Freud Pop Art
Sigmund Freud Pop Art

Une petite sélection de livres en tous genres :


"Mensonges sur le divan", Irvin D.Yalom, Points, 2007 :

Irvin David Yalom est un écrivain américain. Il a mené une double carrière de psychiatre et d’animateur de thérapies de groupe.

 

Psychanalyste reconnu, Ernest Lash est en proie au doute: en se montrant plus proche de ses patients ne parviendrait-il pas à de meilleurs résultats ? Quand Carol Leftman, brillante et séduisante avocate, entre dans son cabinet, il met en pratique sa nouvelle théorie. Mauvaise pioche : Carol, convaincue que son mari l'a quittée sur les conseils dudit psychanalyste a décidé de le piéger...

 

"Elle regarda de nouveau le divan et se dit que mentir serait un jeu d'enfant".


"Le psychanalyste" Leslie Kaplan, Gallimard Folio, 2001 :

Leslie Kaplan est une écrivaine française. Elle a fait des études de philosophie, d'histoire et de psychologie.

 

Quel meilleur poste d'observation que le cabinet d'un psychanalyste ? Simon voit défiler sur son divan tant de ses semblables blessés par la vie : le gros Édouard étouffé par l'amour maternel ; Jérémie qui crève de solitude depuis le départ de Georges ; Marie, Sylvain et tous les autres dont les confessions fragmentées finissent, à la manière d'un puzzle, par refléter la réalité. En contrepoint, Eva s'efforce de penser le monde et la vie en lisant et relisant sans cesse Kafka.

 

"Le langage creuse en nous une distance paradoxale, une distance qui nous divise et nous sépare de nous-même : car avant de pouvoir les utiliser à son tour, l’homme est littéralement fait, fabriqué, par les mots, et les mots sont la peau des rêves."


"Les gens sont les gens", Stéphane Carlier, Pocket, 2014 :

Stéphane Carlier est un écrivain français. Après une hypokhâgne et une maîtrise d’Histoire, il a d'abord été pigiste dans diverses rédactions parisiennes puis s'est consacré à son métier d'écrivain.

 

Nicole Rivadavia est une psychanalyste parisienne de 57 ans au bout du rouleau. Foufou est un porcelet de six semaines enfermé dans une cabane au fin fond de la Bourgogne. Ce livre raconte leur improbable rencontre, et comment ils vont se sauver l’un l’autre...

 

"Il a un nom votre cochon ?
- Oui, Foufou.
- Foufou ?
- Oui. F.O.U...
- Pas la peine d'épeler. Si je peux me permettre, j'ai rarement entendu un nom aussi débile, même pour un cochon.
- Je sais, mais... Ils sont jeunes, ils sautent partout, alors on les appelle Foufou !"


"L'analyste", John Katzenbach, Pocket, 2002 :

John Katzenbach est auteur américain de romans policiers. Il a également été chroniqueur judiciaire.

 

«Heureux 53e anniversaire, docteur. Bienvenue au premier jour de votre mort.» Lorsque lui parvient cette mystérieuse lettre de menace, l'existence jusqu'alors prévisible du docteur Starks bascule dans le chaos. Ce psychanalyste à succès se trouve subitement entraîné dans un jeu morbide...

 

"C'est un des aspects les plus curieux de la psychanalyse : celui qui veut la pratiquer doit se soumettre au traitement qu'il infligera plus tard à ses patients. Un cardiologue n'est pas obligé de se faire opérer par un confrère dans le cadre de sa formation."

 

 


Le sommeil

Qu'est-ce que dormir ?

Hypnos est le dieu grec du sommeil, chez les Romains il est connu sous le nom de Somnus.
Hypnos, dieu grec du sommeil, fils de Nyx déesse de la nuit

Une petite histoire à dormir debout

Dans la mythologie grecque, Hypnos est le dieu du sommeil. Il est le fils de Nyx déesse primordiale de la nuit et le frère jumeau de Thanatos personnification de la mort.

Hypnos est le gardien de la nuit car lui seul reste éveillé. Héra lui demande même d'endormir son époux, Zeus le tout puissant. Elle nomme Hypnos "Maître des hommes et des dieux" puisqu'il a le pouvoir de tous les endormir même le dieu Océan.

On reconnait Hypnos grâce à ses attributs : des fleurs de pavot soporifiques dans la main et une paire d'ailes qui lui permettent de se déplacer rapidement d'un bout à l'autre de la Terre. Il demeure avec son frère dans une caverne obscure sur l'île de Lemnos, au bord du fleuve Léthé nommé également fleuve de l'oubli.

Hypnos est le père d'un millier d'enfants. Dans certains mythes, Morphée, divinité des rêves prophétiques, serait un enfant qu'Hypnos aurait eu avec Nyx, sa propre mère  ! Dans d'autres mythes, Morphée aurait été auto-engendré par Nyx la déesse de la nuit. Pour endormir les mortels, Morphée prend la forme des êtres qu'ils chérissent. Puis il les effleure avec des fleurs de pavot. Alors qu'ils rêvent, il leur suggère ses prémonitions.

 

Dans les bras de Morphée divinité du rêve et fils d'Hypnos
Dans les bras de Morphée divinité du rêve et fils d'Hypnos

Définition du sommeil :

Le sommeil est l'état opposé de l'éveil. C'est un état physiologique  complexe contrôlé par le cerveau. Pendant cette période de repos, on constate une réduction de notre conscience du monde extérieur sans qu'il y ait une perte de sensibilité sensorielle comme dans le coma. Ce processus dépend de facteurs internes et externes. L'alternance jour/nuit induit des changements hormonaux mais aussi au niveau des neurotransmetteurs. Ainsi, lorsque la nuit tombe et que la lumière baisse, l'hormone qui favorise l'endormissement, la mélatonine, est secrétée en plus grande quantité par l'épiphyse. Par la-même, nous pouvons comprendre que les écrans soient contre indiqués puisque la lumière qu'ils diffusent empêchent la sécrétion de cette hormone du sommeil qui se libère en l'absence de lumière.

A quoi sert le sommeil ?

Communément l'on dit que le sommeil est réparateur. En effet, le sommeil permet de reposer le corps, favorise l'immunité avec la sécrétion d'hormones et la régénération des cellules. C'est également pendant le sommeil que l'hormone de croissance est secrétée. De multiples fonctions du sommeil restent encore à découvrir mais il interviendrait dans les apprentissages et les processus de mémorisation (traitement des informations et assimilation). De plus, dormir suffisamment permet de mobiliser son attention dans les tâches quotidiennes. Enfin, le sommeil influe sur notre humeur. Un manque accentué de sommeil et la fatigue engendrée qui s'accumule peut même induire un état dépressif.

 

A quoi sert le sommeil ? Quelles sont les 4 phases d'un cycle de sommeil ?
Tableau de Toulouse-Lautrec, Le lit, 1892

Le cycle du sommeil et ses quatre phases :

Un cycle de sommeil comprend quatre phases qui ont chacune un rôle spécifique. Une nuit comporte 4 à 6 cycles qui se succèdent. Chaque cycle est entrecoupé d'un moment de semi-réveil nommé" latence". Dans cette période intermédiaire, soit l'on se réveille soit l'on repart pour un nouveau train. La fréquence et la longueur des cycles varient d'une personne à une autre et selon les périodes de la vie. Comprendre et connaître le fonctionnement du sommeil en général  ainsi qu'identifier et être à l'écoute de ses propres rythmes  sont souvent profitables.

 

Le train du sommeil permet de repérer et de comprendre les différentes phases d'un cycle de sommeil.

1ere phase : L'endormissement ou la porte vers le sommeil

Cette phase permet la détente corporelle favorisant le sommeil. D'abord la somnolence puis l'assoupissement. Le tonus musculaire et le rythme cardiaque diminuent. Cette phase représente environ 5% du temps total de sommeil. Au-delà de 20 minutes, des difficultés d'endormissement peuvent être évoquées.

2ème phase : Le sommeil lent léger

A ce stade, on repère l'apparition d'ondes lentes au niveau du cerveau. C'est le début de la récupération de l'organisme. Peu à peu, la respiration se régularise, les mouvements oculaires et le tonus musculaire diminuent. La personne est encore très sensible à son environnement extérieur (bruit, lumière...) et peut être facilement réveillée. Cette phase représente 20% du temps total. En vieillissant, ce temps augmente au détriment du sommeil lent profond et du sommeil paradoxal.

Lorsque l'on a une dette de sommeil, il est recommandé de faire une micro sieste quotidienne de 20 minutes maximum. Il s'agit alors de rester dans un sommeil léger réparateur sans pour autant commencer un cycle de sommeil complet qui risquerait d'avoir des conséquences sur l'endormissement du soir.

 

3ème phase : Le sommeil lent profond

Cette phase commence par un moment de transition entre le sommeil léger et le sommeil profond. Déjà le dormeur est plus difficile à réveiller. Le fonctionnement des activités vitales ralentit. Les rythmes cardiaque et respiratoire diminuent, les mouvements oculaires et l'activité musculaire disparaissent, la température corporelle baisse. Au niveau cérébral, on observe des ondes électriques très lentes.

C'est au cours de cette phase qu'est produite l'hormone de croissance qui permet aux enfants de grandir. C'est aussi à ce moment que les défenses immunitaires sont renforcées et que les informations s'ancrent dans la mémoire. Le sommeil lent profond représente 40% du temps total de sommeil. C'est au cours de cette phase que peuvent survenir les terreurs nocturnes ou le somnambulisme, notamment chez l'enfant qui n'en gardera aucun souvenir contrairement aux cauchemars.

4ème phase : Le sommeil paradoxal

C'est le moment privilégié des rêves et des cauchemars notamment ceux qui sont les plus élaborés. L'appellation paradoxal vient du paradoxe entre des caractéristiques du sommeil profond (faible tonus musculaire) et des signes d'éveil (ondes cérébrales  et mouvement oculaires rapides). Cette phase permet notamment la maturation du système nerveux. Dans les premiers cycles de la nuit, la phase est moins longue et augmente progressivement pour représenter 20% du temps total de sommeil.

Les besoins de sommeil aux différents âges :

Les besoins en sommeil varient selon les âges de la vie mais aussi d'un individu à un autre.

Le nombre d'heures de sommeil recommandées selon les âges de la vie.

Les troubles chroniques du sommeil :

Les troubles chroniques du sommeil, c'est-à-dire ceux qui se répètent et se prolongent dans le temps, ont des effets néfastes sur notre bien être physique et psychologique. La fatigue a des conséquences sur nos capacités d'attention, de mémorisation, de concentration. Être fatigué de manière durable et cumuler une dette de sommeil ont des incidences sur notre humeur, nos pensées ainsi que sur nos comportements. Enfin, les troubles chroniques du sommeil ont des répercutions sur le fonctionnement de nos défenses immunitaires et de notre métabolisme.

 

Insomnies, hypersomnie, difficultés d'endormissement, dette de sommeil, apnée du sommeil...Quelles peuvent être les causes des troubles chroniques du sommeil et comment les traiter de manière adéquate ?

Les causes des troubles du sommeil :

Les causes des troubles du sommeil sont diverses et variées. L'origine peut être physiologique ( activité trop intense le soir, alimentation trop riche, prise de médicaments ou d'excitant...).

Des incidences environnementales peuvent aussi agir (bruit, lumière, chaleur, horaires décalés...). Un contexte de maladie peut aussi engendrer des troubles du sommeil (douleur, fièvre, apnées du sommeil...).

Enfin, des causes psychologiques; tels que le stress, l'anxiété, des affects dépressifs, des émotions trop intenses peuvent en être  l'origine. Quand l'insomnie devient chronique, on évoque un cercle vicieux. La crainte de mal dormir ("Je ne dormirai jamais et si je ne dors pas, demain je ne serai pas efficace."), les pensées et les comportements qui y sont associées (temps excessif au lit, sieste trop longue, activités inappropriées...) engendrent à leur tour de l'anxiété et du stress qui alimentent la boucle infernale de l'insomnie...

Il faut parfois bien y réfléchir pour  identifier les causes des troubles chroniques du sommeil et savoir les traiter de manière adéquate. L'aide d'un professionnel peut s'avérer nécessaire.

Rêver

 

 

 

"Les rêves sont la littérature du sommeil. Même les plus étranges composent avec des souvenirs. Le meilleur d'un rêve s'évapore le matin. Il reste le sentiment d'un volume, le fantôme d'une péripétie, le souvenir d'un souvenir, l'ombre d'une ombre."

 

Jean Cocteau

Définition du rêve :

Les rêve se produit pendant que nous dormons et plus particulièrement dans la phase du sommeil paradoxal où nous sommes comme coupés du monde extérieur et où le moi a baissé sa garde. Le rêve est une production psychique faite d'images, de représentations, de sensations, d'émotions. Il correspond à un état conscient mais labile car le cerveau est déconnecté des stimulations externes. Au réveil, le dormeur ne se souvient pas toujours d'avoir rêvé, ne peut en garder que quelques bribes fantaisistes ou bien s'en souvenir au réveil pour l'oublier un peu plus tard.

 

De tous temps et dans toutes les sociétés, les hommes se sont interrogés sur ce phénomène étrange et déployé des croyances diverses (origine divine dans la mythologie et dans certaines religions; séparation du corps et de l'âme au moment du rêve dans le chamanisme...).

Au début du vingtième siècle, la théorie des rêves de Sigmund Freud, fondateur de la psychanalyse, marque un tournant révolutionnaire dans la manière de les appréhender.

 

 

 

 

"Chaque rêve qui réussit est un accomplissement du désir de dormir"

 

Sigmund Freud,

in L'interprétation des rêves, 1900.

L'interprétation des rêves

Freud s'intéressait à ses propres rêves depuis de nombreuses années puis il a porté intérêt à ceux de ses patients. C'est en 1900, après presque quatre années d'écriture, que paraît son ouvrage intitulé "L'interprétation des rêves". Freud y présente sa théorisation du rêve comme production psychique signifiante, qu'il considèrera comme sa plus précieuse découverte. Après sa première parution, l'ouvrage sera remanié et complété à plusieurs reprises par son auteur.

Le rêve voie royale menant à  la connaissance de l'inconscient

Selon la théorisation freudienne, le rêve se présente comme une mythologie dont les acteurs sont le moi, l'enfant et les désirs réprimés.

Le rêve est" l'accomplissement déguisé d'un souhait". Autrement dit, grâce au rêve, le dormeur satisfait ses désirs  les plus secrets dont il n'a pas forcément conscience car refoulés dans son inconscient. Le rêve se lirait donc comme un rébus à déchiffrer pour accéder aux sens cachés. Pour ce faire, Freud met en avant la technique de la libre association sur laquelle est basée la psychanalyse. Le patient est invité à dire tout ce qui lui vient sans faire de tri.

Chaque rêve est unique et particulier dans la mesure où il fait référence à des associations et un symbolisme propres à chaque individu. C'est pourquoi, seule la personne qui a rêvé détient le sens profond de son rêve. Dans la cure psychanalytique, l'analyse et l'interprétation des rêves permet donc d'y voir plus clair avec son propre désir. Cette compréhension de soi-même dénoue certain conflits psychiques et favorise un positionnement plus harmonieux.

Contenu latent et contenu manifeste du rêve, comment se forment nos rêves ?
René Magritte, Les mystères de l'horizon, 1955.

Contenu manifeste et contenu latent des rêves :

Chaque rêve a un contenu manifeste et un contenu latent. Le manifeste qui ne serait que la façade peut être totalement absurde ou bien insignifiant. Il permet à l'inconscient de s'exprimer en évitant la censure du moi. Lorsque l'on évoque ses rêves, il s'agit souvent de ce contenu manifeste appauvri. La démarche psychanalytique s'attache à déchiffrer les aspects voilés, cachés car inconscients qui forment le contenu latent.

 

"Vous voulez être responsables de toutes choses, excepté de vos rêves ! Quel manque de courage logique ! Rien ne vous appartient plus en propre que vos rêves, rien n'est davantage votre œuvre !

Sujet, forme, durée, acteur, spectateur- dans ces comédies vous êtes tout vous- mêmes ! Et c'est là justement que vous avez peur et que vous avez honte de vous-mêmes."

 

  Friedrich Nietzsche, In Aurore, 1881.

 

Johann Heinrich Füssli, Le cauchemar, 1781.

Le travail du rêve :

Comment opère le rêve pour passer du contenu latent au contenu manifeste ?

Au préalable, il est important de souligner que le rêve est soumis à des lois précises et un langage qui lui est propre.

 

Tout rêve se construit à partir de restes diurnes c'est-à-dire  des expériences vécues de la journée de la veille et de souvenirs plus ou moins lointains qui  vont réactiver des désirs infantiles inconscients. A partir de là, Freud décrit divers processus psychiques à l’œuvre dans la construction du rêve.

Ainsi, la figurabilité permet de convertir une idée en image et de traduire les désirs inconscients de manière visuelle notamment par le symbolisme. Le déplacement est le mécanisme qui vient brouiller le rêve et travestir le désir inconscient. Pour ce faire un affect, initialement associé à une représentation, se déplace pour s'associer à une représentation moins gênante pour le moi. La pratique de la libre association en psychanalyse permettra de remonter les chaînes associatives pour accéder aux représentations refoulées et à leurs significations.

La condensation est un autre processus psychique inhérent au travail du rêve. Plusieurs représentations vont être regroupées, condensées, pour n'en faire qu'une. Un élément du rêve peut donc renvoyer à plusieurs représentations d'où la nécessité d'analyser minutieusement le rêve.

Enfin, la figuration permet au rêveur de romancer son rêve pour le transformer en un contenu manifeste plus acceptable  pour le Moi et qui pourra ainsi le conserver au réveil.

Schématisation du travail du rêve selon la théorie psychanalytique. Comment se construit un rêve ? Définition du rêve et explication des mécanismes à l'oeuvre dans le travail du rêve.

Le psy au cinéma

Le psy dans la fiction

Mafia blues en 1999 :

"Moi, mon objectif c'est quoi ? De vous transformer en un gangster heureux."

Si le psychiatre new-yorkais Sobel ne croit plus guère à l'efficacité de son savoir sur des patients atteints de névroses d'une banalité consternante, il va changer d'avis quand Paul Vitti, connu comme l'un des gangsters les plus puissants de New York, franchit autoritairement la porte de son cabinet. Le redoutable malfrat souffre d'étranges symptômes : bouffées d'angoisse, blocage, accès de culpabilité, crises de larmes incontrôlées. Il ordonne à un Sobel terrifié de le guérir rapidement car l'élection du nouveau parrain de la côte Est approche.

Argent et psychanalyse

L'économie sur le divan

Émission radio France Culture

"L’argent est un tiers matérialisé entre l’analyste et son patient,  une façon de négocier la relation de dépendance »

 

Dans son émission radiophonique "Entendez-vous l'éco ? ", Maylis Besserie évoque les relations entre argent et psychanalyse. Pour ce faire, elle reçoit le philosophe, psychologue et psychanalyste Alain Gibeault ainsi que la psychologue et psychanalyste Marie-Claude François Laugier.

 

Quelle est la place de l'argent dans la cure psychanalytique ? Quelle est sa fonction symbolique ? Et que peut nous apprendre la psychanalyse sur les mécanismes psychiques liés à l'argent ? Le sujet sera traité aussi bien au niveau individuel que collectif.

Lecture pour aller plus loin :

"La fonction symbolique de l'argent", Ilana Reiss-Schimmel

"L’histoire de la monnaie, la place qu’elle occupe aujourd’hui dans les sociétés occidentales sont appréciées dans cet article sous l’angle du travail de symbolisation tel que l’envisage la psychanalyse."

in Revue Dialogue, Édition Ères

Sortie cinéma

Sortie film "12 jours"

Réalisé par Raymond Depardon

Raymond Depardon sortie film "12 jours"
Photographie de R.Depardon, Hôpital psychiatrique de Collegno en Italie,1979.

"Je suis fou mais j'ai la folie d'un être humain"

Depuis la parution d'une loi en 2013, les établissements psychiatriques français disposent de 12 jours au maximum pour présenter les patients internés sans leur consentement à un juge des libertés et de la détention. Après avoir rencontré le patient, le juge se prononcera sur le prolongement de leur internement ou sur leur remise en liberté.

Ce sont ces entretiens que le photographe et cinéaste Raymond Depardon a filmés dans son documentaire. Pour son troisième film sur le milieu psychiatrique, il a posé ses caméras à l'hôpital « Le Vinatier » de Lyon.

Musique  du film composée par Alexandre Desplat.

 

La crise d'adolescence

Au sortir de l'enfance

Selon le poète Arthur Rimbaud une des voies de sorties de l'adolescence consiste à s'emparer de son "impulsion créatrice"

 

"Ah ! l’égoïsme infini de l’adolescence, l’optimisme studieux : que le monde était plein de fleurs cet été ! Les airs et les formes mourant… — Un chœur, pour calmer l’impuissance et l’absence ! Un chœur de verres, de mélodies nocturnes… En effet les nerfs vont vite chasser."
Arthur Rimbaud, 20 ans, Jeunesse, in Recueil Illuminations, 1873

 

Approche philosophique de l'adolescence

Paul Audi,  "Au sortir de l'enfance", Édition Verdier, 2017

Paul Audi, philosophe et enseignant à l'Université René Descartes à Paris est  l'auteur de divers ouvrages autour de l'éthique et de l'esthétique.

Dans son nouvel essai, il propose une approche philosophique de l'adolescence, sujet le plus souvent abordé par le biais psychologique. Selon lui, l'adolescence n'est pas seulement le début de la puberté ou le passage de l'enfance à l'âge adulte. Il la conçoit plutôt comme une "période de crise, de crise profonde (...) prenant ici le sens d'interruption ou de rupture, de scission ou de séparation."

 

L'adolescence comme moment de vérité :

Selon Paul Audi, l'adolescence est un moment de vérité qui se manifeste par du doute, des interrogations, de la recherche de soi. L'adolescent prend conscience de sa finitude humaine à savoir " de ne pas pouvoir être à l'origine de son être, de ne pas pouvoir décider, ni intellectuellement ni physiquement de sa venue dans la vie". Cette confrontation à "son impuissance quant à sa naissance" dont l'origine ne lui appartient pas le place face à une dette de vie qu'il est possible de traiter de différentes manières selon comment on la considère. L'adolescence peut donc être vue comme un problème à résoudre.

L'adolescence comme moment de vérité quant à soi
Street Art Paris

Le temps d'une décision à prendre quant à soi

Selon le philosophe, de ne pas avoir choisi sa venue au monde l'individu contracte une dette de vie qu'interroge l'adolescent.  Les conduites à risques, la honte, le désespoir seraient des manifestations de cette prise de conscience quant à son impuissance. L'adolescent tout puissant cherche les limites pour le ramener à une dimension supportable de sa propre puissance. C'est un moment de crise car chaque accès de surpuissance est sanctionné par une conscience d'impuissance. Les deux mêlées induisent un état d'interrogation vertigineuse qui amène à douter de soi.

Que faire de la dette ? Et que faire dès  lors de sa vie ?

Selon le philosophe, le sujet se retrouverait a face à trois possibilités de traitement de cette dette de vie :

Une première configuration qu'il nomme "présomption" à savoir une opinion fondée seulement sur des indices, des apparences, des commencements de preuves. L'adolescent cherche à annuler la dette en ayant l'illusion d'une seconde naissance où il ne doit rien à ses géniteurs.

La deuxième voie serait celle de la "consomption" ou de l'effondrement et du dépérissement face à cette prise de conscience de la dette. La figure de Hamlet en est le prototype. Hamlet qui récrimine et rejette  le monde entier car il n'arrive pas à grandir et ne voit pas comment se tirer de cette situation. Au comble du désespoir, il prononce le célèbre "Être ou ne pas être telle est la question."

Et puis "l'assomption", au sens philosophique d'acceptation, comme troisième configuration . Le sujet assume lucidement  la dette et sa finitude. Cet acte le libère et lui ouvre la voie de la procréation et de la création. Et de citer le poète Arthur Rimbaud pour lequel une des voies de sortie de l'adolescence est de s'emparer de son "impulsion créatrice".

 

Que garde t-on de l'adolescence ?

Après s'être posé la question de ce que l'on garde de l'enfance, l'auteur questionne donc le mode de sortie de l'adolescence. Selon Paul Audi, l'individu sort de l'adolescence mais peut, à certains moment de sa vie d'adulte, réactiver et raviver des moments passés à l'adolescence. Le désespoir, l'importance du regard et la honte, la surpuissance qui nous rend ivre de nous  même seraient des réactivations de cette époque.

Street Art Paris Buttes aux Cailles
Street Art Paris Buttes aux Cailles

Qu'est-ce que la dépression ?

 

"Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits "

 

                 Charles Baudelaire,

          Spleen in Les Fleurs du mal.

La dépression en France

Problème de diagnostic et de prescription

Mieux traiter la dépression selon la Haute Autorité de Santé

Ce 8 novembre, la Haute Autorité de Santé (HAS est un organisme public indépendant chargé d'évaluer l'utilité médicale des actes pris en charge par l'Assurance maladie) a publié une recommandation destinée aux médecins généralistes :

 

"Près d’un Français sur 10 aurait connu un épisode dépressif au cours des douze derniers mois. Pourtant environ 40% des personnes souffrant de dépression ne recourent pas aux soins dans notre pays, ce qui a des effets délétères sur leur vie quotidienne et aggrave le risque de suicide.

A l’inverse, certaines déprimes passagères ou certains troubles psychiques graves sont parfois pris pour des dépressions et traités de façon inadéquate. Enfin, même lorsque la dépression est correctement diagnostiquée, on observe souvent un mauvais usage des antidépresseurs : trop souvent prescrits pour des dépressions légères, pas assez dans des dépressions sévères, ou délivrés sans psychothérapie ni suivi."

 

Qu'est-ce que la dépression ?

Identifier la dépression

La douleur morale qui retire le goût de vivre

Qu'est-ce que la dépression. Différencier déprime et dépression. Comment traiter la dépression. L'importante de l'association antidépresseurs et psychothérapie
"A la porte de l'éternité", Vincent van Gogh, 1890

Évaluer précisément :

Des niveaux variés de souffrance dépressive à repérer :

 Un état de tristesse ou de « déprime » ne constitue pas nécessairement une dépression :

 

Le diagnostic de dépression ne doit pas être banalisé. Il existe, de la simple tristesse à la mélancolie, des niveaux variés de souffrance dépressive.

Un certain nombre de signes doivent être observés avant d'évoquer cette maladie et d'éliminer d'autres maladies qui ont des signes en commun. Ainsi, comme le précise l'HAS, la dépression ne se manifeste pas que par de la tristesse :   :

 

" Pour établir le bon diagnostic, il faut s’assurer que la personne cumule différents symptômes (humeur dépressive, perte d’intérêt ou d’énergie mais aussi concentration réduite, diminution de l’estime de soi, sentiment de culpabilité, idées et comportement suicidaires ou encore troubles du sommeil ou de l’appétit) qui se manifestent de manière quotidienne, depuis au moins 2 semaines et avec une certaine intensité. La dépression provoque un changement de fonctionnement dans la vie professionnelle, sociale ou familiale, et génère une véritable détresse."

 

Cinq dérèglements hypofonctionnels :

La baisse dépressive ressentie par le sujet affecte donc cinq zones fonctionnelles : l'humeur (tristesse marquée, souffrance morale), la capacité à ressentir les émotions (perte de la capacité à prendre du plaisir), l'activité psychomotrice ( ralentissement moteur et de la parole, visage peu expressif) et les fonctions vitales (perte d'appétit, amaigrissement, troubles du sommeil).

Le ralentissement touche également les activités intellectuelles (mémoire, capacités d'attention et de concentration diminuées, impossibilité à faire des choix).

Trois dérèglements hyperfonctionnels :

Une hyperactivité caractérielle s'exprime par une tension agressive, une tendance aux colères et emportements ("Je suis irritable, je ne supporte personne").

Une hyperémotivité se traduit par une difficulté à maîtriser ses émotions et une forte anxiété ("Je pleurs pour rien, je change d'humeur").

Enfin, une hyperesthésie sensorielle rend le sujet intolérant aux bruits ("Les conversations me dérangent").

 

Pour approfondir : "Vrais déprimés, fausses dépressions", Monique Brémond & Alain Gérard, Flammarion, 2005.

 

 

"Je ne savais pas comment l'atteindre ou le rejoindre... C'est tellement mystérieux le pays des larmes."

 

Antoine de Saint-Exupéry,

in Le Petit Prince.

 

 

Selon le psychanalyste Pierre Fédida qui fait l'"Éloge de la psychothérapie" dans le traitement des dépressions :

 

« L'expérience commune de l'état déprimé pourrait tenir en une seule sensation : celle, quasi physique, d' anéantissement. Cette sensation est à peine un affect qu'on éprouve, et elle paraît très éloignée de la perception d'une souffrance vécue par le sujet. Elle s'apparente plutôt à une immobilisation, à un empêchement de ressentir les moindres mouvements de la vie interne et extérieure, à l'abolition de toute rêverie et de tout désir. La pensée, l'action et le langage semblent pris en masse par une violence du vide. Du reste, la plainte du déprimé- quand elle parvient à s'exprimer- est pauvre et répétitive : c'est encore de la parole, mais comme éloignée de la parole. La vie est vide ; il n'y a de goût ni d'intérêt pour rien, et une incapacité à faire quoique ce soit. »

Traiter la dépression

Écouter- Prescrire

Dans son communiqué aux médecins, l'HAS précise que les antidépresseurs ne doivent être prescrits que dans certains cas et qu'ils doivent être associés à une psychothérapie :

 

"Quel que soit le niveau de dépression, la prise en charge repose en premier lieu sur un soutien psychologique qui peut tout à fait être conduite par le médecin traitant, par un psychologue ou un psychiatre pour les cas complexes et/ou sévères notamment".

"Les antidépresseurs ne doivent pas y être systématiquement associés : ils ne sont pas indiqués en cas de dépression légère, peuvent être envisagés pour les dépressions modérées et doivent en revanche être proposés d’emblée pour les dépressions sévères."

Une pratique qui allie la psychothérapie à la pharmacologie

Comme nous venons de le voir, le diagnostic différentiel est la première étape. Il s'agit de déterminer précisément si le patient présente des symptômes dépressifs simples, réactionnels et transitoires ou une véritable pathologie dépressive caractérisée.

A partir de là, le médecin interroge la pertinence d'un traitement pharmacologique. Dans le même temps, il envisage la possibilité actuelle d'une approche psychothérapeutique. Il s'agira d'abord  d'amorcer une reprise de la communication en essayant d'établir un lien pour permettre au sujet de mettre des mots sur ce qui le fait souffrir et sortir progressivement de son isolement.

 

Il faut être au moins deux pour guérir de l'isolement et du vide intérieur :

 

"La psychothérapie se donne pour objectif de prendre soin de la souffrance psychique, son but n'est autre que de parvenir à guérir les humains de ce psychisme qui les fait souffrir."

 

Pierre Fédida


Pour approfondir :

Un peu de lecture

"La dépression comment en sortir"

du Dr Christin Mirabel-Sarron chez Odile Jacob

Un guide pratique qui répond à vos questions sur la maladie et expose la méthode des thérapies cognitives et comportementales (TCC) pour combattre la dépression en agissant sur vos comportements et en modifiant vos pensées négatives.

La dépression comment en sortir ? Les thérapies cognitives et comportementales pour combattre la maladie

"Des bienfaits de la dépression. Éloge de la psychothérapie"

du psychanalyste Pierre Fédida chez Odile Jacob

Suffit-il de supprimer les symptômes de la dépression pour en guérir ? Peut-on évacuer si facilement la souffrance psychique qui est au fond de l'état déprimé ? Peut-on, comme par enchantement, retrouver le désir de vivre, de rêver et d'agir ? Psychanalyste, Pierre Fédida montre ici pourquoi la psychothérapie aide à revivre.

Comment retrouver le désir de vivre, de rêver et d'agir lorsque l'on souffre de dépression ?

Les thérapies cognitivo-comportementales

Acrophobie ou Peur extrême des hauteurs

Présentation des TCC:

Définition des TCC :

Les thérapies cognitives et comportementales (TCC) sont des thérapies brèves car limitées dans le temps avec des objectifs précis planifiés et une progression ciblée. Elles sont construites en suivant une approche et une attitude scientifique. Elles s'appuient sur des modèles théoriques cognitifs et comportementaux pour expliquer les troubles psychiques. Ces thérapies sont centrées sur "l'ici et maintenant". Une conception environnementale les sous-tend : le milieu influence les réponses émises mais le sujet peut apprendre à les modifier. Les TCC s’intéressent à la partie émergée des symptômes en tendant à modifier des conduites. Pour ce faire, elles abordent trois niveaux du fonctionnement psychique : comportemental (ce que je fais, ce que je ne peux m'empêcher de faire) cognitif (mes cognitions à savoir mes pensées et mes croyances) et émotionnel (ce que j'éprouve).

 

Dans les TCC, le thérapeute est actif et directif. Une alliance thérapeutique se met en place où le thérapeute et le patient interagissent. Elle comporte une forte dimension psychoéducative (explication du trouble et de sa cause, proposition de lecture, exercices..). Le patient est invité à collaborer activement pour accroître ses capacités d'autogestion (agenda, lectures, grilles d'évaluation et d'observation, mise en pratique...).

Modèle interractif expliquant les 3 niveaux d'intervention des TCC : comportemental, cognitif et émotionnel

Un peu d'histoire des TCC :

Les 3 vagues de thérapies cognitives et comportementales

Les TCC ont connu 3 vagues successives de développement qui se sont combinées pour former les TCC d'aujourd'hui.

La première vague TCC  : Modifier le comportement par l'apprentissage:

 

Un première vague comportementale a démarré dans les années 1950 avec les Behavioristes de Pavlov à Skinner. Les comportementalistes cherchent à décrire et comprendre les comportements humains en ne prenant en compte que ce qui est observable sans ouvrir la "boîte noire" (inconscient). Les comportements qui font souffrir ont été appris et peuvent donc se désapprendre, c'est le fondement du courant Behavioriste.

Pavlov, Skinner et Bandura
Pavlov, Skinner et Bandura

Ivan Pavlov et le conditionnement répondant :

Pavlov est un médecin et physiologiste à l'origine de la théorie du conditionnement classique. Il a décrit le processus par lequel un individu va associer une réponse déjà programmée (ex : saliver) qui est normalement déclenchée par un stimulus conditionné (ex : nourriture) à un stimulus neutre non conditionné qui ne déclenche normalement aucune réponse (ex : cloche qui sonne). Pavlov vit dans ce phénomène les bases de l'apprentissage.

Le condionnement répondant, 1ere vague TCC
Conditionnement répondant

Burrhus Frederic Skinner et le conditionnement opérant :

Skinner, psychologue et penseur, a été influencé par la théorie de Pavlov pour élaborer sa théorie de l'apprentissage. Selon lui, nos comportements sont influencés par les conséquences qu'ils provoquent ainsi que par l’environnement.  Il explique que la réponse du sujet  est volontaire car il cherche à être récompensé ou à éviter la punition. L’individu peut donc apprendre à augmenter ou à diminuer un comportement. La "boîte de Skinner" est un dispositif expérimental qu'il a inventé pour étudier le conditionnement.

Conditionnement opérant de Skinner

Enfin , Albert Bandura fera la jonction entre les comportementalistes et les cognitivistes en proposant une théorie sociale cognitive. Il met en avant les capacités des enfants à apprendre par imitation de nouveaux comportements.

C'est sur les bases de ces travaux menés par les Behavioristes que se sont construites des méthodes thérapeutiques pour traiter les troubles anxieux ( Joseph Wolpe et la désensibilisation aux situations anxiogènes par exposition graduelle en imagination).

 

La seconde vague TCC : Travailler sur les dysfonctionnements cognitifs

Une seconde vague dite "révolution cognitiviste" s'est amorcée dans les années 1970. Les chercheurs s'intéressent à la manière dont les pensées influencent le comportement et les émotions. Ils étudient le traitement de l'information par le cerveau.

Ainsi le psychologue Albert Ellis développe la thérapie rationnelle émotive qui se fonde sur l'acceptation inconditionnelle de soi. De manière directive, la patient est invité à adapter ses pensées et comportements. A  la même époque, Aaron Beck travaille sur les erreurs cognitives et les pensées automatiquement négatives chez les personnes souffrant de dépression.

Selon les cognitivistes, les pensées sont des interprétations de la réalité et non la réalité elle-même. Un trouble résulte d'une erreur dite distorsion dans le traitement de l'information. La restructuration cognitive propose de travailler ces schémas en les identifiant, les questionnant et les mettant à l'épreuve notamment par des expériences vécues.

La troisième vague TCC : Tenir compte de l'implication des émotions :

 

A partir des années 1990, la troisième vague dite "émotionnelle" se préoccupe davantage des émotions.   Le Mindfulness ou Pleine conscience appartient à cette mouvance qui préconise de diriger son attention sur le moment présent en acceptant ce qui vient sans jugement et sans attente pour permettre une distanciation avec ses pensées.

Steven Hayes introduit la thérapie d'acceptation et d'engagement (ACT) qui préconise de ne pas lutter contre ses émotions mais de leur faire une place en se dégageant de ses pensées.

 

"Méditer c’est porter attention aux choses telles qu’elles sont et non telles que nous voudrions qu’elles soient. »

 

Williams, Teasdale, Segal, Kabat-Zinn, 2007

Les principes des TCC :

En tenant compte des facteurs biologiques, les TCC cherchent à modifier les facteurs qui déclenchent et maintiennent le trouble (anxiété, dépression, problèmes relationnels, dépendances...).

La thérapie propose un confrontation comportementale progressive au malaise en favorisant l'acceptation des émotions qu'il suscite et en abordant les cognitions qui lui sont associées. Pour ce faire un plan d'action est construit avec le patient afin de  mettre en place ces expériences comportementales. Dans ce plan d'action, une exposition graduée, prolongée, répétée et variée est proposée. Ainsi, dans une situation qui engendre de l'anxiété, le but est de modifier les réponses de peur et d'évitement. A force d'exposition, une habituation émotionnelle doit se mettre en place puis une extinction des comportements d'évitement.

L'analyse fonctionnelle en TCC :

L'analyse fonctionnelle en TCC, psychologue Vendargues
L'analyse fonctionnelle, base de la thérapie TCC

Dans les premiers temps de la thérapie, le thérapeute accompagne le patient pour qu'il réalise une analyse comportementale dite fonctionnelle des facteurs qui déclenchent et maintiennent les difficultés qu'il souhaite traiter. Elle vise à personnaliser la thérapie. Cette analyse comporte une partie dite synchronique qui se réfère à la situation actuelle et une partie diachronique qui fait l'historique de l'acquisition des perturbations. Elle se conduit par le biais d'un entretien clinique, de grilles d'évaluation, de fiches d'auto-enregistrement (le patient enregistre lui-même ses comportements problèmes au moment où ils ont lieu) ainsi que des observations directes ou indirectes. A partir de cette analyse, différentes approches thérapeutiques seront proposées (travail sur les émotions, les cognitions, le comportement, l'entourage).

Dans le cadre de la thérapie TCC, le patient et le thérapeute procèdent à une analyse fonctionnelle. Elle est la base permettant de determiner les approches thérapeutiques.
L'analyse fonctionnelle modèle SECCA

TCC et Psychanalyse :

Au-delà des débats passionnés, les Thérapies cognitivo-comportementales et la Psychanalyse se différencient radicalement par leurs modèles théoriques et leurs conceptions respectives d'où découlent des approches  et des visées thérapeutiques distinctes.

Quelles différences entre les deux approches ?

Comme nous venons de le voir, pour les TCC, le symptôme est l'expression d'une association indésirable entre une situation, un comportement, les cognitions et les émotions que cela génère. Les TCC font référence aux lois de l'apprentissage et aux conditionnements pour expliquer la formation d'un symptôme. Les TCC sont issues de la psychologie scientifique expérimentale et se réfèrent au DSM V pour établir un diagnostic. Ce sont des thérapies de l'ici et maintenant dont le but visé est l'apprentissage de nouvelles façons de faire afin de se départir de celles qui font souffrir. Les TCC sont des thérapies brèves et directives où le patient et le thérapeute collaborent activement ensemble.

 

Selon la psychanalyse, le symptôme a, pour le patient, un motif, un sens et une intention qu'il s'agira de déchiffrer. Ce sens est l'expression d'une singularité, d'une histoire particulière et d'une logique inconsciente refoulée. A partir du discours du patient, grâce notamment à la libre association, le travail d'introspection va du conscient vers l'inconscient afin d'en déchiffrer le sens, permettre de se l'approprier et de s'en libérer. Autrement dit, la psychanalyse tend à rendre leur sens aux symptômes, à intégrer sa propre histoire et à se familiariser avec son fonctionnement psychique. Ceci permet de  désamorcer les conflits internes et d'être  plus au clair avec son désir. La psychanalyse est donc un processus de changement qui vise à parvenir à une meilleure connaissance et acceptation de soi ainsi qu' à des remaniements psychiques. En sachant y faire, le patient prend la direction de sa vie.

 

Quelles sont les différences entre les Thérapies cognitivo-comportementales (TCC) et la psychanalyse ?
Différence entre TCC et Psychanalyse

 

La psychothérapie analytique se base sur ces fondements théoriques tout en proposant un cadre plus directif que dans la cure dite classique. A partir d'un échange verbal entre le patient et le thérapeute, un axe de travail est défini avec des objectifs ciblés et réactualisés au fur et à mesure du travail. La durée de thérapie est moins longue que dans la cure type. (se référer à notre rubrique psychothérapie).

 

Amour et Psychanalyse

Un peu, beaucoup, à la folie, passionnément

Qu'est-ce que l'amour ? Voici une question qui déchaîne bien des passions. De tous temps, écrivains, penseurs, poètes, artistes, psychanalystes se sont penchés sur le sujet. Leur conceptions se rejoignent, s'opposent ou se contredisent pour parler de cette émotion étrange et singulière.  Ici, seulement quelques pistes...

Et pour vous, c'est quoi l'amour ?

Amour et psychanalyse. Qu'est-ce qu' l'amour ? Qu'est-ce que le transfert dans la psychanalyse ?

L'amour selon la psychanalyse :

 

En 1905, dans ses "Trois essais sur la théorie de la sexualité", Sigmund Freud distinguait l'amour de la passion amoureuse. Concernant l'amour, il faisait référence au discours d'Aristophane du Banquet de Platon où l'homme et la femme tendent, dans l'amour, à s'unir de nouveau :

 

 

Mythe Aristophane de Platon. Origines de l'amour

Le mythe d'Aristophane :

 

« Jadis notre nature n’était pas ce qu’elle est actuellement. D’abord il y avait trois espèces d’hommes, et non deux comme aujourd’hui : le mâle, la femelle, et en plus de ces deux-là, une troisième composée des deux autres ; le nom seul en reste aujourd’hui, l’espèce a disparu. c’était l’espèce androgyne qui avait la forme et le nom des deux autres, dont elle était formée. De plus chaque homme était de forme ronde sur une seule tête, quatre oreilles, deux organes de la génération, et tout le reste à l’avenant. […]

 

Ils étaient aussi d’une force et d’une vigueur extraordinaire, et comme ils étaient d’un grand courage, ils attaquèrent les dieux et […] tentèrent d’escalader le ciel […] Alors Zeus délibéra avec les autres dieux sur le parti à prendre. Le cas était embarrassant ; ils ne pouvaient se décider à tuer les hommes et à détruire la race humaine à coups de tonnerre, comme ils avaient tué les géants ; car c’était mettre fin aux hommages et au culte que les hommes leur rendaient ; d’un autre côté, ils ne pouvaient plus tolérer leur impudence.

 

Enfin, Zeus ayant trouvé, non sans difficulté, une solution, […] il coupa les hommes en deux. Or, quand le corps eut été ainsi divisé, chacun, regrettant sa moitié, allait à elle ; et s’embrassant et s’enlaçant les uns les autres avec le désir de se fondre ensemble […]

 

C’est de ce moment que date l’amour inné des êtres humains les uns pour les autres : l’amour recompose l’ancienne nature, s’efforce de fondre deux êtres en un seul, et de guérir la nature humaine. […] Notre espèce ne saurait être heureuse qu’à une condition, c’est de réaliser son désir amoureux, de rencontrer chacun l’être qui est notre moitié, et de revenir ainsi à notre nature première. »

 

"L'amour, c'est donner ce qu'on n'a pas "

Aimer c'est essentiellement vouloir être aimé

 

Ainsi, selon le mythe d'Aristophane, l'amour nait de la division. Chaque moitié va aller chercher l'autre avec le désir de reconstituer le tout, la nostalgie de la perfection perdue. Mais ce désir est voué à l'échec car l'union de deux êtres imparfaits n'aboutira jamais à la perfection. De plus,  la réunion de deux êtres individués ne supprimera jamais l'individuation. Et fort heureusement d'ailleurs car cette plénitude d'un être comblé et ne manquant de rien renverrait à un être qui ne serait pas un être de désir. En effet, le désir nait du manque puisqu'on ne ne peut désirer que quelque chose que l'on a pas ou que l'on a plus.

 

C'est ce qui fera dire à Jacques Lacan que  "L'amour, c'est offrir à quelqu'un qui n'en veut pas quelque chose que l'on n'a pas » (in Séminaire XII, 1965)

Aimer, c’est reconnaître son manque et le donner à l’autre, le placer dans l’autre. Pour Lacan, cette chose que le sujet n'a pas est la part à jamais perdue de lui-même, constituée du fait qu'il n'est qu'un être vivant sexué et mortel.

Lacan dira qu'« Aimer c'est essentiellement vouloir être aimé ». Comme l'explique le psychanalyste Jacques-Alain Miller , on aime celui qui répond à notre question » Qui suis-je ? » Aimer vraiment quelqu’un, c’est croire qu’en l’aimant, on accédera à une vérité sur soi. (in "La psychanalyse enseigne t-elle quelque chose sur l'amour ?", Psychologie magazine n°278).

 

L'amour de transfert :

L'amour de transfert en psychanalyse

 

« Nous contraignons le patient à renoncer à ses résistances par amour pour nous. Nos traitements sont des traitements par l'amour « , déclarait Freud en 1907.

 

Dans la cure analytique, le patient reporte ses investissements libidinaux, sentiments positifs, négatifs ou ambivalents et désirs inconscients au départ adressés aux figures parentales, sur la personne de l'analyste. Ce mécanisme est présent dans bon nombre de relations humaines mais il est ici exacerbé par la demande de guérison que le patient adresse au thérapeute. C'est ce déplacement, ce report de relations anciennes actualisées dans la cure, que l'on nomme transfert.

 

« Dans chaque traitement analytique, s’instaure, sans aucune intervention du médecin, une relation affective intense du patient à la personne de l’analyste, relation qui ne peut s’expliquer par aucune des circonstances réelles. Elle est de nature positive ou négative, va de l’état amoureux passionnel, pleinement sensuel, jusqu’à l’ex­pression extrême de la révolte, de l’exaspération et de la haine. Cette relation, qu’on appelle, pour faire bref, transfert, prend bientôt la place chez le patient du désir de guérir et devient, tant qu’elle est tendre et modérée, le support de l’influence médicale et le ressort véritable du travail analytique commun. »
 (Freud, in « Freud présenté par lui-même », 1925).

Transfert négatif dans la cure psychanalytique

Ce processus est le moteur de tout travail analytique mais peut aussi drainer des résistances. Comme lorsque le patient se censure pour ne pas décevoir l'analyste (« Je me demande bien ce que vous pensez de ce que je vous dis »). Aussi, une partie du travail portera sur la verbalisation et l'interprétation du transfert comme le signifiait Freud : 

 

« Il convient de maintenir ce transfert, tout en le traitant comme quelque chose d’irréel, comme une situation qu’on traverse forcément au cours du traitement et que l’on doit ramener à ses origines inconscientes, de telle sorte qu’elle fasse ressurgir dans le conscient, tout ce qui, dans la vie amoureuse de la personne en souffrance était resté le plus secret et qui maintenant pourra aider cette dernière à le contrôler » (in "Observation sur l'amour de transfert", 1915)

 

La confiance en l'analyste est nécessaire pour que le transfert puisse se mettre en place, évoluer, s'interpréter puis se dissoudre :

 

 « C'est d'un manque d'amour que le patient vient chercher recours en analyse. Et c'est en reconstituant sa confiance et sa capacité amoureuse dans le lien transférentiel, avant de prendre ses distance par rapport à lui, qu'il conduit son expérience analytique. D'être le sujet d'un discours amoureux pendant les années de mon analyse- et au meilleur des cas après- je suis en contact avec les potentialités de renouvellement psychique, d'innovation intellectuelle, voire de modification physique. »

(Julia Kristeva, in" Au commencement était l'amour", 1985)

Dictionnaire amoureux de la Psychanalyse

Élisabeth Roudinesco, Plon, octobre 2017.

Écrit à la première personne, le dictionnaire abandonne l'approche conceptuelle pour le style de la leçon de choses et prendre la voie du voyage (entrée par noms de ville, de personnage de romans, d'artistes..).

En procédant ainsi, l'auteur souhaite illustrer la manière dont la psychanalyse s’est nourrie de littérature, de cinéma, de théâtre, de voyages et de mythologies pour devenir une culture universelle :

 

« En sa version originelle toujours active, elle annonce que l’homme, tout en étant déterminé par un destin, peut se libérer de ses chaînes pulsionnelles grâce à une exploration de lui-même, de ses rêves et de ses fantasmes. »

Dictionnaire de la vie amoureuse, Roudinesco

Psychiatrie transculturelle

"J'ai appris mon métier grâce à ces patients venus de pays lointains"

Tobie Nathan

Tobbie Nathan, ethnopsychanalyse

Émission radio, le grand atelier, France Inter,

Ce dimanche 5 novembre, l'émission le grand atelier sur France Inter donnait carte blanche à l'ethnopsychiatre Tobie Nathan. L'occasion de mieux découvrir l'univers de ce psychologue qui  depuis sa rencontre avec Georges Devereux, fondateur de l'ethnopsychanalyse en France, s'attache à "apprendre des autres peuples les connaissances qu'ils ont des troubles psychiques et de leur traitement. A tenir compte de leur traditions et de leurs rites ancestraux pour les soigner".

Lien vers l'émission
Lien vers l'émission

Georges Devereux

Georges Devereux fondateur de l'ethnopsychanalyse

Georges Devereux (1908-1985), de son nom de naissance Győrgy Dobó,  était un psychanalyste et anthropologue franco-américain d'origine hongroise. Il fut l'un des pionniers de l'ethnopsychanalyse dans le sillage de Sigmund Freud dont il ne cessera de rappeler l'héritage ( « Totem et tabou », 1913). En effet, en son temps, Freud a eu recours au matériel de la culture pour éclairer les processus psychiques.

Fondateur de l'ethnopsychiatrie, Devereux a défendu une conception transculturelle qui postule l'universalité de la pathologie mentale mais considère qu'il est essentiel de repérer les manifestations spécifiques de cette maladie reliées à la culture dans laquelle le sujet a été élevé. Il a développé le « courant complémentariste», entre l'anthropologie et la psychanalyse.

 

« Si tous les psychanalystes dressaient une liste complète de toutes les pulsions et de tous les désirs et fantasmes mis à jour en milieu clinique, cette liste correspondrait point par point à une liste de toutes les croyances et de tous les procédés culturels connus, établie par les ethnologues. " (Devereux in Cultures et Inconscient).

 

Cette démarche humaniste et pluridisciplinaire vise à comprendre la dimension culturelle des troubles mentaux et la dimension pathologique de la culture. Les logiques culturelle sont explorées en tant que telles et servent de support aux associations.

Pas à pas, Devereux a donc construit une psychothérapie originale qui  vise la guérison mais pas forcément la réadaptation. En effet, Devereux estimait que certaines sociétés sont elles-mêmes pathogènes et entraînent les individus dans ce qu’il appelait des processus de « déculturation".

Dans ses derniers livres, consacrés à l'analyse des mythes grecs, Georges Devereux a montré comment la mythologie peut nous éclairer sur les problèmes psychiques et expliquer une partie des croyances humaines (« Femme et mythe », 1982)

Jimmy P. (Psychothérapie d'un Indien des Plaines)

Psychothérapie d'un Indien des Plaines un film à partir de l'oeuvre de Georges Devereux

 

En 2013, Arnaud Desplechin réalise le film « Psychothérapie d'un Indien des Plaines ».

Cette comédie dramatique est directement inspirée du livre de Georges Devereux, "Psychothérapie d'un Indien des Plaines : réalités et rêve, (1951), où il relate sa rencontre avec  Jimmy Picard un indien Amérindien de la tribu des Blackfoot (dans leur langue, ils se nomment "le peuple originel").

 

Tout jeune psychanalyste, Devereux  rencontre Jimmy P. au Winter Veteran Hospital de Topeka, établissement spécialisé dans le traitement des vétérans de la Deuxième Guerre mondiale. Blessé à la tête, Jimmy P. souffrait de vertiges et de céphalées. Il était devenu alcoolique et caractériel.

Dans son livre, Devereux relate minutieusement la thérapie, séance après séance il se familiarise avec l'environnement de pensée de son patient, et décrit une première utilisation des leviers culturels. Le travail porte notamment sur la manière dont l'individu est imprégné de sa culture d'origine mais aussi son appropriation singulière de cette culture en fonction de son histoire et de sa personnalité.

 

Le Centre Georges Devereux :

Le Centre Georges Devereux est un centre d’ethnopsychiatrie clinique créé en 1993, à l’initiative de Tobie Nathan. Il s’agit d’une association 1901 dont la vocation est triple : intervention clinique, recherche et formation.

Actuellement, le Centre propose : Une consultation d'ethnopsychiatrie, un service de médiation ethnoclinique, une équipe mobile d'ethnopsychiatrie et un service de formation.

Le Centre Georges Devereux lieu de consultation et de réflexion en ethnopsychiatrie
Lien vers le site du Centre Georges Devereux

Le psychodrame

Psychanalyse & techniques

"Au commencement était l'action", S.Freud in Totem & Tabou

Le psychodrame psychanalytique

Le psychodrame psychanalytique individuel ou groupal est une approche thérapeutique qui permet, grâce au jeu et au faire semblant, de mettre en scène et de représenter des aspects de la vie psychique. Cette thérapie permet notamment au patient d'exprimer ses angoisses et ses craintes à travers des scènes imaginées ou réelles. Il peut être proposé aux enfants, adolescents et adultes.

Les origines du psychodrame  :

Le théâtre de la spontanéité de Moreno :

 

Dans les années 1920, Jacob Lévy Moreno- un psychiatre d'origine roumaine contemporain de Sigmund Freud, passionné d'art dramatique et explorant les phénomènes de groupe- crée à Vienne le « théâtre impromptu » ou « théâtre de la spontanéité ».

Il s'agit d'un théâtre de créativité et d'expression spontanée . Un drame vécu où l'acteur joue, avec ses propres mots, sa propre histoire. Sa technique active se focalise sur le désir de renforcer les capacités d'affirmation de soi.

 

Le psychodrame psychanalytique individuel :

 

Le psychodrame psychanalytique individuel a presque 70 ans, il a été introduit dans l'après-guerre, à l'hôpital des Enfants-Malades à Paris, par Serge Lebovici.

 

Lebovici, comme tout psychanalyste d'enfants était habitué à recourir à des « médiateurs », tel que le jeu, pour pallier à une expression verbale insuffisante chez les enfants. Il utilisait souvent les marionnettes et s'était rendu compte que par ce biais les enfants vivaient des « séquences dramatiques à travers lesquelles leurs pulsions, leurs angoisses, leurs mécanismes de défenses se réalisaient et s'exprimaient avec une authenticité remarquable. » Aussi a-t-il eu l'idée de faire jouer les enfants sans les marionnettes. Ce qu'il nomme d'abord « psychanalyse dramatique de groupe ». Il remarque que dans les traitements individuels, à savoir un enfant et un groupe de thérapeutes, la dynamique est différente. C'est pourquoi, en collaboration avec d'autres psychanalystes, dont René Diatkine, Evelyne et Jean Kestemberg, Lebovici applique prioritairement ce qu'il appelle « psychodrame analytique individuel», au traitement d'enfants gravement perturbés.

 

Dans le même temps, le psychodrame morénien est introduit en France par des psychologues et des psychanalystes formés par Moreno. Ils pratiquent le psychodrame de groupe avec des enfants ayant des difficultés scolaire. L'objectif est d'acquérir une meilleure confiance en soi.

Assez vite, apparaissent des divergences qui ne cesseront d'accroître entre les deux courants de psychodrame. Le psychodrame morénien vise la décharge des tensions et des conflits. Quant au psychodrame psychanalytique individuel, il tend plutôt à la prise de conscience des conflits internes non pas pour les évacuer mais pour en favoriser l’élaboration et ce en aménageant leur représentation sur la scène du jeu. 

 

Les indications pour le psychodrame psychanalytique sont diverses et variées. En effet, cette approche est indiquée pour toutes les personnes qui ont des difficultés à associer librement à savoir à dire ce qui leur traverse l'esprit sans faire de tri et sans à priori (une image, une idée, un rêve, un mot, un sentiment...)

 

Le psychodrame psychanalytique groupal :

Les précurseurs sont Didier Anzieu et Daniel Widlöcher. Le dispositif comprend un groupe de patients et des thérapeutes. Il est surtout pratiqué avec des enfants et des adolescents. Les enfants choisissent un thème et distribuent les rôles. La dynamique de groupe et les différentes identifications sont observées. A ces âges, le groupe des pairs peut avoir une fonction contenante de soutien narcissique et permettre le déplacement des investissements  affectifs jusqu'alors réservés aux parents.

Comment cela se passe t-il ?

 

Un premier entretien a d'abord lieu avec le patient afin de lui expliquer les règles de fonctionnement du psychodrame psychanalytique individuel, notamment le secret professionnel et la règle de la libre association commune à la cure psychanalytique où il s'agit de dire tout ce qui vient comme ça vient. Ici, la règle devient "tout jouer ou tout représenter".

Lors de cette première rencontre, la règle du « faire semblant" , clé de voûte du psychodrame, sera abordée. Au psychodrame, on ne touche pas mais on fait semblant, on ne fait pas mais on mime l'action.

A la suite de cet entretien, si le patient est prêt à s'engager dans la thérapie, une première séance a lieu. Pour ce faire, plusieurs personnes seront impliquées dans ce psychodrame dont le patient, un directeur de jeu qui organise le jeu mais qui ne joue pas et les co-thérapeutes qui feront office d’acteurs. C’est le patient qui proposera la scène à jouer et qui répartira les rôles. C'est le Directeur de jeu qui peut clore la scène ou l'interrompre pour faire une remarque.

Pour en savoir plus :

Pour ceux qui veulent en apprendre d'avantage, le site d'information Psynem propose un riche tour d'horizon du psychodrame et du psychodrame psychanalytique individuel.

Actualités en Neurosciences

MOOC

Des neurones à la psyché

MOOC "des neurones à la psyché" ou introduction aux réseaux de neurones biologiques et articiels.
Neurones artificiels

Les réseaux de neurones biologiques & artificiels

Ce MOOC, ou enseignement en ligne accessible au plus grand nombre et gratuit, est proposé par Martial Mermillod, enseignant chercheur au CNRS de Grenoble dans le laboratoire de Psychologie et NeuroCognition.

Le module de 4 semaines est constitué de vidéos, de schémas, de discussions et de QCM. Il abordera les bases de la psychologie cognitive et des neurosciences. Puis, se proposera d'expliquer le fonctionnement des neurones biologiques afin de comprendre la modélisation des réseaux de neurones artificiels. 

Pour en savoir plus, regarder le teaser et s'inscrire :

Cliquer pour suivre le lien.
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L'enfant et le psy

Rencontre avec le "psy"

Petite sélection de livres pour enfants

Des propositions de livres pour enfants selon les âges afin d'aborder plus sereinement la rencontre singulière avec le "psy" (psychologue, pédopsychiatre, psychanalyste, psychothérapeute). Pour les adolescents, une BD-thèque est également disponible sur le site rubrique "psychanalyse".

"Chez le psy" :

 

Textes de Catherine Dollto et Colline Faure-Poirée. Illustration de Frédérick Mansot. A partir de 3 ans.

 

 

"Parfois, on a l’impression que tout va mal et même si on aime beaucoup ses parents, il y a des choses qu’on n’arrive pas à leur dire. Alors, mine de rien, aller voir un psychothérapeute, ça aide à aller mieux, à aimer la vie et les gens."

 

Éditions Gallimard/ Mine de rien, 2005

 

"Manu et le psy":

D'Éric Englebert, médecin et thérapeute. A partir de 6 ans.

 

 

 

 

 

Le petit Manu est triste et angoissé, ses résultats s'en ressentent. Il pense que le psy est pour les fous mais son meilleur ami le rassure et le conseille d'y aller.

 

Éditions Grasset jeunesse, 2006.

 

 

"Lili va chez le psy" :

De Serge Bloch et Dominique de Saint Mars. Dès 7 ans.

 

"Max et Lili sont bouleversés. Leur chien a disparu... Mais quand il revient, Lili ne va pas mieux... Elle reste inquiète, agressive et ne quitte plus sa mère... Une psy saura-t-elle dénouer le mystère Lili ?"

 

Editions Calligram, 2001

 

"Pierre-Emile et son double chez le psy" :

De Klaus-Peter Wolf, à partir de 9 ans.

"Pierre-Émile est absolument sûr qu'un monstre gargouille dans le radiateur ou se tient à l'affût sur le sofa, déguisé en coussin. Mais ses parents refusent de le croire. Pierre-Émile et son double entreprennent donc seuls le combat contre le monstre. Les événements se précipitent quand tante Olga a l'idée d'envoyer Pierre-Émile chez le psy. Son double, bien sûr, ne va pas le laisser tomber..."

 

Éditeur La Joie de Lire, 2004.

"Anastasia, demande à ton psy !"

De Lois Lowry, roman à partir de 13 ans.

 

 

"Anastasia est bien la seule à devoir supporter des parents qui refusent de faire des choses civilisées, comme jouer au bridge, par exemple. Elle est aussi la seule à devoir supporter un petit frère de trois ans surdoué et tourmenté. Pourquoi faut-il que ce soit elle qui ait à se débrouiller avec des gens aussi bizarres que ça ? Mais un jour, elle comprend que c'est elle-même qui est bizarre... Alors Anastasia prend ses propres intérêts en main : pendant la plus grande partie de son année de quatrième, elle suivra une thérapie avec le plus célèbre docteur du monde, Sigmund Freud en personne."

 

Éditions l’école des loisirs, 1990.

 

Dépression de l'adolescent

La dépression de l'adolescent

 

 

 

« Écoute, je suis un fêlé, un cinglé. Je fous la merde. Je me bats. Je déçois tout le monde. Ouh là, ne contrariez pas Finch. Ça y est, il recommence, il va piquer une crise. Finch et ses humeurs. Finch en colère. Imprévisible. Incontrôlable. Fou. Mais je ne suis pas une liste de symptômes."

 

  in Tous nos jours parfaits de Jennifer Nirven, 2015.

 

 

 

L'adolescence, une période singulière :

L'adolescence est une période de transition et de changements. Le monde interne de l'adolescent est en pleine évolution, ses capacités d'élaboration sont en construction et il peut avoir recours à l'agir ou à la somatisation comme moyen d'expression. L'équilibre est parfois fragile et la communication avec l'adulte n'est pas toujours évidente. L'adolescent ne donne pas sa confiance aisément, il a souvent besoin de jauger l'adulte pour y consentir, de temps pour établir une relation où il puisse se livrer un peu.  Les symptômes de la dépression sont multiples, variés, masqués et souvent à déchiffrer. Pour toutes ces raisons,la dépression peut passer inaperçue.

De la "déprime"ordinaire :

Une des facettes de l'adolescence est la présence de manifestations émotionnelles et affectives intenses, parfois bruyantes et avec de fortes variations. L'adolescent, comparé par Françoise Dolto à un homard en pleine mue, est à fleur de peau. Le corps peut être source d'inquiétudes, de mal être voire d'insatisfaction.

Morose, de mauvaise humeur, boudeur, irritable et triste, l'adolescent a souvent le sentiment de ne pas être compris. Il peut manquer de confiance en lui, douter de ses capacités à réussir, se sentir même incapable et développer un certain pessimisme quant à son devenir. L'ennui, l'impatience de devoir différer la réalisation de certains projets pour le moment inaccessibles teintent ses pensées et ses émotions.

Ambivalent, il oscille entre une demande de protection parentale et une exigence d'émancipation. Les conflits au sein de la famille et ses tentatives parfois houleuses pour se positionner différemment peuvent être source de culpabilité. Enfin, l'idée de mort peut traverser son esprit et le perturber.

Différencier "déprime" et dépression :

L'importance du repérage des troubles dépressifs

Comme nous venons de l'évoquer, le dépistage de la dépression chez un adolescent est une tâche délicate, l'entourage est parfois démuni et il ne faut pas hésiter à recourir à l'aide d'un professionnel compétent si l'on a des doutes (médecin généraliste, psychiatre, psychologue).

 

Différentes séries de facteurs peuvent mettre la puce à l'oreille comme l'intensité des manifestations dépressives, leur durée et leur mode d'apparition.

Cependant, ces repérages peuvent être brouillés, masqués par des comportements à décrypter. L'adolescent dépressif ne se montre pas forcément triste et replié sur lui-même. La dépression peut s'exprimer par une irritabilité, de l'agressivité, de la colère, de l'agitation, des somatisations... Cette complexité du diagnostic du fait de la symptomatologie  polymorphe et la confusion possible avec la déprime ordinaire peuvent avoir pour conséquences la non identification des troubles dépressifs et l'absence de traitement adéquat. Ces dépressions non décelées et non soignées fragilisent l'individu et font le lit de potentielles rechutes dépressives.

 

Comment différencier la "déprime" ordinaire du processus de l'adolescence d'un épisode dépressif ?

 

Ce sont toutes ces caractéristiques qui colorent l'humeur, les pensées et le comportement de l'adolescent que l'on nomme communément "déprime". Cet état ordinaire, transitoire et variable d'un individu à l'autre est constitutif du processus de l'adolescence. La difficulté réside alors dans l'appréciation de ce qui révèle de l'ordinaire et de ce qui peut ou a déjà basculé vers du pathologique nécessitant l'aide d'un professionnel. En effet, si l'adolescence est souvent considérée comme une période "propice à la dépression", il est important de faire la distinction entre une déprime passagère qui n'empêche pas le jeune de poursuivre ses activités avec envie et plaisir d'une véritable dépression de niveaux là encore variables.

Les "warning" à observer :

L'intensité variable des manifestations dépressives :

Le premier facteur permettant de faire la distinction entre l'ordinaire et la maladie est l'intensité des manifestations. Dans la dépression, il ne s'agit plus d'un simple ennui et d'une humeur morose. Le critère premier à considérer est la souffrance morale. Le sentiment de culpabilité peut être accru, la propension à se dévaloriser plus marquée et plus fréquente. Il n'est plus question d'un simple malaise concernant son apparence physique ou de mise en doute à propos de ses capacités intellectuelles. Le point de vue est plus vif, acéré, cinglant et massif. Les idées de mort s'associent à la souffrance morale, à la culpabilité et à la dévalorisation comme une issue pour en finir avec des éprouvés et des pensées insolubles.

La durée des manifestations dépressives :

Pour différencier une "déprime" ordinaire passagère d'un épisode dépressif à proprement dit, la durée des manifestations dépressives est un indice concret et pertinent. Une plainte répétitive voire continue qui dure depuis 15 jours où il est question de culpabilité, de tristesse, de dévalorisation doit être prise au sérieux. Des troubles soudains du sommeil et de l'alimentation sont également des indicateurs.

 

La survenue brutale et inattendue des troubles :

Un changement brutal du comportement de l'adolescent et l'apparition inattendue d'émotions massives (anxiété, agitation, agressivité, colère  ou bien retrait, inhibition, ralentissement moteur et de la pensée. )  sont des signaux d'alerte. La perte d'envie et l'absence de plaisir sont des paramètres importants.

Les effets de la dépression à l'adolescence :

La dépression non traitée peut avoir des effets sur la vie de l'adolescent dans les différents domaines qui la composent. Là encore, le mode d'expression est varié et singulier d'une personne à une autre.

Difficultés scolaires, diminution de l'estime de soi :

La dépression fatigue et agit sur les capacités cognitives. L'attention, la concentration, la mémorisation sont plus difficilement mobilisables. La dépression induit une perte de l'envie et du plaisir qui peuvent se traduire par un désinvestissement scolaire. L'ensemble atteint la confiance en soi, attise les sentiments d'incapacité et d'inutilité. La pensée est obscurcie,  la  perception de l'avenir, des autres, de soi subit ce filtre noir qui peut mener au désespoir. C'est comme si le sujet portait des lunettes noires en pensant être dans le vrai.

 

Dans la dépression, la perception de soi, des autres, du monde, de l'avenir est comme obscurcie par des lunettes noires.

Les conduites à risques :

Les appels à l'aide sont plus ou moins clairs et plus ou moins lisibles. Les proches ne sont pas toujours les mieux placés pour identifier clairement la problématique et les moyens de la traiter. De plus, les conduites à risques et les comportements violents ne sont pas toujours perçus comme l'expression d'un mal être.

Ainsi, les fugues ou leur évocation sont souvent des sonnettes d'alarme à considérer attentivement. La consommation d'alcool ou de drogue peut être une tentative de l'adolescent d'éviter ses émotions négatives alors qu'il ne fait que les aggraver. De la même manière, l'adolescent peut se réfugier dans une utilisation excessive et addictive du numérique (internet, jeux vidéo...) qui ne fait que creuser son isolement et sa dépression. Les accès de violence, les comportements dangereux ou imprudents sont des signaux de détresse psychologique qui nécessitent une aide. Enfin, lorsqu'un adolescent se scarifie ou s'inflige des brûlures cutanées, ces comportements signent des difficultés identitaires. Ils sont quasiment toujours associées à des troubles dépressifs et indiquent un risque suicidaire ("J'ai besoin de me faire mal pour aller mieux et c'est plus fort que moi").

 

L'adolescent suicidaire

Le suicide fait partie des risques potentiels de toute dépression. En France, il est la seconde cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 24 ans.  Le fait qu'un adolescent évoque le suicide ou qu'il ait des conduites dangereuses sont à considérer comme de véritables  appels à l'aide.

 

 

 

 

"- Qu'est-ce que tu fais là, mon pauvre chou ?

A ton âge on ne connaît pas encore les souffrances de la vie !

 

- Manifestement, Docteur, vous n'avez jamais été une fille de 13 ans."

 

 

  In The Virgin Suicides, Jeffrey Eugenides, 1999.

 

 

 

                 Dessin de Haenuli

 

Traiter la dépression

Lorsqu'un adolescent va mal, il ne faut donc pas hésiter et tarder à demander l'aide d'un professionnel. Le médecin traitant est un interlocuteur privilégié qui peut recevoir les interrogations, proposer des solutions adéquates et orienter vers les spécialistes du fonctionnement psychique que sont les psychiatres et les psychologues.

 

Dans un premier temps, il est essentiel d'évaluer précisément le niveau de  dépression, son contexte, d'observer la présence éventuelle d'autres troubles.

Il s'agit également d'enrayer le risque suicidaire. Selon le type de dépression et son intensité, un traitement pharmacologique peut être prescrit mais il n'est pas toujours nécessaire. L'établissement d'un lien de confiance avec l'adolescent et ses proches doit favoriser le dialogue et la mise en place d'un suivi  personnalisé.  L'empathie, la bienveillance et les compétences du professionnel sont des préalables à l'instauration de ce lien.

 

Une proposition thérapeutique complète et adaptée vise à traiter l'épisode dépressif actuel, à identifier et à travailler les divers composants environnementaux et psychiques qui l'ont provoqués, à accompagner des remaniements et ouvrir vers des perspectives d'avenir.

 

Traiter la dépression de l'adolescent

Lecture :

"La souffrance des adolescents"

de Denis Bochereau & Philippe Jeammet

 

 

 

"Il n'est pas toujours facile de distinguer une souffrance " normale" d'une pathologie nécessitant un traitement. C'est l'un des buts de ce livre : aider les parents à comprendre leurs adolescents et repérer certains signaux d'alerte pour lesquels il est préférable de consulter. Édité en collaboration avec la Fondation de France et l'Unafam (Union nationale des amis et familles de malades psychiques), ce livre se veut une réponse aux nombreuses questions des parents concernés, pour les accompagner au mieux dans leur difficile cheminement."


Le sommeil

Qu'est-ce que dormir ?

Hypnos est le dieu grec du sommeil, chez les Romains il est connu sous le nom de Somnus.
Hypnos, dieu grec du sommeil, fils de Nyx déesse de la nuit

Une petite histoire à dormir debout

Dans la mythologie grecque, Hypnos est le dieu du sommeil. Il est le fils de Nyx déesse primordiale de la nuit et le frère jumeau de Thanatos personnification de la mort.

Hypnos est le gardien de la nuit car lui seul reste éveillé. Héra lui demande même d'endormir son époux, Zeus le tout puissant. Elle nomme Hypnos "Maître des hommes et des dieux" puisqu'il a le pouvoir de tous les endormir même le dieu Océan.

On reconnait Hypnos grâce à ses attributs : des fleurs de pavot soporifiques dans la main et une paire d'ailes qui lui permettent de se déplacer rapidement d'un bout à l'autre de la Terre. Il demeure avec son frère dans une caverne obscure sur l'île de Lemnos, au bord du fleuve Léthé nommé également fleuve de l'oubli.

Hypnos est le père d'un millier d'enfants. Dans certains mythes, Morphée, divinité des rêves prophétiques, serait un enfant qu'Hypnos aurait eu avec Nyx, sa propre mère  ! Dans d'autres mythes, Morphée aurait été auto-engendré par Nyx la déesse de la nuit. Pour endormir les mortels, Morphée prend la forme des êtres qu'ils chérissent. Puis il les effleure avec des fleurs de pavot. Alors qu'ils rêvent, il leur suggère ses prémonitions.

 

Dans les bras de Morphée divinité du rêve et fils d'Hypnos
Dans les bras de Morphée divinité du rêve et fils d'Hypnos

Définition du sommeil :

Le sommeil est l'état opposé de l'éveil. C'est un état physiologique  complexe contrôlé par le cerveau. Pendant cette période de repos, on constate une réduction de notre conscience du monde extérieur sans qu'il y ait une perte de sensibilité sensorielle comme dans le coma. Ce processus dépend de facteurs internes et externes. L'alternance jour/nuit induit des changements hormonaux mais aussi au niveau des neurotransmetteurs. Ainsi, lorsque la nuit tombe et que la lumière baisse, l'hormone qui favorise l'endormissement, la mélatonine, est secrétée en plus grande quantité par l'épiphyse. Par la-même, nous pouvons comprendre que les écrans soient contre indiqués puisque la lumière qu'ils diffusent empêchent la sécrétion de cette hormone du sommeil qui se libère en l'absence de lumière.

A quoi sert le sommeil ?

Communément l'on dit que le sommeil est réparateur. En effet, le sommeil permet de reposer le corps, favorise l'immunité avec la sécrétion d'hormones et la régénération des cellules. C'est également pendant le sommeil que l'hormone de croissance est secrétée. De multiples fonctions du sommeil restent encore à découvrir mais il interviendrait dans les apprentissages et les processus de mémorisation (traitement des informations et assimilation). De plus, dormir suffisamment permet de mobiliser son attention dans les tâches quotidiennes. Enfin, le sommeil influe sur notre humeur. Un manque accentué de sommeil et la fatigue engendrée qui s'accumule peut même induire un état dépressif.

 

A quoi sert le sommeil ? Quelles sont les 4 phases d'un cycle de sommeil ?
Tableau de Toulouse-Lautrec, Le lit, 1892

Le cycle du sommeil et ses quatre phases :

Un cycle de sommeil comprend quatre phases qui ont chacune un rôle spécifique. Une nuit comporte 4 à 6 cycles qui se succèdent. Chaque cycle est entrecoupé d'un moment de semi-réveil nommé" latence". Dans cette période intermédiaire, soit l'on se réveille soit l'on repart pour un nouveau train. La fréquence et la longueur des cycles varient d'une personne à une autre et selon les périodes de la vie. Comprendre et connaître le fonctionnement du sommeil en général  ainsi qu'identifier et être à l'écoute de ses propres rythmes  sont souvent profitables.

 

Le train du sommeil permet de repérer et de comprendre les différentes phases d'un cycle de sommeil.

1ere phase : L'endormissement ou la porte vers le sommeil

Cette phase permet la détente corporelle favorisant le sommeil. D'abord la somnolence puis l'assoupissement. Le tonus musculaire et le rythme cardiaque diminuent. Cette phase représente environ 5% du temps total de sommeil. Au-delà de 20 minutes, des difficultés d'endormissement peuvent être évoquées.

2ème phase : Le sommeil lent léger

A ce stade, on repère l'apparition d'ondes lentes au niveau du cerveau. C'est le début de la récupération de l'organisme. Peu à peu, la respiration se régularise, les mouvements oculaires et le tonus musculaire diminuent. La personne est encore très sensible à son environnement extérieur (bruit, lumière...) et peut être facilement réveillée. Cette phase représente 20% du temps total. En vieillissant, ce temps augmente au détriment du sommeil lent profond et du sommeil paradoxal.

Lorsque l'on a une dette de sommeil, il est recommandé de faire une micro sieste quotidienne de 20 minutes maximum. Il s'agit alors de rester dans un sommeil léger réparateur sans pour autant commencer un cycle de sommeil complet qui risquerait d'avoir des conséquences sur l'endormissement du soir.

 

3ème phase : Le sommeil lent profond

Cette phase commence par un moment de transition entre le sommeil léger et le sommeil profond. Déjà le dormeur est plus difficile à réveiller. Le fonctionnement des activités vitales ralentit. Les rythmes cardiaque et respiratoire diminuent, les mouvements oculaires et l'activité musculaire disparaissent, la température corporelle baisse. Au niveau cérébral, on observe des ondes électriques très lentes.

C'est au cours de cette phase qu'est produite l'hormone de croissance qui permet aux enfants de grandir. C'est aussi à ce moment que les défenses immunitaires sont renforcées et que les informations s'ancrent dans la mémoire. Le sommeil lent profond représente 40% du temps total de sommeil. C'est au cours de cette phase que peuvent survenir les terreurs nocturnes ou le somnambulisme, notamment chez l'enfant qui n'en gardera aucun souvenir contrairement aux cauchemars.

4ème phase : Le sommeil paradoxal

C'est le moment privilégié des rêves et des cauchemars notamment ceux qui sont les plus élaborés. L'appellation paradoxal vient du paradoxe entre des caractéristiques du sommeil profond (faible tonus musculaire) et des signes d'éveil (ondes cérébrales  et mouvement oculaires rapides). Cette phase permet notamment la maturation du système nerveux. Dans les premiers cycles de la nuit, la phase est moins longue et augmente progressivement pour représenter 20% du temps total de sommeil.

Les besoins de sommeil aux différents âges :

Les besoins en sommeil varient selon les âges de la vie mais aussi d'un individu à un autre.

Le nombre d'heures de sommeil recommandées selon les âges de la vie.

Les troubles chroniques du sommeil :

Les troubles chroniques du sommeil, c'est-à-dire ceux qui se répètent et se prolongent dans le temps, ont des effets néfastes sur notre bien être physique et psychologique. La fatigue a des conséquences sur nos capacités d'attention, de mémorisation, de concentration. Être fatigué de manière durable et cumuler une dette de sommeil ont des incidences sur notre humeur, nos pensées ainsi que sur nos comportements. Enfin, les troubles chroniques du sommeil ont des répercutions sur le fonctionnement de nos défenses immunitaires et de notre métabolisme.

 

Insomnies, hypersomnie, difficultés d'endormissement, dette de sommeil, apnée du sommeil...Quelles peuvent être les causes des troubles chroniques du sommeil et comment les traiter de manière adéquate ?

Les causes des troubles du sommeil :

Les causes des troubles du sommeil sont diverses et variées. L'origine peut être physiologique ( activité trop intense le soir, alimentation trop riche, prise de médicaments ou d'excitant...).

Des incidences environnementales peuvent aussi agir (bruit, lumière, chaleur, horaires décalés...). Un contexte de maladie peut aussi engendrer des troubles du sommeil (douleur, fièvre, apnées du sommeil...).

Enfin, des causes psychologiques; tels que le stress, l'anxiété, des affects dépressifs, des émotions trop intenses peuvent en être  l'origine. Quand l'insomnie devient chronique, on évoque un cercle vicieux. La crainte de mal dormir ("Je ne dormirai jamais et si je ne dors pas, demain je ne serai pas efficace."), les pensées et les comportements qui y sont associées (temps excessif au lit, sieste trop longue, activités inappropriées...) engendrent à leur tour de l'anxiété et du stress qui alimentent la boucle infernale de l'insomnie...

Il faut parfois bien y réfléchir pour  identifier les causes des troubles chroniques du sommeil et savoir les traiter de manière adéquate. L'aide d'un professionnel peut s'avérer nécessaire.

Rêver

 

 

 

"Les rêves sont la littérature du sommeil. Même les plus étranges composent avec des souvenirs. Le meilleur d'un rêve s'évapore le matin. Il reste le sentiment d'un volume, le fantôme d'une péripétie, le souvenir d'un souvenir, l'ombre d'une ombre."

 

Jean Cocteau

Définition du rêve :

Les rêve se produit pendant que nous dormons et plus particulièrement dans la phase du sommeil paradoxal où nous sommes comme coupés du monde extérieur et où le moi a baissé sa garde. Le rêve est une production psychique faite d'images, de représentations, de sensations, d'émotions. Il correspond à un état conscient mais labile car le cerveau est déconnecté des stimulations externes. Au réveil, le dormeur ne se souvient pas toujours d'avoir rêvé, ne peut en garder que quelques bribes fantaisistes ou bien s'en souvenir au réveil pour l'oublier un peu plus tard.

 

De tous temps et dans toutes les sociétés, les hommes se sont interrogés sur ce phénomène étrange et déployé des croyances diverses (origine divine dans la mythologie et dans certaines religions; séparation du corps et de l'âme au moment du rêve dans le chamanisme...).

Au début du vingtième siècle, la théorie des rêves de Sigmund Freud, fondateur de la psychanalyse, marque un tournant révolutionnaire dans la manière de les appréhender.

 

 

 

 

"Chaque rêve qui réussit est un accomplissement du désir de dormir"

 

Sigmund Freud,

in L'interprétation des rêves, 1900.

L'interprétation des rêves

Freud s'intéressait à ses propres rêves depuis de nombreuses années puis il a porté intérêt à ceux de ses patients. C'est en 1900, après presque quatre années d'écriture, que paraît son ouvrage intitulé "L'interprétation des rêves". Freud y présente sa théorisation du rêve comme production psychique signifiante, qu'il considèrera comme sa plus précieuse découverte. Après sa première parution, l'ouvrage sera remanié et complété à plusieurs reprises par son auteur.

Le rêve voie royale menant à  la connaissance de l'inconscient

Selon la théorisation freudienne, le rêve se présente comme une mythologie dont les acteurs sont le moi, l'enfant et les désirs réprimés.

Le rêve est" l'accomplissement déguisé d'un souhait". Autrement dit, grâce au rêve, le dormeur satisfait ses désirs  les plus secrets dont il n'a pas forcément conscience car refoulés dans son inconscient. Le rêve se lirait donc comme un rébus à déchiffrer pour accéder aux sens cachés. Pour ce faire, Freud met en avant la technique de la libre association sur laquelle est basée la psychanalyse. Le patient est invité à dire tout ce qui lui vient sans faire de tri.

Chaque rêve est unique et particulier dans la mesure où il fait référence à des associations et un symbolisme propres à chaque individu. C'est pourquoi, seule la personne qui a rêvé détient le sens profond de son rêve. Dans la cure psychanalytique, l'analyse et l'interprétation des rêves permet donc d'y voir plus clair avec son propre désir. Cette compréhension de soi-même dénoue certain conflits psychiques et favorise un positionnement plus harmonieux.

Contenu latent et contenu manifeste du rêve, comment se forment nos rêves ?
René Magritte, Les mystères de l'horizon, 1955.

Contenu manifeste et contenu latent des rêves :

Chaque rêve a un contenu manifeste et un contenu latent. Le manifeste qui ne serait que la façade peut être totalement absurde ou bien insignifiant. Il permet à l'inconscient de s'exprimer en évitant la censure du moi. Lorsque l'on évoque ses rêves, il s'agit souvent de ce contenu manifeste appauvri. La démarche psychanalytique s'attache à déchiffrer les aspects voilés, cachés car inconscients qui forment le contenu latent.

 

"Vous voulez être responsables de toutes choses, excepté de vos rêves ! Quel manque de courage logique ! Rien ne vous appartient plus en propre que vos rêves, rien n'est davantage votre œuvre !

Sujet, forme, durée, acteur, spectateur- dans ces comédies vous êtes tout vous- mêmes ! Et c'est là justement que vous avez peur et que vous avez honte de vous-mêmes."

 

  Friedrich Nietzsche, In Aurore, 1881.

 

Johann Heinrich Füssli, Le cauchemar, 1781.

Le travail du rêve :

Comment opère le rêve pour passer du contenu latent au contenu manifeste ?

Au préalable, il est important de souligner que le rêve est soumis à des lois précises et un langage qui lui est propre.

 

Tout rêve se construit à partir de restes diurnes c'est-à-dire  des expériences vécues de la journée de la veille et de souvenirs plus ou moins lointains qui  vont réactiver des désirs infantiles inconscients. A partir de là, Freud décrit divers processus psychiques à l’œuvre dans la construction du rêve.

Ainsi, la figurabilité permet de convertir une idée en image et de traduire les désirs inconscients de manière visuelle notamment par le symbolisme. Le déplacement est le mécanisme qui vient brouiller le rêve et travestir le désir inconscient. Pour ce faire un affect, initialement associé à une représentation, se déplace pour s'associer à une représentation moins gênante pour le moi. La pratique de la libre association en psychanalyse permettra de remonter les chaînes associatives pour accéder aux représentations refoulées et à leurs significations.

La condensation est un autre processus psychique inhérent au travail du rêve. Plusieurs représentations vont être regroupées, condensées, pour n'en faire qu'une. Un élément du rêve peut donc renvoyer à plusieurs représentations d'où la nécessité d'analyser minutieusement le rêve.

Enfin, la figuration permet au rêveur de romancer son rêve pour le transformer en un contenu manifeste plus acceptable  pour le Moi et qui pourra ainsi le conserver au réveil.

Schématisation du travail du rêve selon la théorie psychanalytique. Comment se construit un rêve ? Définition du rêve et explication des mécanismes à l'oeuvre dans le travail du rêve.

La crise d'adolescence

Au sortir de l'enfance

Selon le poète Arthur Rimbaud une des voies de sorties de l'adolescence consiste à s'emparer de son "impulsion créatrice"

 

"Ah ! l’égoïsme infini de l’adolescence, l’optimisme studieux : que le monde était plein de fleurs cet été ! Les airs et les formes mourant… — Un chœur, pour calmer l’impuissance et l’absence ! Un chœur de verres, de mélodies nocturnes… En effet les nerfs vont vite chasser."
Arthur Rimbaud, 20 ans, Jeunesse, in Recueil Illuminations, 1873

 

Approche philosophique de l'adolescence

Paul Audi,  "Au sortir de l'enfance", Édition Verdier, 2017

Paul Audi, philosophe et enseignant à l'Université René Descartes à Paris est  l'auteur de divers ouvrages autour de l'éthique et de l'esthétique.

Dans son nouvel essai, il propose une approche philosophique de l'adolescence, sujet le plus souvent abordé par le biais psychologique. Selon lui, l'adolescence n'est pas seulement le début de la puberté ou le passage de l'enfance à l'âge adulte. Il la conçoit plutôt comme une "période de crise, de crise profonde (...) prenant ici le sens d'interruption ou de rupture, de scission ou de séparation."

 

L'adolescence comme moment de vérité :

Selon Paul Audi, l'adolescence est un moment de vérité qui se manifeste par du doute, des interrogations, de la recherche de soi. L'adolescent prend conscience de sa finitude humaine à savoir " de ne pas pouvoir être à l'origine de son être, de ne pas pouvoir décider, ni intellectuellement ni physiquement de sa venue dans la vie". Cette confrontation à "son impuissance quant à sa naissance" dont l'origine ne lui appartient pas le place face à une dette de vie qu'il est possible de traiter de différentes manières selon comment on la considère. L'adolescence peut donc être vue comme un problème à résoudre.

L'adolescence comme moment de vérité quant à soi
Street Art Paris

Le temps d'une décision à prendre quant à soi

Selon le philosophe, de ne pas avoir choisi sa venue au monde l'individu contracte une dette de vie qu'interroge l'adolescent.  Les conduites à risques, la honte, le désespoir seraient des manifestations de cette prise de conscience quant à son impuissance. L'adolescent tout puissant cherche les limites pour le ramener à une dimension supportable de sa propre puissance. C'est un moment de crise car chaque accès de surpuissance est sanctionné par une conscience d'impuissance. Les deux mêlées induisent un état d'interrogation vertigineuse qui amène à douter de soi.

Que faire de la dette ? Et que faire dès  lors de sa vie ?

Selon le philosophe, le sujet se retrouverait a face à trois possibilités de traitement de cette dette de vie :

Une première configuration qu'il nomme "présomption" à savoir une opinion fondée seulement sur des indices, des apparences, des commencements de preuves. L'adolescent cherche à annuler la dette en ayant l'illusion d'une seconde naissance où il ne doit rien à ses géniteurs.

La deuxième voie serait celle de la "consomption" ou de l'effondrement et du dépérissement face à cette prise de conscience de la dette. La figure de Hamlet en est le prototype. Hamlet qui récrimine et rejette  le monde entier car il n'arrive pas à grandir et ne voit pas comment se tirer de cette situation. Au comble du désespoir, il prononce le célèbre "Être ou ne pas être telle est la question."

Et puis "l'assomption", au sens philosophique d'acceptation, comme troisième configuration . Le sujet assume lucidement  la dette et sa finitude. Cet acte le libère et lui ouvre la voie de la procréation et de la création. Et de citer le poète Arthur Rimbaud pour lequel une des voies de sortie de l'adolescence est de s'emparer de son "impulsion créatrice".

 

Que garde t-on de l'adolescence ?

Après s'être posé la question de ce que l'on garde de l'enfance, l'auteur questionne donc le mode de sortie de l'adolescence. Selon Paul Audi, l'individu sort de l'adolescence mais peut, à certains moment de sa vie d'adulte, réactiver et raviver des moments passés à l'adolescence. Le désespoir, l'importance du regard et la honte, la surpuissance qui nous rend ivre de nous  même seraient des réactivations de cette époque.

Street Art Paris Buttes aux Cailles
Street Art Paris Buttes aux Cailles

Le psychodrame

Psychanalyse & techniques

"Au commencement était l'action", S.Freud in Totem & Tabou

Le psychodrame psychanalytique

Le psychodrame psychanalytique individuel ou groupal est une approche thérapeutique qui permet, grâce au jeu et au faire semblant, de mettre en scène et de représenter des aspects de la vie psychique. Cette thérapie permet notamment au patient d'exprimer ses angoisses et ses craintes à travers des scènes imaginées ou réelles. Il peut être proposé aux enfants, adolescents et adultes.

Les origines du psychodrame  :

Le théâtre de la spontanéité de Moreno :

 

Dans les années 1920, Jacob Lévy Moreno- un psychiatre d'origine roumaine contemporain de Sigmund Freud, passionné d'art dramatique et explorant les phénomènes de groupe- crée à Vienne le « théâtre impromptu » ou « théâtre de la spontanéité ».

Il s'agit d'un théâtre de créativité et d'expression spontanée . Un drame vécu où l'acteur joue, avec ses propres mots, sa propre histoire. Sa technique active se focalise sur le désir de renforcer les capacités d'affirmation de soi.

 

Le psychodrame psychanalytique individuel :

 

Le psychodrame psychanalytique individuel a presque 70 ans, il a été introduit dans l'après-guerre, à l'hôpital des Enfants-Malades à Paris, par Serge Lebovici.

 

Lebovici, comme tout psychanalyste d'enfants était habitué à recourir à des « médiateurs », tel que le jeu, pour pallier à une expression verbale insuffisante chez les enfants. Il utilisait souvent les marionnettes et s'était rendu compte que par ce biais les enfants vivaient des « séquences dramatiques à travers lesquelles leurs pulsions, leurs angoisses, leurs mécanismes de défenses se réalisaient et s'exprimaient avec une authenticité remarquable. » Aussi a-t-il eu l'idée de faire jouer les enfants sans les marionnettes. Ce qu'il nomme d'abord « psychanalyse dramatique de groupe ». Il remarque que dans les traitements individuels, à savoir un enfant et un groupe de thérapeutes, la dynamique est différente. C'est pourquoi, en collaboration avec d'autres psychanalystes, dont René Diatkine, Evelyne et Jean Kestemberg, Lebovici applique prioritairement ce qu'il appelle « psychodrame analytique individuel», au traitement d'enfants gravement perturbés.

 

Dans le même temps, le psychodrame morénien est introduit en France par des psychologues et des psychanalystes formés par Moreno. Ils pratiquent le psychodrame de groupe avec des enfants ayant des difficultés scolaire. L'objectif est d'acquérir une meilleure confiance en soi.

Assez vite, apparaissent des divergences qui ne cesseront d'accroître entre les deux courants de psychodrame. Le psychodrame morénien vise la décharge des tensions et des conflits. Quant au psychodrame psychanalytique individuel, il tend plutôt à la prise de conscience des conflits internes non pas pour les évacuer mais pour en favoriser l’élaboration et ce en aménageant leur représentation sur la scène du jeu. 

 

Les indications pour le psychodrame psychanalytique sont diverses et variées. En effet, cette approche est indiquée pour toutes les personnes qui ont des difficultés à associer librement à savoir à dire ce qui leur traverse l'esprit sans faire de tri et sans à priori (une image, une idée, un rêve, un mot, un sentiment...)

 

Le psychodrame psychanalytique groupal :

Les précurseurs sont Didier Anzieu et Daniel Widlöcher. Le dispositif comprend un groupe de patients et des thérapeutes. Il est surtout pratiqué avec des enfants et des adolescents. Les enfants choisissent un thème et distribuent les rôles. La dynamique de groupe et les différentes identifications sont observées. A ces âges, le groupe des pairs peut avoir une fonction contenante de soutien narcissique et permettre le déplacement des investissements  affectifs jusqu'alors réservés aux parents.

Comment cela se passe t-il ?

 

Un premier entretien a d'abord lieu avec le patient afin de lui expliquer les règles de fonctionnement du psychodrame psychanalytique individuel, notamment le secret professionnel et la règle de la libre association commune à la cure psychanalytique où il s'agit de dire tout ce qui vient comme ça vient. Ici, la règle devient "tout jouer ou tout représenter".

Lors de cette première rencontre, la règle du « faire semblant" , clé de voûte du psychodrame, sera abordée. Au psychodrame, on ne touche pas mais on fait semblant, on ne fait pas mais on mime l'action.

A la suite de cet entretien, si le patient est prêt à s'engager dans la thérapie, une première séance a lieu. Pour ce faire, plusieurs personnes seront impliquées dans ce psychodrame dont le patient, un directeur de jeu qui organise le jeu mais qui ne joue pas et les co-thérapeutes qui feront office d’acteurs. C’est le patient qui proposera la scène à jouer et qui répartira les rôles. C'est le Directeur de jeu qui peut clore la scène ou l'interrompre pour faire une remarque.

Pour en savoir plus :

Pour ceux qui veulent en apprendre d'avantage, le site d'information Psynem propose un riche tour d'horizon du psychodrame et du psychodrame psychanalytique individuel.

L'enfant et le psy

Rencontre avec le "psy"

Petite sélection de livres pour enfants

Des propositions de livres pour enfants selon les âges afin d'aborder plus sereinement la rencontre singulière avec le "psy" (psychologue, pédopsychiatre, psychanalyste, psychothérapeute). Pour les adolescents, une BD-thèque est également disponible sur le site rubrique "psychanalyse".

"Chez le psy" :

 

Textes de Catherine Dollto et Colline Faure-Poirée. Illustration de Frédérick Mansot. A partir de 3 ans.

 

 

"Parfois, on a l’impression que tout va mal et même si on aime beaucoup ses parents, il y a des choses qu’on n’arrive pas à leur dire. Alors, mine de rien, aller voir un psychothérapeute, ça aide à aller mieux, à aimer la vie et les gens."

 

Éditions Gallimard/ Mine de rien, 2005

 

"Manu et le psy":

D'Éric Englebert, médecin et thérapeute. A partir de 6 ans.

 

 

 

 

 

Le petit Manu est triste et angoissé, ses résultats s'en ressentent. Il pense que le psy est pour les fous mais son meilleur ami le rassure et le conseille d'y aller.

 

Éditions Grasset jeunesse, 2006.

 

 

"Lili va chez le psy" :

De Serge Bloch et Dominique de Saint Mars. Dès 7 ans.

 

"Max et Lili sont bouleversés. Leur chien a disparu... Mais quand il revient, Lili ne va pas mieux... Elle reste inquiète, agressive et ne quitte plus sa mère... Une psy saura-t-elle dénouer le mystère Lili ?"

 

Editions Calligram, 2001

 

"Pierre-Emile et son double chez le psy" :

De Klaus-Peter Wolf, à partir de 9 ans.

"Pierre-Émile est absolument sûr qu'un monstre gargouille dans le radiateur ou se tient à l'affût sur le sofa, déguisé en coussin. Mais ses parents refusent de le croire. Pierre-Émile et son double entreprennent donc seuls le combat contre le monstre. Les événements se précipitent quand tante Olga a l'idée d'envoyer Pierre-Émile chez le psy. Son double, bien sûr, ne va pas le laisser tomber..."

 

Éditeur La Joie de Lire, 2004.

"Anastasia, demande à ton psy !"

De Lois Lowry, roman à partir de 13 ans.

 

 

"Anastasia est bien la seule à devoir supporter des parents qui refusent de faire des choses civilisées, comme jouer au bridge, par exemple. Elle est aussi la seule à devoir supporter un petit frère de trois ans surdoué et tourmenté. Pourquoi faut-il que ce soit elle qui ait à se débrouiller avec des gens aussi bizarres que ça ? Mais un jour, elle comprend que c'est elle-même qui est bizarre... Alors Anastasia prend ses propres intérêts en main : pendant la plus grande partie de son année de quatrième, elle suivra une thérapie avec le plus célèbre docteur du monde, Sigmund Freud en personne."

 

Éditions l’école des loisirs, 1990.

 

Bédéthèque psy

BD-thèque psychanalyse

Une petite sélection de bandes dessinées

Quelques bandes dessinées autour des "psy" à feuilleter pour le plaisir. Pour ceux qui côtoient le divan mais pas seulement...

"Psychanalyse du bad guy" :

Après avoir allongé sur le divan du psy les super héros, les héros de manga, du western, de l'Antiquité et héros en tous genres, le scénariste Wandrille,  ici accompagné du dessinateur Matt Dunhill, fait le portait psychologique des  plus méchants des méchants et des plus monstrueux des monstres ( Dracula, Hannibal Lecter, le Jocker...).

Éditeur Wraoum.

"Les psy" :

"Les psy" est série humoristique franco-belge dessinée par Bédu et scénarisée par Raoul Cauvin. Crée en 1992, à l'origine pour le Journal de Spirou, la série compte aujourd'hui une vingtaine de numéros ("Quel est votre problème ? / Dites-moi tout ! /Je vous écoute./ Chacun son tour...") . Elle raconte le quotidien d'un psychiatre, le  docteur Médard confronté aux pathologies saugrenues de ses patients qui le poussent à bout : "Ce métier me rendra fou !" Si ses méthodes sont parfois décalées, il ne manque ni de bon sens ni d'inventivité pour venir en aide à ses patients.

Éditions Dupuis.

"Docteur Rorschach" :

De la dessinatrice Vaïnui de Castelbajac qui dit s'amuser " de la capacité qu’on a tous à sur-psychanalyser tout." Sur le divan, du docteur Rorschach, des patients originaux défilent pour confier leurs problèmes existentiels comme ce puzzle dépressif qui craint de ne jamais se reconstruire ou le Père Noel qui ne croit pas en lui. Imperturbable, le docteur les écoute.

Éditions Delcourt.

"Les aventures de Sigmund Freud" :

Les aventures de Sigmund Freud, Bande dessinées, Pschy'Ass, Pr Vitalis et Dr Crouchez

Du Pr. Vitalis et du Dr. Crouchez, cette ouvrage édité en 1973 raconte  la vie de Freud, sur un ton satirique et obscur, de sa naissance dans la petite ville de Moravie à ses débuts en tant que médecin.

Éditions PSYCH'ASS

"Émilie voit quelqu'un : Psy à psy, l'oiseau fait son nid"

"Emile voit quelqu'un, tome 1 : Après la psy, le beau temps"
"Emile voit quelqu'un, tome 1 : Après la psy, le beau temps"

Deux tomes, de la dessinatrice Anne Rouquette avec les textes de Théa Rojzmann, qui dépeint la vie d'une institutrice trentenaire qui après avoir décidé de se prendre en main en démarrant une thérapie qui lui a redonné le sourire, décide qu'il est maintenant temps d'y mettre un terme. Or, tout ne se passe pas comme elle l'avait imaginé...

Éditions Fluide Glacial-Audie.

"Freud, une biographie dessinée" :

Freud : une biographie dessinée. BD psy racontant la vie mouvementée de l'inventeur de la psychanalyse, magnifiquement illutrée.

La vie mouvementée du Docteur  Sigmund Freud,  dans le Vienne des années 1920, fidèlement racontée par la psychanalyste Corinne Maier et magnifiquement illustrée par Anne Simon.

Éditions Dargaud.

"Le divan de la BD" :

Après "Le docteur psy" qui avait pour patients les grands hommes de l'Histoire, Jean-Pierre Dirick livre une parodie de séances de psychanalyse réunissant des Héros de la bande dessinée (Gaston Lagaffe bricoleur maniaco-dépressif, le grand Stroumpf ou le traumatisme du nain de jardin; Joé Dalton ou le complexe de la bande des quatre...).

Éditions Jocker.

"Tintouin chez le psychanalyste" :

Le quatrième album du célèbre psychologue, psychiatre et psychanalyste français, Serge Tisseron. Les lecteurs y retrouvent les mêmes personnages que dans "Bulles de divan" puis "Journal d'un psychanalyste". Leur thérapie a avancé mais ils se laissent toujours surprendre par l'inatendu de leur discours sur le divan.

Chez Calmann-Levy.

"Le retour du Docteur Smog " :

Trois albums des aventures du Docteur Smog du Québécois André-Philippe Côté.

Après "Psychoses &Cie", le psy est de retour avec son sens de l'autodérision bien particulier.

Éditions La Presse.

Sigmund Freud : L'interprétation des rêves

A partir de l'ouvrage  de Freud "L'interprétation des rêves" paru en 1899, le dessinateur de manga et scénariste japonais Variety Artworks suit le cheminement de l'inventeur de la psychanalyse pour élaborer sa théorie du rêve.

Éditeur Soleil.

"Une aventure rocambolesque de Sigmund Freud. " :

Une aventure rocambolesque de Sigmund Freud, bdpsy

Le dessinateur et scénariste Manu Larcenet nous plante un Sigmund Freud qui part en plein Far West à la conquête de l'inconscient américain car "un continent presque neuf à psychanalyser" cela ne se refuse pas.

Éditeur Dargaud

Congrès médecine & psychanalyse 2018

Médecine & psychanalyse

Pudeur/Impudeur

Congrès en janvier 2018

" Qu'en est-il du geste, de la parole et du regard dans le champ de la médecine, de la psychanalyse et des contacts avec le monde extérieur à l'ère de la révolution numérique? Qu'en est-il de la pudeur, de l'intime, à l'heure où l'impudeur nous guette dès que notre corps est sollicité ?"

Les tests d'intelligence : Echelle de Wechsler adulte, la WAIS IV

LA WAIS IV

Wechsler Intelligence Adulte Scale

Présentation du test psychométrique pour adulte :

La WAIS IV est une des échelles d'intelligence conçues par David Wechsler, psychologue.

Sa première version parut en 1955 puis elle fut régulièrement actualisée notamment pour épouser les avancées du Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders ou DSM).

Le DSM est un manuel  élaboré et révisé par l'association américaine de psychiatrie afin de classer et répertorier les troubles mentaux d'un point de vue exclusivement symptomatique et descriptif.

 

La WAIS IV peut être utilisée chez les sujets de plus de 16 ans. Avant, d'autres échelles existent. Elle est composée de plusieurs subtests qui commencent par un item (une question, un problème) simple, pour progresser vers du plus difficile.

Chaque subtest donne un nombre de points au participant. Lorsque le test est terminé, les points sont transformés en scores par le psychologue. Ces scores correspondent à la performance du participant par rapport à une population générale. Le score global donne ce que l'on nomme le Quotient Intellectuel ou QI.

 

Cependant, comme nous l'avons évoqué précédemment dans notre présentation du test pour enfant et adolescent (WISC V), la notion de QI est à manier avec précaution et ne peut être évaluer que par un professionnel. En effet, le QI n'est qu'un arrêt sur image à un instant donné d'une partie des aptitudes cognitives du sujet testé. Cette notion de QI reste controversée car elle se base sur une définition de l'intelligence comme intelligence générale (facteur G) et ne prend pas en compte les multiples facettes de l'intelligence et la richesse de ses variations socio-culturelles.

 

Un test psychométrique n'a donc qu'un intérêt limité  s'il n'est pas associé à une étude approfondie de la personnalité dans sa finesse et sa globalité. Son analyse quantitative et qualitative réalisées par le psychologue doit également ouvrir sur des pistes de travail constructives pour l'individu évalué.

Structure de la WAIS IV pour adultes :

Structure de la WAIS IV, test d'intelligence de Wechsler permettant notamment de calculer le Qotient Intellectuel (QI) dans le cadre d'un bilan psychologique.
Structure de la WAIS IV

Les tests d'intelligence : Echelle de Wechsler enfant/ado, WISC V

Le WISC V

Test d'intelligence pour enfants & adolescents

Comment définir ce qu'est l'intelligence ?

 Il y a de multiples définitions de l'intelligence selon la référence théorique à laquelle on se réfère, la culture à laquelle on appartient.

Étymologiquement, le mot vient du préfixe latin “inter”, entre, et du verbe “legere” signifiant discerner, démêler, comprendre.

En philosophie, l'intelligence est associée au raisonnement et à la réflexion, en opposition avec l'instinct.

 

De manière empirique, on pourrait dire que l'intelligence est la faculté d'un être vivant de connaître et de comprendre, de s'adapter à son environnement et de trouver des solutions aux problèmes qu'il rencontre. L'intelligence présente de multiples aspects non hiérarchisés, elle est multifonctionnelle : intelligence relationnelle, pratique, créatrice, corporelle, émotionnelle...

 

Depuis ses origines jusqu'à aujourd'hui, les différentes branches de la psychologie se sont attelées à définir l'intelligence.

Pour Jean Piaget, psychologue qui a conceptualisé les stades du développement cognitif chez l'enfant, l'intelligence évolue du concret vers l'abstrait. Selon lui, “l'intelligence ce n'est pas ce que l'on sait mais ce que l'on fait quand on ne sait pas”.

La plupart des théories actuelles réfutent cette idée de Piaget d'une évolution par bonds qui irait vers l'avant. Ces théories, dites évolutionnistes, envisagent plutôt une progression graduelle et quasi continue de l'intelligence, progression marquée d'arrêts, de retours en arrière et de faux pas.

Pour Spearman, psychologue anglais, il existe une seule intelligence générale qui serait la capacité à acquérir des connaissances, à raisonner et à résoudre des problèmes.Toutes ces facultés seraient reliées entre elles. Il existerait un facteur commun à ces activités mentales qu'il nomme facteur G. 

Selon David Wechsler qui a mis au point le WISC et la WAIS très utilisés aujourd'hui par les psychologues, « L’intelligence est la capacité d’un individu à initier des actions dirigées vers un but, à penser de manière réaliste et à interagir efficacement avec son environnement.»     

A l'inverse, Howard Gardner évoque des intelligences multiples ou habilités qui ne seraient pas forcément toutes présentes dans le concept d'intelligence générale.

Les différentes échelles d'intelligence de Wechsler :

David Wechsler, psychiatre américain, a inventé la WAIS pour évaluer l'intelligence.
David Wechsler 1896- 1981

Le Wechsler-Bellevue, conçu en 1939, est la première échelle d'intelligence standardisée construite dans le but d'être appliquée à une population adulte. Elle tient compte des modifications des performances intellectuelles dues au vieillissement.

Son succès a incité son auteur à en faire une révision qui deviendra, en 1950, la WAIS (Wechsler Adult Intelligence Scale). La WAIS est utilisable chez les sujets de plus de 16 ans. Dès 1949, pour les enfants de 6 à 16 ans, Wechsler a mis au point le WISC (Wechsler Intelligence Scale for Children). Enfin, en 1967, une version pour les plus jeunes, le WPPSI ( Wechsler Preschool and Primary Scale of Intelligence) a été crée.

La notion de Quotient Intellectuel ou QI :

 

Le quotient intellectuel, ou QI, est le résultat obtenu à un test psychométrique dans le cadre d'un examen psychologique. Il entend fournir une indication quantitative standardisée de l'intelligence humaine, l'individu étant situé par rapport à une moyenne de personnes dites représentatives. Le QI seul, sans les indices supplémentaires, évalue uniquement l'intelligence générale.

 

 

Cette notion de QI fait l'objet de nombreuses critiques et controverses notamment du fait qu'il n'y ait pas de consensus pour définir l'intelligence. En effet, comme nous l'avons évoqué sa définition varie selon l'approche théorique et il existe d'importantes variations socio-culturelles. Les tests de QI sont donc à prendre avec précaution  en ayant à l'esprit le fait qu'ils ne testent, à l'instant même de la passation, qu'une partie de l'intelligence.

 

En ce sent l'analyse fine des résultats, les observations cliniques lors des rencontres,  les épreuves de personnalité qui sont associées enrichissent la compréhension que se fait le psychologue de la personne qu'il évalue et lui permettent de proposer des pistes de travail à explorer. Le résultat obtenu au QI ne suffit donc pas, c'est tout le travail d'interprétation du psychologue qui donne du sens à ce test.

 

Présentation du WISC V :

Le WISC V est la cinquième et toute dernière édition du test qui a été plusieurs fois révisé depuis sa création. Les révisions tentent de suivre l'évolution des critères du manuel de diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM 5) de l'association américaine de psychiatrie.

Déroulement du bilan psychologique :

Le bilan psychologique débute toujours par un entretien clinique avec l'enfant et ses parents afin de recueillir l'anamnèse, de faire connaissance, de repérer la problématique, d'évaluer la pertinence d'un bilan et les outils à utiliser.

 

Le second rendez-vous est celui du bilan avec l'enfant. En ce qui concerne le WISC V, les cinq  subtests principaux (soulignés en rouge sur le schéma qui suit) sont proposés  pour calculer le Quotient Intellectuel Total qui se réfère à la définition de l'intelligence générale (facteur G). Ces 5 subtests donnent des indices sur les performances du sujet dans chacune des fonctions cognitives explorées (Compréhension verbale, Mémoire de travail, Raisonnement, aptitudes visuo-spatiales et Vitesse de traitement).

Or, il est souvent judicieux d'affiner les résultats en explorant d'autres subtests en fonction de la problématique, des questions qui se posent et des indications à poser.

 

Après avoir dépouillé les résultats et rédiger un bilan écrit comprenant une analyse quantitative et qualitative, le psychologue propose une séance de restitution à l'enfant et ses parents. Cet entretien a pour but d'expliquer les résultats et d'ouvrir sur des pistes de travail constructives. Le bilan écrit pourra servir aux différents intervenants qui accompagnent l'enfant.

Structure du WISC V:

Structure de l'echelle d'intelligence de Wechsler pour enfant et adolescent ou WISC V . Nouvele édition du WISC utilisé dans le cadre d'un bilan psychologique
Structure du WISC V

Bilan psychologique, la Figure de Rey

Le bilan psychologique

Le test de la Figure complexe de Rey

Le test de la figure complexe de Rey présente deux modèle selon l'âge de la personne évaluée. Le modèle A est proposé à partir de 6ans. Le modèle B dés 4 ans.
Figure de Rey modèles A et B selon l'âge de la personne testée

Présentation du test

Ce test a été élaboré en 1941 par le psychologue suisse André Rey.

La figure A présentée ci-dessus peut être utilisé dans l'évaluation de l'enfant dés 6 ans, de l'adulte et de la personne âgée. Une autre figure,  moins complexe, peut être proposée de 4 à 8 ans (figure B).

Cette épreuve donne des indications, à un instant donné, sur le niveau intellectuel et surtout sur l'organisation perceptivo-motrice. Il est indiqué pour évaluer les effets d'un traumatisme cérébral, l'évolution d'une démence chez le sujet âgé mais aussi le développement cognitif de l'enfant.

André Rey dans le laboratoire de psychologie clinique d' l'Institut Jean-Jacques Rousseau.
Le laboratoire d'André Rey, psychologue

Déroulement de l'épreuve

La passation se déroule en trois temps que le psychologue doit énoncer. Les deux première étapes sont chronométrées. Cette utilisation du temps donne des indices lorsqu'il y a une problématique anxieuse, une impulsivité ou un désir de performance.

Tout d'abord, un temps de copie où le clinicien présente horizontalement la carte-modèle à l'examiné. La consigne est simple : "Je vous demande de copier ce dessin". Des crayons de couleurs sont proposés au fur et à mesure de l'avancée pour suivre les étapes de réalisation. Pas de gomme ni de règle.

Puis une pause de trois minutes est observée. Dans un second temps, il est demandé de "réaliser le même dessin sans le modèle", c'est la reproduction de mémoire. Des encouragements sont prodigués pour rassurer le sujet inquiet ou hésitant.

Enfin, vient le moment de l'enquête qui a une dimension projective. On invite l'examiné à reconnaître des schèmes familiers : "Qu'est-ce que cela pourrait être ?"

Il peut être demandé à la personne d'expliquer ou de commenter la manière dont il a procédé.

Cotation et analyse par le psychologue

L'analyse de la copie donne des indications sur la sphère grapho-motrice ainsi que sur le repérage visuel et spatial. La mémoire visuelle immédiate, l'attention, la concentration, la planification, les habilités de construction, le contrôle et l'inhibition sont étudiés. La vitesse d'exécution donne des indication sur la lenteur dans les apprentissages ou bien sur des difficultés à gérer l'impulsivité. Dans l'analyse de la reproduction de mémoire sont éprouvés la sphère mnésique et le contrôle attentionnel.

Bilan psychologique de l'enfant, le test de la figure de Rey donne des indications sur le développement cognitif.
Exemple de réalisations de la figure de Rey, enfant de 10 ans

Les tests de personnalité : Le Patte-Noire

Bilan psychologique enfant

Epreuve projective de personnalité

Test du Patte noire version cocho

Présentation du test du Patte-Noire

 

Le test de Patte-Noire appartient au domaine des épreuves de personnalité dites projectives, comme le test du Rorschach ou le TAT. Il a été élaboré par Louis Corman, psychiatre français inventeur de la morphopsychologie, en collaboration avec le dessinateur Paul Dauce. Sa première parution date de 1961

 

Le test est composé de 19 planches, en noir et blanc, représentant "les aventures de Patte-Noire", un petit animal nommé ainsi à cause de la tâche qu'il a sur la patte et qui le différencie des autres. Une version initiale représentent des cochons. Une autre version, dite parallèle, est disponible où les moutons remplacent les cochons.  Ce test s'adresse aux enfants de 5 à 10 ans.

Le but est de proposer un matériel permettant à l'enfant de s'identifier et de projeter sa problématique interne.

Test de personnalité projectif pour enfant, les aventures de Patte-Noire, version mouton, planche de la relation au père.

La passation du Patte-Noire :

La passation du test se déroule en trois étapes. Dans un premier temps, il est demandé à l'enfant de raconter une histoire. Le choix des planches et leur ordre sont établis par l'enfant. Dans un second temps vient l'épreuve des choix. Le psychologue lui demande de choisir les planches les plus aimées puis celles les moins aimées et de dire qui il aimerait être dans la planche. Enfin, on demande à l'enfant de dessiner "le rêve de Patte-Noire" tel qu'il l'imagine ou bien d'énoncer les trois vœux de la fée.

L'analyse du protocole :

L'ensemble des récits recueillis par le psychologue est nommé "protocole". Comme nous l'avons évoqué précédemment, les tests projectifs partent du principe qu'il n'y a pas de perception neutre mais que tout perception est sous-tendue par un travail d'interprétation propre à chaque individu. C'est ce que l'on entend par mécanisme de projection. L'analyse du récit s'attachera à mettre en avant ces problématiques internes infantiles centrées autour des images parentales et de la fratrie. Divers registres conflictuels seront abordés : l'oralité, la jalousie, l'abandon, la relation au père puis à la mère, la rivalité... Il s'agira également d'observer les mécanismes défensifs mis en place.

Enfin, l'analyse des processus identificatoires, de leur évitement voire de leur refus, contribue à cette analyse dynamique de la personnalité.

Le test du Patte-Noire élaboré par Corman est une épreuve de personnalité dite projective pour les enfants.
Quelques planches du Patte-Noire

Du réel au virtuel

Philosophie des jeux vidéo

Cave de réalité virtuelle

Du réel au virtuel et s'il n'y avait qu'un pas...

Olivier Nannipieri, maître de conférences au laboratoire de recherche i3M-Toulon

"Peut-on tomber du sommet d'une colonne virtuelle ? La question peut paraître étrange. Or, immergé dans un environnement virtuel, un individu peut éprouver la sensation paradoxale d'être dans un lieu dans lequel il n'est pas réellement. Brouillant la frontière entre le réel et l'illusion, la réalité virtuelle permet d'expérimenter un type de présence au monde qui ne peut se réduire à une simple illusion mais qui, en même temps, ne peut être réelle. Ainsi, loin d'être seulement une prouesse technologique, la réalité virtuelle n'exige-t-elle pas de repenser notre rapport au monde, qu'il soit réel ou virtuel?"

in Du réel au virtuel. Les paradoxes de la présence

Du réel au virtuel. Les paradoxes de la présence. Olivier Nannipieri, L'harmattan 2017

Les jeux vidéos donnent parfois le sentiment de vouloir mettre la réalité entre parenthèses et de nous faire entrer dans un autre monde. Or, cette "réalité virtuelle", nous fait-elle réellement accéder à une autre réalité ou bien dérive-t-elle d'une croyance, volontaire ou non, de la part du joueur ? Si l'on croit Olivier Nannipieri, la réponse pourrait bien se trouver entre les deux. Nous retrouvons là le philosophe Gilles Deleuze lorsqu'il précise que le virtuel ne s'oppose pas au réel mais à l'actuel (ce qui existe dans le concret), alors que le réel s'oppose quant à lui au possible. Le possible est déjà défini, déterminé, c'est un réel latent auquel il ne manque que l'actualisation.

L'émission radio Les Chemins de la philosophie par Adèle Van Reeth  consacre quatre volets à la philosophie des jeux vidéo.

Les thérapies en réalité virtuelle

Les thérapies en réalité virtuelle, utilisation en TCC

Des sujets à méditer à l'heure où les thérapies en réalité virtuelle se proposent de soigner les phobies (peur de l'avion, des  araignées, vertige...) en ayant recours à des casques de réalité virtuelle qui exposent et immergent progressivement le patient dans des situations qui l'angoissent . Le but est qu'il ait l'illusion d'y être présent.

Cela représente une alternative à l'exposition imaginaire ou en situation (in vivo).

Cette approche, se référant aux modèles des thérapies cognitives et comportementales, doit permettre au sujet de comprendre les mécanismes de son anxiété pour pouvoir la maîtriser.Lorsque cela fonctionne, le patient est désensibilisé.

Pour les psychanalystes, reste la question de l'origine et de la signification de la peur  qui peut, dans le cadre d'un syndrome anxieux,  réapparaitre ou se déplacer si elle n'est  pas suffisamment travaillée. Les comportementalistes refusent cet argument et pensent que si le symptôme se déplace c'est que la thérapie comportementale n'a pas suffisamment multiplier les contextes d'apprentissage et qu'il faut maximaliser le champ d'application.

Françoise Dolto sur les ondes


Françoise Dolto sur les ondes

Donner la parole aux enfants

"Tous les souvenirs de nos parents, de nos ancêtres sont inclus en nous"

Il y a 40 ans la célèbre pédiatre- psychanalyste, Françoise Dolto était sur les ondes radio.
Françoise Dolto

D'octobre 1976 à octobre 1978, Françoise Dolto, la célèbre pédiatre-psychanalyste française, répond aux questions que les auditeurs lui posent dans leur courrier. L'émission radio diffusée sur France inter, qui s'appelait "lorsque l'enfant paraît "(en référence au titre d'un poème de Victor Hugo), connait un vif succès. En toute simplicité et avec son franc parler, Dolto parle d'éducation, de l'importance de la parole qui circule, de la part de l'inconscient. L'arrivée d'un nouvel enfant  et la jalousie de l'aîné, l’absence temporaire d'un père, les modes de garde, le respect des rythmes de l'enfant... tout autant de questions auxquelles elle apporte son éclairage et qui demeure, quarante plus tard, toujours d'actualité même si elle a fait l'objet de nombreuses attaques et dérives.

"Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille
Applaudit à grands cris.
Son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux,
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,
Se dérident soudain à voir l'enfant paraître,
Innocent et joyeux."

(Extrait du poème de Victor Hugo)

Consultation gratuite pour les adolescents


Ado en souffrance

Ado en souffrance et le "psy"

Un accès gratuit au psychologue

Expérimentation dans trois régions

L’expérimentation était prévue dans le projet loi de financement de la sécurité sociale pour 2017. Un décret publié au Journal officiel du 7 mai 2017 en précise les modalités.

 

Pendant une période expérimentale de quatre ans, les médecins généralistes, les pédiatres et les médecins scolaires pourront prescrire jusqu'à douze séances remboursées chez un psychologue libéral aux adolescents de 11 à 21 ans, en souffrance psychique.

 

Attention, dans un premier temps, cette expérimentation sera menée exclusivement dans trois régions : l’Ile-de-France, le Grand Est et les Pays-de-Loire.

 

Cela nécessitera le consentement éclairé du jeune ou des titulaires de l'autorité parentale. L'adolescent pourra demander à changer de psychologue en cours de suivi. Le psychologue devra, quant à lui, adhérer à la charte de cette expérimentation.

 

Psy actualités : cinéma


Le psy dans la fiction

Paris, film de Cédric Klapisch

Séance chez le psychanalyste

Développement de l'adolescent


MOOC Adolescent

Psychologie du développement

Un cours en ligne gratuit et ouvert à tous

L'Université Grenoble-Alpes ouvre ce 8 mars les inscriptions pour  un MOOC sur le développement de l'adolescent (Massive Onpen On line Course). Il s'agit d'un d'un cours collectif en ligne gratuit chapeauté par Christine Cannard, docteure en psychologie de l'enfant et de l'adolescent.

Ouvert à tous, aux familles, aux professionnels autant qu’aux adolescents eux-mêmes, le Mooc sera composé de six modules, proposant chacun cinq vidéos de cinq à sept minutes, suivies de questions pour valider les acquis.

Il se déroulera entre le 5 juin et le 15 juillet 2017, mais les inscriptions seront ouvertes dès aujourd'hui sur la plateforme Fun.

 

"Comment comprendre les comportements des jeunes plongés dans cette période de transition pubertaire qui les confronte à de nouvelles questions identitaires ? Comment s’observent ces changements pubertaires : biologiques, cognitifs, moraux, psychiques et sociaux ? Et comment repérer les spécificités psychologiques de chaque adolescent ? » Autant de question auxquelles répondra ce Mooc, indiquent les services de l’UGA.

Numérique et psychanalyse :


Michaël Stora

psychanalyste et "psy gamer"


De formation de cinéaste, Michaël Stora est ensuite devenu psychologue et psychanalyste. En 2000, il cofonde l’OMNSH (Observatoire des Mondes Numériques en Sciences Humaines) pour rassembler les chercheurs et publier leurs contributions universitaires. Il se définit comme "psy gamer" c'est-à-dire qu'il utilise les jeux vidéo comme médiation thérapeutique. Michaël Stora est l’auteur de Guérir par le virtuel (Presses de la Renaissance, 2005), Des avatars et des hommes (Anne Carriere Eds) ou encore Télé et jeux vidéos (Nathan, 2010).

 

Dans un article du journal le Monde du 21 juin 2016, il décrivait ainsi son accompagnement thérapeutique :

 

"En tant que psychanalyste, j’utilise ce que l’on appelle la cure par la parole. Il s’agit d’abord de montrer aux patients que je ne méprise pas les univers virtuels dans lesquels ils évoluent. Je les écoute pendant des heures et des heures me parler de World of Warcraft, de Dofus, et maintenant de League of Legends… Je les écoute, je les valorise, et petit à petit, j’essaie de leur montrer qu’il y a de la symbolique derrière la façon dont ils appréhendent le jeu : pourquoi choisir d’incarner un elfe ou un soigneur ? Pourquoi préférer la civilisation pacifiste dans Civilization, et refuser toute dimension guerrière ? Mais la cure par la parole a ses limites, ça ne marche pas toujours. C’est la raison pour laquelle je mène aussi des thérapies de groupe et que je tente d’organiser un atelier spécifique appelé « IRL Experience »."

MOOC digital média

Psychanalyse et jeu vidéo

L’Ecole Professionnelle Supérieure d’Arts Graphiques de la ville de Paris propose des cours ouverts à tous (MOOC). 5 vidéos traitant de l'internet de la réalité virtuelle augmentée, de la domotique, de la recherche concernant le soin par le jeu vidéo...

Congrès numérique et psychanalyse


Congrès médecine et psychanalyse

Tous connectés : le numérique et le soin

Congrès médecine et psychanalyse

Numérique & psychanalyse : mariage ou divorce?

Danièle Brun, psychanalyste était l'invitée de la Discussion du soir animée  par René Frydman. Ensemble, ils interrogent la place qu'occupe aujourd'hui le numérique dans la relation patient-médecin. Le recours au numérique n'est-il pas un leurre pour répondre provisoirement à un besoin de réponse immédiate face à l'inquiétude que suscite le manque, le vide, la solitude ?

Pour écouter l'émission cliquez sur le logo-lien :

Psy actualités : Emission radio


Adolescence et jeux vidéo

"Le jeu vidéo, ce sempiternel accusé à l'origine du mal-être adolescent "

Chronique radio par Thomas Gaon :

adolescence et monde numérique

Ce 16 janvier, Thomas Gaon psychologue clinicien, administrateur de l'Observatoire des Mondes numériques en Sciences humaines, tenait la chronique des Matins des psys sur France Culture. A travers une vignette clinique, il raconte sa pratique auprès d'adolescents :

"Il y a quelques temps, un jeune garçon de 12 ans est venu me voir avec sa mère. Il m'a serré la main, murmuré un petit bonjour avant de s'asseoir poliment, puis il a fait comme la plupart des enfants, il s'est tu et a écouté les adultes parler de lui."